Lettres de Poilus de Tréouergat au Recteur de Tréglonou rédacteur du Kannadik

Contributrices Monique Ménec et Madeleine Mercel

Collection Jeanne Fourn

Lannuzel Hervé Marie

Né le 6 Novembre 1877 à Tréouergat - Vourc'h

Classe 1897 Matricule 1144

Le 26 Juillet 1916

Mon très cher oncle,

J’ai reçu votre bon Kannadik miz gouere.

Je l’ai lu, comme toujours, avec beaucoup d’attention, je le trouve très intéressant.

Je vous en remercie beaucoup.

J’ai vu que vous demandez au poilus « dans combien de temps la guerre sera terminée ? »

Mon opinion est qu’elle finira cette année, fin décembre.

Je crois que les deux parties belligérantes redoutent une autre campagne d’hiver, et qu’elles feront leur possible pour en finir avant cette saison.

D’ailleurs, l’activité qu’on déploie depuis  un mois sur tous les fronts prouve bien cette intention.

Et l’argent durerait-il ?

Pensez donc qu’au 1er Janvier (si la guerre dure jusqu’à cette époque), rien qu’en intérêts de la dette publique et les emprunts de guerre, la France aurait à payer une somme de 5 milliards.

Autant que nous avions payé comme indemnité de guerre à Guillaume en 70-71.

Cette fois pourtant, c’est l’Allemagne qui paiera les pots cassés …

Je suis versé à la 12e compagnie, ainsi que Boulic de Tréglonou.

Votre neveu qui vous aime et vous embrasse de tout cœur.

H.L

Le 22 Juin 1917

Mon très cher oncle,

J’ai reçu votre bon Kannadik miz even.

Je l’ai lu plusieurs fois d’un bout à l’autre.

Je l’ai trouvé très intéressant, j’ai toujours hâte de l’avoir.

Comme je vous l’ai dit, je suis maintenant au 23e d’Infanterie d’active.

Je ne me fais pas de la bile, car j’ai toujours une bonne confiance en la Saint Vierge.

Votre neveu qui vous aime et vous embrasse de tout cœur.

H.L

Secteur 194, 25 Juillet 1917

Mon très cher oncle,

Dans votre dernier Kannadik, jai surtout remarqué :

« E peleac’h ema Mouchen Kafard » » qui est très instructif.

H.L

Secteur 194 le 23 Août 1917

Mon très cher oncle,

Je vous remercie beaucoup de votre précieux envoi, l’image et le Kannadig.

J’ai toujours bien hâte de le lire.

J’ai remarqué l’article « Dional ma vanguez ».

H.L

 

Octobre 1917

...

Le Poilu est devenu très indifférent au point de vue religieux, surtout l'ancien;

car les jeunes qui font partie des groupes francs, sont meilleurs.

Ils sont souvent en danger et pensent davantage à la mort.

Nous sommes ici un millier.

Hé bien, il ya 10 à 15 aux prières du soir et, quand on est libre le dimanche,

il y a peut-être 40 à la messe.

Voilà où nous en sommes.

Au plaisir de vous lire et surtout de vous revoir.

H.L

Le 24 Juin 1918

Cher Parrain,

Je suis bien, grâce à Dieu.

Mon secteur est calme à présent, mais on s’attend à un grand coup boche.

Mais on est paré.

Nous avons fait beaucoup de tranchées et posé beaucoup de fil de fer.

On les attend de pied ferme et sans se faire de bile …

J’ai vu François Lazennec qui allait aux tranchées hier soir, il est bien.

Votre neveu qui vous aime de tout son cœur.

F.L

Lannuzel François Marie

Né le 10 Août 1883 à Tréouergat - Vourc'h

Classe 1903 Matricule 3207

51e Régiment d'Infanterie

le 27 Avril 1916

Tué à l'ennemi le 8 Août 1918

Braches - La Neuville Sire Bernard (Somme)

Collection Jeanne Fourn

 

En Serbie, le 25 Juin 1917

Bien cher Oncle,

Je reçois nos Kannadik et ils me font un immense plaisir, ainsi qu’à mon camarade Oulhen, de Plourin, qui connait bien Tréglonou.

Je suis en face de Pril, mais cette ville se trouve à 16 kilomètres dans les lignes Bulgares.

