Yves Marie L'Hour

101e Régiment d'Artillerie Lourde

 

Mission en Russie

Remerciements à Madeleine Mercel

Collection

Jean Yves L'Hour

L'Hour Yves Marie  

Né le 29 Avril 1893 à Plouguin 

Classe 1913 Matricule 341

Incorporé le 27 Novembre 1913

4e Régiment d'Artillerie à Pied

Soldat de 2ème classe

102e Régiment d'Artillerie Lourde

le 13 Octobre 1915

Détaché "Mission Spéciale" en Russie

du 27 Avril 1917 au 8 Novembre 1918

Démobilisé le 2 Septembre 1919

L'Armée Française est présente

chez son allié Russe  par son « Groupe de Russie » 

du 101e Régiment d'Artillerie Lourde 
(Groupe d'instruction de canon 120L) 

–Mourmansk le 14 mai 1917

–Petrograd le 21 mai 1917,

–Moscou le 23 mai 1917 et jusqu'au 5 février 1918

–Retour à Mourmansk où le Régiment subsistera

jusqu'au 27 septembre 1918

Carnet de route de l’artilleur Jean Diais en Russie

Source : Michel Bonnier

https://ruffineck44.blogspot.com

Départ de La Rochefoucauld le 27 avril 1917 par train avec 2 jours de vivres de chemin de fer.

Passage par Saint Pierre des Corps où on touche un renfort :

un groupe d’instruction  de 155 long du 102è Artillerie Lourde venu de Vannes.

On arrive à Boulogne le 29 au soir.

On embarque avec les « ballots d’effets » sur le «Golden Eagle» à destination de Folkestone[1]

Nous voilà arrivés en Angleterre.

On prend le train pour Liverpool puis Glasgow.

On y était le 1er mai.

Notre bateau «le Tsar» était à quai.

On embarque.

Départ le 2 à 19 heures.

A 22 heures on était devant Greenowelle et là, on « reste en rade » c’est le cas de le dire.

Le commandant de bord avait reçu l’ordre de mouiller en rade, des sous-marins allemands étant signalés comme ayant placé des mines dans la Clyde…

Une semaine en rade, à attendre

Que de découvertes !

Partis de France fin avril, nos artilleurs débarquaient à Mourmansk à la mi-mai.

Poursuite du voyage en train par Leningrad (Petrograd en 17) jusqu’à Moscou

 Le 9, nous voilà repartis, convoyés par deux torpilleurs anglais que remplacera un croiseur.

Le 10, on passait devant les Iles Féroé…

Le 13, on doublait le cap Nord à grande distance et l’après-midi on apercevait les glaces…

Le 14 après être redescendus vers le sud, on  arrivait en rade de Mourmansk [2]

qui s'appelait Port Romanoff avant la révolution russe.

L’intérêt de ce port est avant tout stratégique.

Il vise à garantir à la Russie l’accès à la mer de Barents par un golfe protégé des glaces et, ainsi, de permettre un approvisionnement constant de matériel militaire de la part des alliés en contournant le blocus de la mer Baltique et de la mer Noire.

Finalement, la ville est officiellement fondée le 4 octobre 1916.

 

Le 15 mai, on était à quai et on procédait au déchargement.

On charge les colis (les ballots d’effets) dans les fourgons du train qui doit nous emmener à Petrograd (Saint Petersbourg avant le révolution) puis Moscou.

L’opération se poursuit  

« jusqu’à 3 heures du matin. Il fait jour… Il n’y a d’ailleurs pas de nuit en Russie »

Collection

Jean Yves L'Hour

Golden Eagle

Le Tsar - Csar

Le 16 au matin, notre train démarrait (1 wagon de seconde pour les officiers, 1 de troisième pour les sous-officiers et 16 wagons aménagés

pour la troupe), 4 fourgons à bagages et un wagon cuisine qui sera d’ailleurs presque inutilisable pendant tout le trajet.

On n’alla pas bien loin.

Après avoir fait un kilomètre, un des fourgons déraille et se renverse complètement.

Il faut le décharger et recharger un autre wagon.

Ajoutons 3 autres wagons qui ont quitté les rails.

Toutes ces opérations retardent notre départ qui n’a lieu qu’à 19 heures.

La voie est pittoresque mais très mauvaise et ce n’est qu’à 19 heures que nous arrivons à LOPERSKAÏA qui n’est qu’à 42 verstes[3] de Mourmansk.

On s’arrête 7 heures pour permettre la réfection des ponts qui se sont effondrés par suite de dégels partiels.

Le lendemain matin, le 17 mai, on  était à IMMANDRA à 212 verstes de Mourmansk.

Nous sommes sortis de la zone où dans quelques jours il sera impossible de circuler à cause du dégel.

A 18 heures, on était à KANDALATCHA (sur un des golfes de la Mer blanche).

 C’est là qu’on accroche à notre train le wagon d’un chef de district qui va à Petrograd  et qui à chaque croisement fera le nécessaire pour faire passer notre train avant tous les autres.

Nous devions gagner  au moins 2 jours sur le trajet normal !

On avance… On avance…

Le 19 mai, on passe le matin à KIENNE (420 verstes) et le soir à 22 heures, nous voilà à MACELSNAÏA et « c’est là que nous voyons

pour la première fois la nuit, depuis 7 jours »

Et l’on continue par PETROGARODOFF (près de 1000 verstes) et le lendemain après être passé à SVANSKA (1260 verstes)

on arrivait à PETROGRAD (Saint Pétersbourg avant la révolution russe) à 13 heures (1366 verstes) d’où nous repartons à 22 heures….

