Soldats et Marins de Plouguin Morts pour la France

Noms de A - Abily à B - Briant

Abily François Marie

Né le 6 Août 1891 à Plouguerneau.

Classe 1911 Matricule 1751

Incorporé le 10 Octobre 1913​

48ème Régiment d'Infanterie

Disparu le 29 Août 1914

à Saint-Richaumont (Aisne)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Source :

Extrait du témoignage

du lieutenant colonel Alphonse Grasset.

Texte tiré de « La grande guerre vécue,

racontée, illustrée par les Combattants,

en 2 tomes Aristide Quillet, 1922

Le 29 Août 1914 La bataille de Guise Belgique

Dés le soir du 27 août 1914, la 5e Armée va donc se trouver de nouveau en flèche, menacée sur ses deux flancs.

Lanrezac envisageait déjà l'éventualité d'une retraite sur Laon pour le 28, quand le colonel Alexandre, du Grand Quartier Général,

vient lui porter l'ordre de prendre l'offensive sur Saint-Quentin.

L'opération est scabreuse.

L'armée est face au nord et c'est face à l'ouest qu'elle doit attaquer.

Or selon toute apparence, l'ennemi tient déjà solidement Saint-Quentin, qu'il faudra emporter de haute lutte; et avant que Lanrezac

n'ait eu le temps de préparer son changement de direction pour orienter ses forces vers le nouvel objectif qui lui est indiqué.

Ce jour là ,le 28 août, le général Haig, commandant le 1e Corps britannique, informait le général Lanrezac que le gros de l'Armée anglaise étant décidément hors d'état de combattre, lui même était dans l'impossibilité de participer à l'attaque de Saint Quentin ainsi qu'il l'avait espéré un moment

Les divisions de réserve Valabrégue remplaceront donc de leur mieux l'Armée de French: elles viennent à Renansart.

Heureusement, si l'appui anglais fait défaut à gauche, à droite la 4e Armée résiste héroïquement aux furieux assauts de l'ennemi,

dans la région de Signy l'Abbaye.

Elle résiste, mais elle a devant elle des forces si considérables qu'il est sage de prévoir encore un prochain recul de ce côté.

Joffre est venu à Marles, au Quartier Général de Lanrezac.

Il est plein d'optimisme.

Il attend de grands résultats de l'offensive sur Saint Quentin.

Il ne change rien à ses ordres : « Pousser l'attaque à fond, sans s'inquiéter de l'Armée anglaise... »

Or, la nuit n'était pas encore tombée et nos colonnes s'acheminaient vers leurs emplacements de combat, quand, tout à coup,

le canon tonne sur l'Oise.

Le 10e Corps chargé de garder la rivière, n'est pas à pied d’œuvre, et déjà une avant garde allemande a bousculé les avant postes qui couvraient Guise; elle est entrée dans la ville.

La division Exelmans, du 18e Corps (6e, 123e ,57e, 144e régiments d'infanterie et 24e régiment d’artillerie de campagne),

se trouvait à proximité, allant vers l'Ouest.

Elle s'arrête, rejette l'ennemi sur la rive nord, puis continue sa route.

Mais le lendemain 29 Août, dés l'aube, Bülow prend une offensive vigoureuse.

Deux Corps d'élite la Garde et le X` Corps, abordent l'Oise entre Guise et Etréaupont.

Notre 10e Corps résiste désespérément, mais recule.

A droite, la 51e division de réserve, qui a fait face au nord, recule, elle aussi, et perd Voulpaix.

La situation est grave.

L'attaque sur Saint Quentin ne peut désormais se déclencher, sous peine d'être prise en écharpe.

Joffre est déjà revenu au Quartier Général de Lanrezac, transporté à Laon. Séance tenante, sous les yeux du Général en chef,

le commandant de la 5e Armée modifie les ordres donnés la veille.

Le général de Mas Latrie, dont le 18e Corps est toujours renforcé par une division d'Afrique, demeurera seul chargé de l'offensive

sur Saint Quentin; le groupe Valabrégue étaiera sa gauche.

Le général Hache, qui vient de prendre le commandement du 3e Corps, franchira l'Oise, et, au lieu de marcher sur Saint Quentin, obliquera à droite pour attaquer Guise par l'Ouest.

Le 10e Corps, reprenant l'offensive, attaquera la ville par le sud; le 1er Corps appuiera le 10e .

Quant à l'offensive sur Saint Quentin, elle sera reprise, toutes forces réunies, dés que la barrière de l'Oise aura été rétablie

Mais loin de pouvoir progresser, devant l'écrasante supériorité numérique de l'ennemi, le 10e Corps ne peut même pas maintenir ses positions; il recule, et, vers 10 heures du matin, l'ennemi paraît maître des ponts.

Le général Franchet d'Esperey, dont le 1er Corps accourt de la région de Sains, devançant ses divisions, est arrivé au galop de son cheval,

à la côte 172, d'où il découvre toute la vallée, depuis Guise jusqu' à Romery, ainsi que les plateaux surplombant la rive nord.

Justement l'épais brouillard qui, jusque là, avait traîné paresseusement sur la rivière, se levait...

Très en confiance, les bataillons allemands franchissent les ponts et les gués, couverts par des lignes de tirailleurs

qui gravissent déjà les pentes sud.

Les renforts s'étagent en espalier sur les plateaux d'en face, descendant vers les ponts.

Le 10e régiment d’artillerie de la 20e division, se retirait. Franchet d'Espérey l'arrête.

D'un geste, il lui montre les magnifiques objectifs qui s’offrent maintenant a ses coups; et, tout de suite, nos canons prennent

à partie à la fois les troupes d'assaut, les ponts et les renforts.

Ce fut magique.

Le 10e Corps allemand qui menait ici l'attaque, s'arrête un instant, puis n'avance plus qu'avec prudence ; son élan est brisé;

il perd un temps précieux.