Votre neveu qui vous aime

J.M Armée d’Orient

Lannuzel Jean Marie Michel

Né le 7 Juillet 1888 à Plourin

Classe 1908 Matricule 689

1er Régiment d'Infanterie Coloniale en Campagne

à Salonique

le 10 Janvier 1916

Rentré le 17 Octobre 1916

17e Division Coloniale - Armée d'Orient

22e Régiment d'Infanterie Coloniale

le 23 Février 1917

Collection Jeanne Fourn

 

En Serbie, le 17 Août 1917

Bien cher oncle,

Il y a déjà un moment que j’ai reçu votre Kannadig miz even qui m’a fait un grand plaisir comme tous les autres.

Je les relis de temps en temps pour me distraire, et surtout quand j’ai un peu le cafard.

Votre neveu qui vous aime.

J.M Armée d’Orient

Lettres de Poilus au Recteur de Tréglonou Jacques Calvarin

Even 1917 - Juin 1917

Monsieur le Recteur,

J’ai reçu votre Kannadik, il y a deux jours, avec le plus grand plaisir, car vous savez, Monsieur le Recteur, dans les tranchées on n’a pas le moral bien haut.

Aussi je lis le Kannadik non seulement une fois, mais plus de dix fois pour passer mon temps et m’encourager …

Mae 1918 - Mai 1918

… Nous allons tous les soirs au Mois de Marie, vu que les boches ne sont pas trop méchants dans ce parage …

 

Collection Monique Ménec

Bulletin d'Informations Municipal - Kannadig Tréglonou

1 Novembre 2014

Le KANNADIK TREGLONOU pendant la période 1916-1918

ou « UN JOURNAL DE COMBAT »

 

Le KANNADIK TREGLONOU est l’œuvre d’une forte personnalité,

l’Abbé Jacques CALVARIN, appelé familièrement JakikTréglonou,

exigeant Recteur de cette paroisse pendant 27 ans d’octobre 1914 à juillet 1941.

Ce bulletin paroissial mensuel dont il a assuré la presque totalité de la rédaction,

essentiellement en breton populaire

et compréhensible par tous, a paru à partir de janvier 1916 jusqu’en juin 1941.

 

La réputation à la fois du CURE et de son KANNADIK est encore une référence parmi les Anciens.

(Voir en annexe quelques éléments complémentaires sur l’homme, le prêtre et l’œuvre).

 

LA NAISSANCE DU KANNADIK

 

Le lancement du premier bulletin correspond à l’écriture d’un livre de vie qui établit des relations entre les « Poilus », les « Marins »

et les « combattants de l’arrière », en l’occurrence les habitants de Tréglonou et des environs qui luttent, travaillent pour remplacer

ceux qui sont partis et prient pour une victoire rapide de la France et de ses alliés.

« Hon ioul braz hag hor c’hoant dispar eo frealzi ha kennerzi difennourien ar vro.Notre plus grand désir est de consoler, de réconforter les défenseurs de la patrie. » (n°13 Genver 1917)

 

Le Kannadik donnait à respirer au Poilu l’air de son pays natal par l’intermédiaire du parfum de sa langue maternelle.

« C’houez ar bezin a zantant ganet. Je sens ton odeur de goémon » écrit un poilu (n°4 Ebrel 1916)

 

C’est un bulletin à double courant : aux soldats, il apporte un souffle du pays, aux paroissiens, une ouverture aux grands problèmes

de l’heure et des nouvelles des combattants.

 

Au début le Kannadik reproduit l’essentiel des lettres qu’il reçoit des soldats et en cite des passages, il devient alors un lien qui unit

non seulement les paroissiens de Tréglonou mais aussi tous les lecteurs et cette universalité explique aussi le succès de ce bulletin.

 

La guerre et ses corollaires y tenant la place principale, on peut considérer le Kannadik comme un journal de combat.

 

En effet en moins d’un an, il est connu pour sa combativité et ce n’est pas un hasard s’il reçoit un surnom guerrier.

 

L’Abbé Calvarin est tout heureux d’écrire aux soldats : « N’ho peuz ket klevet eo hanvet ar C’hannadik « Poilu Treglonou » gant martoloded Landeda ? An hano a blij deomp. Avez-vous su que des marins de Landéda ont surnommé le Kannadik « Poilu Tréglonou » ?

Le nom nous plait. » (n°12 Kerzu 1916)

UN SOUTIEN POUR LES SOLDATS

 

La correspondance des soldats tient une grande place dans le Kannadik, place qui s’agrandit à mesure que les mois passent.