Le surlendemain on arrivait à Moscou à 2 heures du matin après une tempête de neige.

Nous devrions y rester jusqu’à nouvel ordre…

On débarque, on défile jusqu’à notre cantonnement qui se trouve à 5 km de la gare Saint Nicolas[4] où nous avons débarqué.

 

Comment ça s’est passé à Moscou ?

 

Pendant près de deux mois on a passé notre temps en revues :

Par le général Protopopoff et le colonel Jurakowski commandant la deuxième brigade d’artillerie de Moscou le jour suivant notre arrivée

(le 28 mai).

Par le ministre président Kerensky à Petrosky parc (le 9 juin).

Par le général Véleké, revue du détachement (le 26 juin).

De nouveau le général Protopoff, le 14 juillet, le jour de notre fête nationale…

 

« Ce n’était tout de même pas pour ça qu’on était venus de si loin !

Il était temps qu’on fasse ce qu’on avait à faire, montrer aux russes comment fonctionnaient une batterie de 120 et de 155 Long : Au programme déplacements, mises en batterie, visées, chargements et exercices de tir …

C’est pour ça qu’ils nous avaient fait venir… Pour les instruire ! »

 

Le 31 juillet commença l’instruction aux troupes russes… ça a duré près de 4 mois …

Cinq divisions russes (officiers et  hommes de troupe) ont participé à cette instruction.

On n’a jamais fait la guerre.

On n’a eu qu’un mort : le canonnier Archez* mort début novembre accidentellement.

Deux, trois morts* ensuite, suite de maladies à Mourmansk avant de réembarquer ! 

On n’est pas tous restés ensemble.

Un détachement (une vingtaine d’hommes, un capitaine, 2 lieutenants) était parti fin août pour Oboyenne dans le gouvernement de Koursk pour complément d’instruction d’une division d’artillerie lourde de 120 long.

Ils sont revenus une dizaine de jours plus tard.

Ils avaient vu du pays !

C’est le cas de le dire !

Il fallait bien un jour quitter la Russie. 

Le 6 novembre un ordre est arrivé : Une partie du détachement regagnait la France.

J'en étais...

Ceux qui sont alors rentrés, ces gars-là  n’ont pas connu la guerre civile à Moscou qui s’est déclarée le lendemain de notre départ,

le 7 novembre 1917 (le 25 octobre pour les Russes).

Du 7 au 14 novembre, ce fut la guerre civile à Moscou. 

De tout ça, je n'ai pas vu grand-chose.

Quant au reste du détachement, ils sont restés au cantonnement.

Ils n’étaient  pas concernés !

Le J M O du détachement continue jusqu'à' à fin septembre 18.

Russes contres Russes...Bolchevics (les rouges) contre Russes blancs…

Tout cela échappait à nos soldats.

Ils n'eurent pas à choisir !

 

[1] Aucune batterie n’est du voyage (ni canons ni attelages de chevaux). Les « ballots d’effets » consistent en de nombreux colis relatifs à l’intendance (Énumération précise est dressée de 1264 colis pour un poids total de 71 tonnes.

A défaut des matériels d’artillerie, « on ne se déplaçait pas sans biscuits »

[2] La ville, la dernière fondée par l’Empire russe, prend le nom de Romanov-sur-Mourman.

Un an et demi plus tard, le 3 avril 1917, après la Révolution de février, la ville change de nom pour celui de Mourmansk. 

[3] La verste est une ancienne unité de mesure russe, correspondant à un peu plus d’un km

[4] Une gare qui elle aussi changera de nom !

[5] Par batterie on comptait 3 officiers, 25 sous-officiers et tout un personnel de la troupe spécialisé : 6 maîtres pointeurs, 5 ouvriers, 63 servants, et 15 interprètes de toutes catégories (5 adjudants, 5 maréchal des logis, 4 canonniers)

* - Morts pour la France en Russie

LALOUETTE Paul Stéphanne
Canonnier Conducteur
Origine : 02 Ugny-le-Gay (Né le 12/10/1887)

Tombé malade - Mort le 24/9/1918 à Mourmansk (Russie)

LABILLE Alexis Louis
Canonnier Servant
Origine : 21 Diancey /et/ 75 Paris 6° arrondissement (Né le 3/5/1887)
N° A-511807  
Tombé malade - Mort le 11/10/1918 à Mourmansk (Russie)

LHERME Émile Frédéric
Maréchal-des-Logis
Origine : 17 La Rochelle /et/ 77 Meaux (Né le 24/2/1890)
N° A-512196  

Tombé malade - Mort le 23/9/1918 à Mourmansk (Russie)

MASSY Alexandre
Maître-Pointeur
Origine : 18 Sancoins (Né le 23/12/1892)
N° A-512474  

Tombé malade - Mort le 25/10/1918 à Mourmansk (Russie)

Gabriel Albert ARCHEZ BIRAN

Né(e) le/en 29-09-1897 (24 - Dordogne, France)

Saint Alvère

Accident en service – Russie  – Mort pour la France

Lettre de Yves L'Hour à Servais Tréguer

(son futur beau frère)

17 Mai 1920

Carte postale de Russie achetée par Yves L'Hour

lors de son affectation pendant la guerre

en Russie avec son Régiment d'Artillerie

Servais Tréguer

et sa soeur Marie Josèphe

Collection Marie Louise Campion

Mariage

Jean Yves L'Hour et Marie Josèphe Tréguer

Collection Jean Yves L'Hour

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

Dernière mise à jour - Juillet 2020