D'autre part, notre 19e division, qui a déjà reculé de six kilomètres, s'accroche à Leiné où elle tient la Garde en respect, tandis que

la division Boutegourd et la division de cavalerie Abonneau neutralisent toute manœuvre enveloppante.

Il est 15h30, Franchet d'Esperey a maintenant tout son 1er Corps dans la main.

Ce sont les magnifiques régiments de la division Gallet (43e, 127e, 1e, 84e, avec le 13e régiment d'artillerie) et ceux de la division Deligny (33e, 73e, 8e ,110e avec le 27e régiment d'artillerie).

Il les jette en avant, après une effroyable préparation d'artillerie.

De Jongueuse à Vervins, l'horizon s'est enflammé, sur un front de 20 kilomètres.

Décontenancé, l'ennemi recule.

Le 1er Corps enlève Jonqueuse, Bertaignemont, Clanlieu, Puisieux et refoule le Xe Corps allemand sur Guise.

Defforges, à la tête de notre 10e Corps (48e, 71e, 41e ,70e, avec le 7e régiment d'artillerie de la division Bonnier

(25e , 136e, 2e, 47e ,appuyés par le 10e régiment d'artillerie de la division Ménissier), reprend à la Garde Sains Richaumont, Colonfay

et le Sourd, tandis que les réservistes des 208e, 233e, 243e 273e, 310e et 327e, conduits par le brave Boutegourd,

lui arrachent Voulpaix, et que les cavaliers d'Abonneau (2e et 4e hussards, 28e et 30e dragons, 3e et 6e cuirassiers),

se jettent hardiment dans son flanc et sur ses arrières.

Ne laissant qu'un rideau sur la rive sud de l'Oise, les deux Corps allemands, sérieusement éprouvés,

se hâtent de repasser la rivière sous nos shrapnells, et battent en retraite vers le nord.

Pendant ces rudes combats, comme on devait s'y attendre, l'offensive sur Saint Quentin a revêtu la forme d'une démonstration.

Le 18e Corps était cependant parvenu jusqu'aux faubourgs de la ville, mais les divisions de réserve ayant été violemment attaquées

à sa gauche, et refoulées d'Urvillers, où elles étaient arrivées, jusqu'à l'Oise, il dut se replier, lui aussi, malgré son succès,

pour ne pas être pris en flanc.

La bataille de Guise demeurait cependant pour l'Armée française une belle victoire locale, susceptible tout au moins de gêner gravement les plans du Haut Commandement allemand.

En attendant mieux, dés le 30 août, Bülow, fort mal en point, rappelait au nord de l'Oise les avant postes qu'il avait laissés,

le 29 Août au soir, sur la rive sud de la rivière.

Bellec Guillaume Marie

Né le 25 Mars 1898 à Plouguin - Kerherhal

Classe 1918 Matricule 2043

Incorporé le 1 Mai 1917

72e Régiment d'Infanterie

Soldat de 2ème classe

128e Régiment d'Infanterie

le 14 Octobre 1917

129ème Régiment d'Infanterie

le 25 Juin 1918

Tué à l'ennemi

le 21 Juillet 1918

à la ferme de Cormeilles secteur de Ploisy (Aisne)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Source :

JMO 129ème Régimnent d'Infanterie

Secteur de Soissons: (juil.-août) :

ferme Marival, Coeuvres, Missy-aux-Bois, ravin de Missy, Ploisy, plateau de Belleu, Vénizel, poste des Bidons .

Une compagnie de petits chars d'assaut Renault est affecté au 129e RI, fin août,

la plupart seront détruits durant l'attaque de l'éperon 132

 ​

Les chars Renault de la Grande Guerre

 

Source :

P. Malmassari,  Les Chars de la Grande Guerre 

Plus de 4000 exemplaires furent produits.

Au tout début, en 1917, ces chars de combat étaient équipés d'une tourelle moulée, qui fut remplacée par une tourelle octogonale

et rivetée appelée « tourelle Berliet ».

Enfin une nouvelle tourelle arrondie et moulée (tourelle Girod) suivit en 1918.

Les chars Français remportent leur premier grand succès à Villers-Coterêts le 18 Juillet 1918.

50% sont détruits à chaque engagement.

500 nouveaux chars sont livrés chaque mois à l'armée Française.

1500 chars Français et 1500 Chars Britanniques sont engagés en ligne fin Août 1918 sur le secteur d'Amiens.

Bescond Prosper Marie Joseph

Né le 2 Mars 1883 à Plouguin

Kerhuguellou

Classe 1903 Matricule 3253

Rappelé à l'activité le 3 Août 1914

3e Régiment d'Artillerie à Pied

6e Régiment d'Artillerie à Pied

le 14 Décembre 1915

62e Régiment d'Artillerie de Campagne

le 16 Juillet 1916

63e Régiment d'Artillerie DCA

le 1 Octobre 1917

Admis à la Réforme avec gratification de 750 Frcs

le 30 Novembre 1918

Décédé le 24 Juin 1918

Dans le train entre Landerneau et Brest.

De suites de maladie contractée en service,

Tuberculose.

Mort pour la France

Monument aux morts de Tréglonou

Bilcot Yves Marie

Né le 23 Septembre 1884 à Plouguin

Couloudouarn

Classe 1903 Matricule 2282

Ajourné en 1905 et 1906

Exempté en 1907

 

Reconnu Bon pour Service Armé

le 15 Décembre 1914

Incorporé au 3e Régiment d'Infanterie Coloniale

le 19 Février 1915

53e Régiment d'Infanterie Coloniale

le 20 Juillet 1915

Évacué intoxiqué le 30 Septembre 1917

Hôpital Canadien de Troyes

jusqu'au 13 Novembre 1917

53e Régiment d'Infanterie Colonial e

le 15 Décembre 1917

​Mort le 22 Août 1918

Sézanne (Marne), à l'ambulance 16, secteur 3

des suites d'intoxication par gaz

Mort pour la France

Monument aux morts de Milizac

Bizien Jacques

Né le 16 Octobre 1885 à Coat-Méal

Quinquis - Kerventuric

Classe 1905 Matricule 1190

Soldat 1ère classe le 13 Juin 1908

Rappelé à l'activité le 3 Août 1914

219e Régiment d'Infanterie

Tué à l'ennemi le 27 Juin 1915

au Bois de Saint Mard (Oise)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Monument aux morts de Ploudalmézeau

Inhumé à Tracy le Mont (Oise)

Nécropole nationale

Tombe 84 - Carré E

Médaille Militaire à titre posthume

Croix de guerre à titre posthume

Jacques Bizien avait 11 frères et soeurs.