L’angoisse et le cafard sont présents dans le courrier adressé à l’Abbé Calvarin, en breton ou en français

avec la prémonition de la mort quelquefois.

 

Les Poilus écrivent au Recteur : « Je le lis et le relis ainsi que mon camarade, surtout quand j’ai le cafard ». (n°35 Du 1918)

Un soldat en première ligne : « Les projectiles ne m’empêchent pas de penser, de rêver à notre chère Bretagne surtout lorsque de temps en temps la langue maternelle arrive jusqu’à nous, nous annonçant quelques nouvelles du pays tout en nous envoyant des paroles encourageantes. »(n° 18 Even 1917)

 

C’est un journal que l’on partage avec ses camarades, qu’on lit en commun.

Plusieurs Bretons demandent aux Tréglonousiens quand le bulletin va arriver.

 

Les compliments pleuvent sur le Kannadik et son rédacteur : « le Kannadik vient nous régaler tous les mois de ses bons et joyeux articles que nous goûtons tant…plein de finesse et toujours le mot gai…vous dorez si bien la pilule que tout passe comme une lettre à la poste. » (n°28 Avril 1918)

 

Le neveu du Recteur qui est en Serbie lui écrit : « J’ai reçu votre bon Kannadik miz even. Je l’ai lu plusieurs fois d’un bout à l’autre. Je l’ai trouvé très intéressant, j’ai toujours hâte de l’avoir. Comme je vous l’ai dit, je suis maintenant au 23ème d’infanterie (active). Je ne me fais pas de la bile, car j’ai toujours confiance en la Sainte Vierge ». (Lettre du 22 juin 1917)

 

Et encore : «Je les relis de temps en temps pour me distraire, et surtout quand j’ai un peu le cafard ».(Lettre du 17 août 1917).

Un lecteur se demande où le rédacteur va chercher tant de nouvelles.

 

Le bulletin paroissial est en effet la « bourse des nouvelles » qui apporte à chacun ce qu’il espère. « Unan a vez kenerzet gant komzou dijipot ar bestketerez, eun all a gav e blijadur o klevet petra drement dre ar barrez hag an iliz. »

 

L’un est réconforté par les propos simples concernant la pêche, un autre trouve son plaisir à entendre les nouvelles de la paroisse

et de l’église. » (n°13 Genver 1917)

 

Les nouvelles, ce sont des histoires, de bons mots, des dictons mais ce sont surtout les événements de la vie quotidienne,

les travaux, le temps.

 

Certains considèrent l’Abbé Calvarin comme un « aumônier pour eux », d’autres comme un combattant qui mériterait d’avoir

« droit aux honneurs et à la gloire de la guerre ».

 

Tous souhaitent qu’il persévère dans son entreprise puisque « Dieu lui a donné le goût de la communication » : « Kendalc’hit da gemeret perz e silvidigez ar Frans en eur startat ar feiz en hor c’halon hag o kas ar c’hafard pell diouzomp.

Continuez à prendre part au salut de la France en nous fortifiant dans la foi et en éloignant de nous le cafard » (n°28 Avril 1918) »

ET APRES ?

 

Ce bulletin très apprécié par ses lecteurs se maintient après la guerre, plus combatif que jamais.

Avec les années, il ne cesse de se développer en même temps que croît la popularité de son rédacteur.

L’Abbé Calvarin met ses forces, sa créativité, sa plume parfois acerbe, son cœur, sa foi au service du Kannadik Tréglonou.

Le Kannadik n’est pas seulement une partie de sa vie, « il est sa vie, il est lui ».

 

Le présent texte sur le Kannadik Tréglonou est basé et reproduit largement des passages du Mémoire de Maîtrise

à l’Université de Bretagne Occidentale,

Faculté Lettres et Sciences Sociales, de Madame Anne-Marie ARZUR-TREGUIER et du document polycopié, sur le même sujet,

de son neveu et prêtre Yves CALVARIN.

 

Georges Surlapierre

Jacques Calvarin

 

L’HOMME, LE PRETRE, L’ŒUVRE A TRAVERS LE KANNADIK-TREGLONOU

Jacques CALVARIN est né à TREOUERGAT le 1er octobre 1868, 12ème enfant d’une famille de 14.