Les 4 aînés sont nés à Plouguin.

Les 6 suivants à Coat-Méal.

Les 2 derniers à Ploudalmézeau.

Sa fille est née le 17 Août 1914 à Plouguin,

son père étant sur le front.

Elle sera adoptée par la Nation en 1920

Sur les 6 fils Bizien mobilisés,

3 seulement sont revenus de la guerre en 1918

dont un grièvement blessé.

Bodénès François Marie

Né le 26 Novembre 1897 à Plouguin 

Kervellec

Classe 1917 Matricule 2283

Incorporé le 7 Janvier 1916

29e Bataillon de Chasseurs à Pied

Chasseur de 2ème classe

Tué à l'ennemi le 3 Août 1918

à Augny (Aisne)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Inhumé Nécropole nationale de Braine

Citation du 15 Août 1918

Très bon chasseur d'une bravoure exceptionnelle.

A été tué en pratiquant, en terrain découvert,

des soins à ses camarades blessés.

S'était déjà fait remarqué par sa crâne attitude

au combat du 1 Août 1918

Historique du 29e Bataillon de Chasseurs à Pied pendant la Guerre 1914-1918.

 

Contre-offensive du Tardenois - Le Grand-Rozoy La Vesle

(du 1er au 11 août 1918)

 

Après un court séjour dans le secteur des Eparges, le bataillon, sous la menace de l'offensive allemande de juillet, est transporté en Argonne où du 7 au 20 juillet 1918, il attend, l'arme au pied, le choc de l'adversaire.

 

Mais l'attaque ennemie s'est arrêtée à la lisière ouest de l'Argonne.

Dès lors, le bataillon n'a plus rien à faire dans ce secteur, sa place est là où l'on se bat.

 

Le 26 Juillet 1918, embarquement à Passavent, en Argonne, pour débarquer le 27 à Verberie et prendre part le 1er août à l'attaque du plateau du Grand-Rozoy et culbuter l'ennemi et le poursuivre jusqu'à la Vesle où l'on arrive le 3 août.

 

Les combats continuèrent avec acharnement jusqu'au 11 août.

Bossard Jean Marie

Né le 12 Novembre 1891 à Plouguin

Kerenes

Classe 1911 Matricule 1387

Incorporé le 9 Octobre 1912

130e Régiment d'Infanterie

Soldat de 2ème classe

68e Régiment d'Indanterie

le 29 Juin 1915

114e Régiment d'Infanterie

le 10 Octobre 1915

Tué à l'ennemi le 19 Avril 1917

à Sapigneul Cormicy (Marne)

à Augny (Aisne)

​Mort pour la France

114ème au feu. Historique de la guerre 1914-1918

Paul Pierre (1887-1971)

Edition 1923

 

Autour de Brimont

Le 16 avril 1917, au bruit d'une canonnade furieuse, le 114 quittait Ville-en-Tardenois

pour se porter sur Jonchery-sur-Vesle.

Des collines qui dominent la ville, on aperçoit Reims et le massif environnant.

La grande offensive française est déclenchée depuis le matin.

Les nouvelles les plus contradictoires commencent à affluer.

Vers 18 heures, l'ordre de gagner Cormicy par Pevy et Prouilly est adressé au Chef de corps.

Le mouvement s'effectue aussitôt sur une route défoncée au travers d'un fouillis inextricable de véhicules coupé à tous moments

par des colonnes de troupes ou des files de voitures.

Le 18 Avril à 6 heures, le Bataillon Durand gagne Cormicy; le reste du Régiment l'y rejoint quelques heures après: le village est plein de Russes qui grouillent en désordre dans les rues, emplissent toutes les habitations et toutes les caves.

Par bonheur aucun obus ne tombe dans cette fourmilière, personne ne se soucie beaucoup de rester au milieu de cette cohue; d'ailleurs, des instructions arrivent précises: nos trois Bataillons vont relever sans plus de retard les 150e et 161e qui ont subi de lourdes pertes le16 avril.

Et c'est ainsi qu'en moins de 36 heures, le 114ème Régiment réserve de la Division de réserve,

passe en première ligne sur le front d'attaque.

Peu de relèves ont été aussi difficiles que celle de Sapigneul.

Les Chefs de Bataillon, suivis de leurs Commandants de Cie arrivaient au P. C. du Colonel du 161 et demandaient des guides

pour diriger leurs unités.

"Je vous donnerai tout ce que je pourrai leur répondit-il, mais quant à relever quelqu'un n'y comptez guère;

il ne me reste rien ou presque rien."

Et de fait, le Commandant Conscience avec quelques uns de ses Officiers parcouraient en pleine nuit la première ligne de la tranchée d'Aguilcourt sans trouver un seul homme.

Egarés dans l'obscurité, ils finissaient par se heurter à une patrouille ennemie qui se dispersait à leur approche.

Tant bien que mal cependant, par des boyaux nivelés, encombrés de Russes couchés à terre dans leur toile de tente et qu'on écrasait

les prenant pour des cadavres, après avoir traversé le canal sur une passerelle de fortune violemment bombardée,

les trois Bataillons se plaçaient sur le front Bastion du Maroc, Bastion du Pont, accolés dans l'ordre normal de la droite à la gauche.

On installait les mitrailleuses un peu au hasard ne pouvant déterminer aucun flanquement dans l'ombre toujours de plus en plus épaisse.