Il entre au grand séminaire le 20 octobre 1890 et est ordonné prêtre le 25 Juillet 1894.

 

Nommé vicaire à GUILLIGOMARC’H (près de VANNES) en 1894, puis en 1899 à LAMPAUL-GUIMILIAU

et vicaire à PLOUGOULM en février 1907.

 

Dans cette paroisse il s’y distingue par l’animation du patronage, du cercle catholique et surtout rédige

et monte une pièce de théâtre qui a eu un franc succès : « EMGANN KERGIDU »

qu’il signe « JAKIG KERGIDU » avec comme sujet la foi et la bravoure des ancêtres.

 

Cette pièce a été composée en 1913 et jouée pour la première fois en 1914,

avant de l’être dans les communes voisines.

 

En octobre 1914 il est nommé Recteur de TREGLONOU par Monseigneur DUPARC,

il y restera 27 ans.

 

Il est décrit physiquement comme « Un homme petit et maigre ».

 

Sa santé a toujours été précaire et en juillet 1941 il est obligé de se retirer à la maison de retraite qui, des prêtres de KERAUDREN-LAMBEZELLEC, a été évacuée sur RUMENGOL où il décèdera le 29 décembre de la même année.

 

Dans ses toutes dernières volontés il a souhaité être enterré à Tréglonou où il repose près du Calvaire, les inscriptions

de son monument sont toutes en breton.

 

Le dernier KANNADIK paru a été celui de Juin 1941.

 

Comme nous le constatons l’homme n’a pas survécu longtemps à ses derniers écrits.

L’Abbé Calvarin par la voix de son Kannadik fait découvrir le prêtre de l’époque, la fonction ecclésiale qui confère au clerc une prééminence devant laquelle tous doivent s’incliner et montre ainsi « la primauté de la fonction sur la personne ».

 

Les habitants de Tréglonou ne connaissent que deux personnalités qui président aux destinées de la paroisse sinon de la commune :

« An Aotrou Doue hag an Aotrou Persoun, Dieu et Monsieur le Recteur », ils vont vivre sous la houlette d’un pasteur

à qui tous doivent obéir, il n’est que de lire son bulletin pour découvrir toutes ses exigences, le poids de son autorité

et la soumission de ses ouailles.

 

Un vrai Recteur « Mestr ar barrez, Maître de la paroisse ».

 

Après avoir donné maints exemples de son pouvoir absolu les gens ne manquaient jamais d’ajouter « C’était un bon prêtre»,

« Il aurait tout donné », « Il avait un cœur d’or » et les familles de pêcheurs se souviennent de sa générosité.

 

Le rédacteur :

 

« Homme trop multiple pour être contenu dans une seule identité », le Recteur de Tréglonou se cache quelquefois

derrière un pseudonyme correspondant à la teneur de l’article.

Il signe Persoun Tréglonou, Paotr Tréglonou ou Pont Tréglonou pour affirmer son appartenance à la paroisse.

 

Ar C’hannadik confirme son identification au journal, Eun Tad Mad, un bon père s’il s’agit d’un article sérieux

car il aime rappeler sa paternité spirituelle.

 

On découvre aussi des articles signés : -Paotr ar wirionez, l’homme ou le serviteur de la vérité -Jakig Kergidu qui rappelle son passage

à Plougoulm et il lui plaît sans doute de se remémorer le triomphe que fut la pièce Emgann Kergidu -Ar louarn koz, le vieux renard

ou Ar goaper, le moqueur qui manifestent des intentions facétieuses ou ironiques

 

D’autres signatures d’amis apparaissent : Paotr Treoure qui traduit des fables de La Fontaine en breton Plakou (Loeiz ar Floc’h)

qui donne des recettes simples pour soigner des maux fréquents à l’époque ou en racontant des histoires.

 

Il a été incontestablement le défenseur d’une langue sévèrement bafouée à l’époque ; avec pour la petite histoire une cabale savoureuse mais féroce entre l’Abbé Calvarin défenseur d’un breton populaire et l’Abbé Perrot (responsable à Quimper de la revue largement diffusée sur l’évêché Feiz ar Breiz) celui d’un breton puriste.

Le développement du bulletin Le premier Kannadik est tiré à 200 exemplaires en janvier 1916, il passe à 450 exemplaires en Mai 1918

et 2200 en Décembre 1939 au début de la seconde guerre mondiale.