Une petite pluie tombait fine et pénétrante au bord de Canal; les 88 éclataient rapides jetant des paillettes lumineuses sur l'eau.

Le 18 Avril au petit jour, la situation s'éclaire pour tous ceux qui vont être les acteurs du drame qui se prépare.

Malgré le brouillard qui couvre de sa grisaille les organisations ennemies, on distingue très nettement une sorte de Courtine encadrée de deux bastions.

Le sol a l’air d'être cousu de réseaux de fils de fer.

Les tranchées se distinguent mal sur un pareil terrain.

Une attaque n'est possible qu'autant que le système de défense de l'adversaire aura été complètement bouleversé.

L'ordre d'opération de la veille comporte cependant pour le 114e l'enlèvement aujourd'hui même de la ligne allemande sur la pente E.

du mont Sapigneul.

Mais avec le mauvais temps qui persiste, il est inutile de tenter un réglage d'artillerie quelconque: l'attaque est donc remise au lendemain.

L'ennemi qui connait admirablement nos positions (un coup de main récent lui a permis de surprendre tous les plans du secteur) et qui de plus, a devant lui la démarcation naturelle du canal sur lequel il place ses obus comme à la main, commence un bombardement systématique d'une violence inouïe.

En très peu de temps, nos pertes s'accusent sensibles.

L'entassement des hommes dans les quelques tranchées ou les quelques boyaux existants les augmente encore.

Les éléments Russes qui sont à notre droite .passent et repassent sans cesse, on se demande pourquoi d'une rive du canal à l'autre.

Ce mouvement n'échappe pas aux observateurs du Mont Sapigneul.

La canonnade redouble d'intensité.

La liaison devient extrêmement difficile.

Au soir du 18 Avril, le Régiment compte déjà, avant de donner l'assaut, 32 morts et 115 blessés.

On pouvait croire que cet assaut ne serait lancé qu'après un écrasement en règle de la position ennemie.

Ceux qui ont fait Verdun et qui dernièrement dans la Somme avaient vu sur plusieurs points le beau travail de destruction de nos canons, savaient que pour une Infanterie valeureuse après certains "marmitages tassés" il n'y a rien ou presque rien d'imprenable.

Mais le 19 avril, la préparation n'a commencé qu'à 9 H. 30 et quelle préparation! Discrète, hésitante, perlée!

On n'a nullement l'impression que ce tir désordonné puisse amener en quoi que ce soit l'adversaire qui du reste dès midi tient à marquer par des rafales de mitrailleuses qu'il est toujours là et nous y attend.

Notre attaque devra déboucher à 15 heures, elle sera appuyée par celle du 5e Régiment russe qui se portera sur le Mont Spin

et le bois de la Chenille.

Deux bataillons du 161, ou pour être plus exact leurs débris, seront chargés d'aider le mouvement du 114e.

A 14 heures, les Chefs de Bataillon, d'après les rapports de leurs Commandants de Compagnies signalent que devant leur front l'organisation allemande est intacte, que la préparation d'artillerie est largement insuffisante et que le succès paraît de ce fait assez sérieusement compromis.

L'heure H est néanmoins maintenue: on se portera en avant à 15 heures.

Mais trois minutes avant H à notre droite, le 5e Régiment russe soit par erreur, soit par fausse interprétation des ordres,

sort brusquement de ses tranchées.

 

L'ennemi mis en alerte déclenche un feu terrible.

Ses mitrailleuses crépitent toutes à la fois; partout il s'en révèle de nouvelles sur les pentes du Mont Spin et de la Chenille.

On voit les hommes qui les servent en bras de chemise faisant leur besogne de mort avec une tranquillité

et une désinvolture qui exaspèrent.

Nos propres parapets sont à présent balayés par les balles.

Les obus s'écrasent sur les parallèles et les boyaux qui regorgent de monde.

15 heures. Sans hésiter, puisque c'est l'ordre, en fonce en avant.

Par petits paquets en courant, on cherche à atteindre l'ennemi; les capotes bleues se prennent dans nos propres fils de fer;

la marche est lente, très lente; bientôt elle devient carrément impossible.

A part deux sections des 7e et 10e Cies qui ont pu, au prix de quel effort, sauter dans la tranchée de Sapigneul et y capturer 20 prisonniers, les autres vagues sont à cette heure clouées entre les deux lignes françaises et allemandes prises de flanc par les mitrailleuses qui ne se ralentissent pas un instant.

C'est alors, à 15 H. 30, que l'ordre est donné aux Régiments de pousser le plus possible en avant.

Mais les Chefs de Bataillon représentent l'impossibilité absolue de la chose.

Des groupes commencent déjà à contre-attaquer à la grenade nos éléments les plus avancés et les obligent à reculer

pour éviter d'être faits prisonniers !

La nuit est venue: nuit tragique qui couvre tant de deuils et tant de déceptions

A la faveur de ces ténèbres, les combattants progressent entre les deux lignes dans les trous d'obus rejoignent la parallèle de départ.

Les Maxims (mitrailleuses) sans arrêt ratissent le terrain où nos morts sont maintenant mêlés à ceux du 16 avril.

L'artillerie inonde de son déluge d'acier nos 3 tranchées qui s'éboulent.

La nuit funèbre se poursuit dans la veille et dans la prostration.

Un si grand et si inutile sacrifice vient d'être demandé à ces hommes; un sacrifice dont jamais on ne saura faire ressortir tout le prix.

Après la journée du 20 avril assez mouvementée et qui nous valut de nouvelles pertes, le Régiment fut relevé par deux Bataillons de chasseurs à pied.

Il quittait l'horreur dans l'âme ce coin de Sapigneul où il avait versé si généreusement son sang.

Deux Officiers manquaient à l'appel. 115 morts et 345 blessés étaient portés sur la liste sombre.

Bougaran Jean Marie

Né le 22 Mars 1895 à Tréglonou

Kerlumbars

Classe 1915 Matricule 492

Incorporé le 16 Décembre 1914

1er Régiment de Zouaves de Marche

Soldat de 2ème classe

Blessé à Ypres le 29 Mai 1915

Fracture Joue droite

Blessé à Verdun le 21 Mai 1916

Fracture du bras gauche

9e Régiment de Zouaves

1er Bataillon 4e Compagnie

le 27 Janvier 1917

1er Régiment de Zouaves

le 16 Février 1918

Tué à l'ennemi le 21 Juillet 1918

Saconin et Breuil (Aisne)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Citation à l'Ordre du Régiment n°180

du 5 Septembre 1917

Bon Soldat ayant toujours accompli son devoir.

A été blessé deux fois au cours de la campagne.

Historique du 9e régiment de marche de zouaves dans la Grande Guerre 1914-1918

 

Saconin-Breuil.

A la suite de l'offensive allemande sur Château-Thierry, le 9ème Zouaves, sous les ordres du chef de bataillon De Marsay,

prit part à la contre-offensive du 18 juillet 1918,

début de la grande bataille de libération, suite ininterrompue de victoires qui devait forcer les Allemands à demander un armistice.

 

Le 18 Juillet, le Régiment se trouve à l'Est de Courtanson et doit attaquer en direction Saconin, Breuil, Soissons

et s'emparer des tranchées du G. M. P.

 

II a un front d'attaque de 250 mètres.

Le bataillon Imbault est en première ligne, le bataillon De Savy en soutien et le 1er bataillon de réserve de D. I.

 

L'attaque doit commencer à 4 h. 35 ; mais, dès 4 h. 25, l'ennemi commence à s'agiter,

il lance des fusées, puis déclenche un barrage sur notre première ligne.

 

Le 2e bataillon part aussitôt pour échapper au barrage ennemi et pour coller à notre barrage roulant.

Avec leur coutumière ardeur, les zouaves s'élancent sans hésiter.

Malgré les conditions peu favorables, terrain très difficile à parcourir, moissons cachant les mitrailleuses, défenses accessoires entravant la marche, les nids de résistance tombent les uns après les autres.

Les prisonniers affluent vers l'arrière.

Le 2e bataillon, qui a légèrement appuyé au Nord, atteint la tète du ravin de Pernant, s'empare des deux batteries de 77

et de nombreuses mitrailleuses.

 

Il aborde ensuite la pente Ouest du ravin de Saconin, s'empare de huit nouvelles pièces et capture dans les crêtes 300 prisonniers

et une batterie d'une vingtaine de mitrailleuses dont les servants n'ont pas eu le temps de sortir des abris.

 

Continuant sa progression, il descend sur Saconin, nettoie le village, remonte les pentes du ravin et, débouchant sur le plateau,

s'empare des carrières au Nord de Breuil.

Mais là sa progression est arrêtée à la même hauteur par les Allemands qui font un effort désespéré pour interdire

ce plateau commandant Soissons et la vallée de l'Aisne.

 

Après cette avance de plus de six kilomètres, le 2e bataillon n'avait plus que 220 hommes en ligne ;

le 3e bataillon, bien qu'en soutien, avait aussi souffert des barrages ennemis.

 

Pourtant, le 19 Juillet, l'attaque reprend à 4 heures avec le même entrain que la veille.

Le 2e bataillon réussit à atteindre la route de Paris, qu'il dépasse même avec ses éléments de droite.

Mais le bataillon formait saillant dans notre ligne générale et, à la suite d'une contre-attaque allemande sur le régiment de droite,

il dut rétrograder jusqu'à la Chaussée Bun Chatt.

 

Le 2e bataillon est à bout de souffle, son commandant est blessé, trois officiers seulement sont indemnes ; dans l'impossibilité de garder le terrain qu'ils viennent de conquérir, les éléments se resserrent en formant un centre de résistance en liaison avec les unités voisines.

 

Le commandant De Savy forme un groupement de trois compagnies, deux avec les éléments du 3e bataillon, une compagnie avec le reste du 2e bataillon ; c'est ce groupement qui reprend l'offensive avec quatre chars d'assaut soutenus par deux compagnies de 1er bataillon.

 

Le commandant du Régiment n'a plus à sa disposition que la 2e compagnie, très réduite elle-même.

 

Malgré leur épuisement, les zouaves s'élancent courageusement à nouveau sur les tranchées du G. M. P.

d'où les mitrailleuses les déciment.

 

Les compagnies de gauche sont arrêtées des le début, tandis qu'à droite, grâce à l'aide des tanks, l'ouvrage 6330 est occupé ;

mais les conducteurs des tanks sont mis hors de combat et les tanks deviennent inutilisables.

 

Finalement, la route de Paris fut atteinte.

 

A ce moment, tous les liens tactiques sont rompus, la liaison est perdue à droite.

 

Dans la soirée, le commandant De Savy parvient à reconstituer trois compagnies (A. B. C.) et la liaison est rétablie

avec les T. M. par un groupe de chasseurs à pied.

 

Dans la nuit, une nouvelle attaque est préparée pour le 21 juillet.

Des renforts sont en arrière ; aussi tous les éléments restants du 9ème  Zouaves peuvent prendre part à l'opération.

 

Deux compagnies d'assaut sont formées, aucune réserve n'est gardée.

 

Les Stokes commencent à H-2 la préparation sur l'ouvrage 7024 qui constitue l'objectif.

 

8 heures, admirables d'héroïsme, les zouaves sortent des tranchées, mais sont accueillis par le feu venant des tranchées du G. M. P.

Ils ne peuvent dépasser la route de Paris, balayée par les balles.

Le Régiment doit stopper et se cramponner au terrain.

 

Enfin, le 22 juillet, après cinq jours d'attaques ininterrompues, le Régiment est relevé.

 

7 officiers tués, 26 blessés, 180 zouaves tués et 606 blessés témoignent de la fougue et de l'ardeur infatigables

dont le Régiment avait fait preuve.