Il comporte 8 ou 10 pages, paraît tous les mois régulièrement et est imprimé à Brest.

 

Son prix a toujours était très modique : il est passé de 1 guennek en 1916 à 6 en 1940.

 

Au fil du temps les dépôts, avec un correspondant attitré, se sont multipliés en dehors de Tréglonou : Lannilis, Landéda, Plouguerneau, Guissény, Plabennec, Bourg-Blanc, Plouvien, Kernilis, Milizac, Coat Méal, Guipronvel, Saint Renan, Brélès, Lanildut, Landunvez, Tréouergat, Ploumoguer, Lanrivoaré, Saint-Pabu, Plouguin.

 

Comment fait le recteur d’une paroisse de 658 habitants pour avoir autant de lecteurs ?

 

Le secret est peut-être dans son contenu qui correspondait à une attente forte de l’époque.

 

Le contenu Il serait plus facile de noter les sujets que l’Abbé Calvarin n’a pas abordés que de relever la liste de ceux dont il a parlé ;

c’est à la fois de l’histoire, de la géographie, de la culture bretonne, de l’économie et de la sociologie, vues par sa lorgnette

et transcrites par sa plume : les traditions, l’émigration vers les villes et Paris, l’hygiène, la santé, la tuberculose, l’alcoolisme,

les lois (dont la fameuse loi Loucheur), les droits, les assurances, la nécessité de s’unir…

 

La vie paroissiale est longuement décrite à travers les œuvres, les fêtes, les Missions, la vie sacramentaire, les articles nécrologiques ; toutes les familles lisent leur nom à l’occasion des examens de catéchisme, des premières communions, des mariages, des enterrements.

 

La chronique locale est présente et « les faits divers »abondent.

 

Le Kannadik s’intéresse à l’agriculture, annonce et donne le compte-rendu des concours des cantons environnants, s’intéresse

au machinisme, au progrès dans les campagnes.

 

Le problème de la pêche n’est pas oublié et le Recteur tient à défendre les petites gens contre les bourgeois des villes.

 

Il ouvre largement sa place à la détente à travers chants, cantiques, poèmes (plus de 150), histoires à rebondissements,

et les dernières années aux devinettes, le tout dans un but éducatif.

 

Le Kannadik a une fonction avant tout religieuse et politique (bien qu’il s’en défende, mais il donne des consignes de vote,

parle des hommes politiques bretons, des lois anticléricales, de l’école laïque…), la vérité absolue situant le bien d’un côté

et le mal de l’autre. « Evita r wirionez, stourm beteg maro, Pour la vérité, combattre jusqu’à la mort » écrit le Recteur (n°128 Meurs1926) qui mentionne par ailleurs que ce souci de vérité est une des raisons de son succès.

 

L’originalité du style y a aussi une grande part, il emploie le dialogue, l’interpellation, les images, quelquefois intraduisibles, les dictons,

il sait jouer avec les mots pour brosser un tableau en évoquant par exemple les aléas de la moisson au cours d’un été pluvieux :

«Avechou ar vederez a vouze, ar c’har a drogue, ar merch’hed keiz a lenve, Quelquefois la moissonneuse boudait, la charrette se renversait,

les femmes pleuraient.» (n°9 Guengolo 1916)

« De ces feuilles il semble que s’exhale dans le silence le parfum de vies depuis longtemps éteintes.

 

C’est vrai que demeure la présence de l’homme qui a créé ce bulletin paroissial, a persévéré contre vents et marées

pour la diffusion de la vérité (ar wirionez), sa vérité et celle de nombre de ses confrères, les Recteurs bas-léonards surtout. »

Madame Anne-Marie ARZUR-TREGUIER

Extrait de l’avis de décès :

Monsieur l’Abbé Jacques CALVARIN

Ancien Recteur de TREGLONOU

Rappelé à Dieu le, le 29 Décembre 1941

O vous qui l’avez aimé, mêlez souvent son nom à vos prières

 

Les mois :

Genver : Janvier

C’houevrer ou C’huevrer : Février

Meurs ou Meurz : Mars

Ebrel : Avril

Mae : Mai

Even : Juin

Gouere : Juillet

Eost : Août

Guengolo ou Gwengolo : Septembre

Here : Octobre

Du : Novembre

Kerzu : Décembre

Collection Madeleine Mercel

 
 

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

Dernière mise à jour - Juillet 2020