 

Il obtenait du reste sa quatrième citation à l'Ordre de l'Armée :

DÉCISION DU G. Q. G. DU 23 SEPTEMBRE 1918

​« Régiment d'élite. A, sous les ordres du chef de bataillon De Marsay, pris, à la bataille du 18 au 21 juillet, la part la plus glorieuse, réalisant une progression de huit kilomètres, capturant plusieurs batteries, de nombreuses mitrailleuses,

plusieurs centaines de prisonniers et infligeant à l'ennemi de fortes pertes. »

 

Cette citation donnait au 9ème Zouaves le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille Militaire

Boulic Goulven

Né le 26 Février 1876 à Plouvien

Kerlaouénan

Classe 1896 Matricule 2857

Rappelé à l'activité le 2 Août 1914

87e Régiment d'Infanterie Territoriale

Soldat

108e Régiment d'Infanterie Territoriale

le 5 Novembre 1915

141e Régiment d'Infanterie Territoriale

le 9 Août 1915

9e Section des Infirmiers Militaires

le 30 Janvier 1917

Blessé au GBD

(Groupe des Brancardiers Divisionnaires)

à Chaudardes Chemin des Dames (Aisne)

Évacué le 24 Avril 1917

Proposé pour la réforme n°1

avec gratification renouvelable de 4e catégorie

Fragilité de la jambe et raccourcissement

Décédé le 28 Mars 1919 à Plouguin

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Organisation des Ambulances de Guerre – P. Bonnette Médecin major de 1ère classe

Article paru en 1912 dans la nouvelle pratique chirurgicale

La Presse Médicale du 12 Août 1914

 

Un Corps d'armée comprend :

  • 8 ambulances,

  • 3 groupes de brancardiers divisionnaires et de brancardiers de corps,

  • 6 sections d'hospitalisation.

 

1° Ambulances.

  • Chaque ambulance comprend comme personnel:

  • 1 médecin-major, chef de service,

  • 5 aides-majors,

  • 1 pharmacien,

  • 2 officiers d'administration et 38 infirmiers dont 2 sous-officiers et 4 caporaux,

  • Un détachement du train des Équipages militaires comprenant 1 sous-officier et 13 hommes de troupes. (soit 60 hommes).

 

L'ambulance comprend:

  • 1 voiture pour le personnel,

  • 4 fourgons du service de santé,

  • 1 fourgon de vivre.

  • Il n'y a pas de voitures de chirurgie.

  • Dans les fourgons du service de santé, sont renfermés des paniers classés du N°2 au N°14, des caisses et des ballots.

    •  Paniers:

      • N° 3 et 12, médicaments –

      • N° 3 à 5, pansements petits et individuels, moyens, grands.-

      • N° 7 et 8 Appareils de lavages. –

      • N° 9 accessoires de pansements –

      • N° 10 et 10 bis, arsenal chirurgical. –

      • N° 11 appareils plâtrés. –

      • N° 13 objets de propretés. - N° chemises, brassards etc.

    •  Caisses:

      • N°1 Appareils à fractures. –

      • N°2 matériel d'éclairage.-

      • N° 3 ustensiles de cuisine. –

      • N°4 et 5 denrées.

    • Ballots :

      • N° 1 gouttières en fil de fer. –

      • N° 2 couvertures de laine. –

      • N° 3 sacs à denrées,.-

      • N° 4 draps de lits. 

    • En outre, les fourgons portent comme matériel en vrac,

      • 4 supports-brancards pour tables d'opération,

      • 2 tentes Tortoise,

      • 20 brancards, etc.

 

2° Groupes de brancardiers.

En arrière des Divisions et à une certaine distance des ambulances marchent les groupes de brancardiers divisionnaires formés de deux sections et comprenant:

 

Comme personnel:

  • 1 médecin major,

  • 1 officier d'administration,

  • 1 officier du train des équipages,

  • Des ministres des cultes,

  • 4 médecins auxiliaires.

  • 138 infirmiers dont 6 sous officiers;

  • Un détachement du train des équipages militaires, comprenant 4 sous officiers montés, 4 brigadiers, 148 conducteurs.

 

Comme matériel, chaque groupe de Brancardiers dispose de :

  • 2 voitures médicales,

  • 6 voitures à 2 roues pour blessés,

  • 5 grandes voitures à 4 roues pour blessés,

  • 2 fourgons de service de santé,

  • 2 fourgons à vivre,

  • 2 chariots de parc.

 

Dans les voitures, on trouve ce matériel :

  • Un panier N ° 6 Passe partout,

  • 54 brancards,

  • 30 brouettes porte brancards,

  • 16 paires de cacolets, etc

  • Du matériel pour la désinfection, etc.

 

3° section d'hospitalisation

Ces sections représentent les anciens hôpitaux de campagne, dont il ne reste que quelques approvisionnements;

Elles comprennent :

  • 1 officier d'administration,

  • 4 infirmiers et 4 conducteurs de trains.

 

Comme matériels, elle comprennent un certain nombre de fourgons portant des paniers, des caisses et des ballots.

  • Paniers.

    • N°3 pansements petits ou individuels,

    • N° 4 pansements moyens,

    • N° 5 pansements grands,

    • N° 9 accessoires de pansements.

  •  Caisses. –

    • N° 1 appareils à fractures.

    • N° 6,7,8,9,10 ustensiles ; objets de services général; denrées-

    • N° 11 plâtre à mouler. Ballots –

    • N° 1 gouttières en fil de fer, N°2 couverture de laine –

    • N° 4 draps de lits –

    • N° 5 et 6 paillasses.

    • N° 7 chemises. –

    • N° 8 effets divers.

 

Rôle de l'ambulance.

Sur ordre du commandement transmis par le médecin divisionnaire, le médecin-chef d'ambulance s'installe soit dans des locaux de la localité indiquée par l'ordre, soit dans un pli de terrain situé dans la région; dans ce dernier cas, il est fait usage des tentes Tortoise.

 

L'ambulance a pour mission :

1° de compléter l'action du service régimentaire;

2° de préparer l'évacuation des blessés.

En cas de besoin, elle s'immobilise par l'adjonction d'une section d'hospitalisation qui lui est envoyée par le médecin principal divisionnaire et elle fonctionne alors comme un hôpital de campagne.

 

Quand les blessés lui arrivent où qu'elle arrive là où ils sont déjà groupés, l'ambulance doit leur assurer:

Le couchage, l'alimentation, le pansement.

L’ordre est la condition indispensable de son bon fonctionnement.

Ainsi le premier souci doit être de grouper dès leur arrivée tous les blessés dans des locaux où il y aura de la paille ou à défaut, des bancs.

Locaux distincts, d'accès facile aux brancardiers pour les blessés transportés couchés, locaux autant que possible différents pour les blessés qui peuvent marcher.

Toute opération, sauf trachéotomie et ligature vasculaire est interdite.

L'évacuation des blessés n'est faite que sur un ordre reçu de l'état major par l'intermédiaire du médecin divisionnaire.

 

Rôle des groupes de brancardiers.

Ce rôle est d'assurer l'évacuation des blessés sur les Ambulances ou autres formations sanitaires venues à courte distance du champ de bataille.

Le groupe divisionnaire entre en action sur l'ordre du médecin divisionnaire.

Installation des sections d'hospitalisation.

Dès que l'action est terminée ou même auparavant, si l'affluence des blessés graves en démontre la nécessité, une section d'hospitalisation est rattachée à une Ambulance, par ordre du médecin divisionnaire.

 

Cette ambulance continue à fonctionner jusqu'à ce qu'elle ait évacué les blessés transportables soit vers l'arrière soit sur une autre ambulance voisine.

 

Tel est le fonctionnement combiné de l'ambulance divisionnaire, du groupe des brancardiers et de la Section d'hospitalisation pendant et après le combats.

Bozoc François Marie

Né le 17 Avril 1889 à Plouguin

Scao

Classe 1909 Matricule 2547

Mobilisé le 4 Août 1914

Décédé le 14 Octobre 1914

à l'Hôpital d'Arras (Pas de Calais)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Bozoc Goulven Marie

Né le 21 Mars 1892 à Plouguin

Kerherhal

Classe 1912 Matricule 1988

Incorporé le 8 Octobre 1913

54e Régiment d'Infanterie

Tué à l'ennemi le 26 Décembre 1914

La Tranchée de Calonne

à Saint Rémy la Calonne - Mouilly (Meuse)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Lieu de sépulture

Fleury devant Douaumont

Nécropole nationale "Douaumont" n° 6981

Médaille Militaire

J.O du 5 Juin 1928

Citation

Brave Soldat mort glorieusement pour la France

le 26 Décembre 1914 à la Tranchée de Calonne

Au déclenchement de la guerre,

le 54ème régiment d’infanterie qui tient caserne

à Compiègne.

L’unité fait partie de la 12ème division d’infanterie

et de la 23ème brigade.

Elle participe à la prise de Mulhouse

(perdue deux jours plus tard)

puis retraite face à la poussée allemande.

Journal de Marches et Opérations du 54ème RI

26 Décembre 1914

A 3 heures du matin, réveil, puis lecture

de la proclamation du Général Joffre.

L'attaque doit être menée

sur la Tranchée de Calonne.

6h45 arrivé au carrefour de Calonne

7h00 commencement de la préparation d'artillerie

7h30 l'attaque est déclenchée.

Elle sera arrêtée à 13h00, le feu des mitrailleuses ennemies et les fils de fer non détruits ayant empêché la progression.

A partir de 18 heures violent bombardement sur le régiment, il durera toute la nuit.

Bozoc Joseph Marie

Né le 5 Novembre 1889 à Plouguin

Kerherhal

Classe 1909 Matricule 2617

Rappelé à l'activité le 3 Août 1914

48e Régiment d'Infanterie

Soldat de 2ème classe

Décédé le 17 Juin 1915

des suites de ses blessures

à l'Ambulance du Saint Sacrement d'Arras

(Pas de Calais)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Archives du Pas de Calais

Chroniques de la Grande Guerre

Les ambulances d'Arras occupée

Les hôpitaux temporaires d'Arras

Fin août 1914, d’inquiétantes rumeurs circulent dans Arras : la ligne de combat se rapprocherait et l’ennemi serait bientôt

aux portes de la ville.

L’arrivée massive de blessés tend à confirmer ces bruits : rien que pour la journée du 28 Août, 500 blessés doivent être confiés

au personnel médical.

Et ils sont plus de 1 000 entre le 29 août et le 2 septembre.

Fort heureusement, les représentants des diverses associations de secours ont anticipé la logistique nécessaire à l’encadrement

de cet afflux.

Début août, le bureau de la société de secours aux blessés militaires (Croix-Rouge) établit un état des lieux : en plus de l’hôpital mixte Saint-Jean, 40 lits sont disponibles à l’institut Parisis et une vingtaine d’autres au couvent du Bon-Secours.

C’est nettement insuffisant.

Veuve depuis la fin avril de l’ancien député et conseiller général Henri Tailliandier, maire de Fresnoy-en-Gohelle, Joséphine Tailliandier, bientôt nommée présidente de l’association, lance alors une souscription dans la presse qui récolte plus de 18 000 francs.

L’Union des Femmes de France suit son exemple, avec une centaine de lits à l’école normale de garçons : le préfet en organise la coordination, afin de renforcer l’efficacité de leur action.

L’Evêque d’Arras, Mgr Émile Lobbedey, met à disposition l’ancien couvent du Saint-Sacrement, rue d’Amiens, alors en travaux d’appropriation comme séminaire ; il devient l’ambulance principale de la ville, avec une capacité initiale de 180 lits.

 

D’autres hôpitaux temporaires sont créés : 50 lits au couvent Jeanne d’Arc, augmentation de la capacité d’accueil de Parisis et Bon-Secours, sans oublier les filiales des Mines et de Saint-Léger.

Au total, Arras compte plus de 700 lits pour accueillir temporairement les blessés, sous la direction du médecin principal Henri Famechon.

Fin août, les ambulances sont prêtes.

Ambulances et hôpitaux

Il importe de souligner le rôle essentiel du bénévolat (souvent des sociétés féminines) et des congrégations religieuses dans la mise en place des secours aux blessés.

L’organisation de la chaîne de soins s’est nettement améliorée durant la guerre :

des brancardiers évacuent les blessés vers les postes de secours situés sur la ligne du front ;

ils sont ensuite pris en charge par des ambulances pour recevoir les premiers soins, avant d’être envoyés dans les hôpitaux d’évacuation, puis par des trains sanitaires jusqu’aux hôpitaux d’arrière.

Les soldats ne font, en conséquence, que passer à Arras.

Les blessés les plus sérieux sont confiés à l’hôpital mixte Saint-Jean et les autres sont répartis dans les diverses ambulances.

Dès qu’ils sont estimés "transportables", ils gagnent d’autres hôpitaux ; c’est ainsi que près des deux-tiers sont évacués à Lens, Liévin, Béthune, Douai, Tourcoing, Lille, etc. 

À cet effet, on recense les automobiles disponibles : les particuliers répondent présents, acceptant de soutenir l’effort de guerre.

L’occupation allemande

Précédé par une avant-garde dès le 31 août, 1914 un régiment de la Landwehr entre dans Arras, le 6 septembre 1914.

Un fait marque les esprits : celui de l’enlèvement de tous les blessés transportables.

Par précaution, le médecin-chef Famechon avait déjà organisé un convoi d’évacuation des hommes valides le 30 août.

Ne restaient sur place que ceux dont l’état nécessitait du repos et des soins permanents.

Qu’importe.

Tous les malades sont inspectés et les hommes capables de marcher sont envoyés à Cambrai sous les yeux effarés des Arrageois.

Un mois plus tard, le 30 octobre, après le bombardement d’Arras (et la destruction partielle du Saint-Sacrement), les ambulances d’Arras ferment leurs portes, et seul l’hôpital Saint-Jean accueille les blessés en attente d’une évacuation complète vers l’arrière.

Briant Jean Marie

Né le 18 Septembre 1889 à Plouguin

Scao

Classe 1909 Matricule 2597

Rappelé à l'activité le 3 Août 1914

71e Régiment d'Infanterie

Soldat de 2ème classe

25e Régiment d'Infanterie

le 4 Septembre 1917

Décédé le 19 Avril 1918

devant Verdun aux Bois des Caurières

Intoxiqué par gaz

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Monument aux morts de Coat-Méal

Inhumé au cimetière des Citernes Marceau

puis

Inhumation

Département : 55 - Meuse
Commune : Fleury-devant-Douaumont
Lieu : Nécropole nationale Douaumont
Carré, rang, tombe : Tombe 1644

Citation à l'Ordre du Régiment n°275

du 1 Janvier 1917

Au front depuis le début de la campagne,

s'est toujours distingué par son courage

et son dévouement.

Le 8 Août 1916, n'a pas hésité à franchir

un tir de barrage pour aller relever les blessés

en première ligne.

Citation porte attribution

Croix de Guerre avec étoile de bronze

La guerre des gaz 1915-1918 vue à travers les archives de l’ECPAD

(Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense)

Lieutenant David SBRAVA Documentaliste ECPAD Janvier 2011

Les gaz de combat, typologies d’une arme de terreur

1 - Les vecteurs de propagation des gaz

Chaque pays belligérant peut mettre en œuvre deux sortes d’attaque.

L’attaque par vague.

Ce procédé consiste à mettre en place dans de profonds abris creusés devant les positions de l’adversaire plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de bouteilles de gaz pressurisées.

Généralement reliées entre elles par des nourrices en plomb, ces bouteilles sont ouvertes avant le déclenchement de l’assaut terrestre, libérant une nappe de gaz, qui, portée par le vent, atteint les tranchées ennemies.

Mis en œuvre à Ypres en avril 1915, ce procédé est repris jusqu’en 1917.

Il est jugé ensuite trop aléatoire, car dépendant de conditions atmosphériques favorables, et sera abandonné au profit des obus chargés en gaz de combat.

L’attaque par obus.

Rapidement adopté par les troupes françaises puis par l’ensemble des belligérants, le bombardement par obus à gaz offre la possibilité de concentrer sur une zone précise du front une quantité importante d’agents chimiques.

L’obus permet d’interdire une zone à une armée en contaminant l’atmosphère ambiante, pouvant retarder la progression de l’adversaire ou neutraliser des positions d’artillerie ou d’infanterie.

Les obus de moyens et de gros calibres sont utilisés par chaque camp pour contaminer une plus grande portion de terrain.

2 - Les types de gaz

On distingue deux types de gaz de combat, selon leur persistance ou non sur le champ de bataille.

Les fugaces.

Disposant d’un point bas d’ébullition (compris entre 8° et 25°), les gaz de combat fugaces se répandent et se diluent rapidement dans l’atmosphère.

Ils ont une action limitée dans le temps, celui d’une attaque.

Les assaillants peuvent aborder les défenses ennemies et neutraliser leurs occupants sans pour autant subir l’ampleur

des effets du gaz.

La plupart des agents fugaces sont des gaz suffocants ou toxiques.

Les persistants.

Ils disposent d’un point d’ébullition plus élevé (compris entre 150° et 300°), ne se gazéifient pas totalement, projetant des gouttelettes qui mettent des jours, voire des semaines à s’évaporer dans l’atmosphère.

Les combattants doivent évacuer la position et mettre en œuvre des moyens de décontamination.

La plupart des agents sont des lacrymogènes ou des vésicants.

Ce type de munition permet notamment d’interdire l’accès d’une zone à l’armée adverse, gênant cette dernière dans ses déplacements, car celle-ci doit s’assurer de l’élimination complète de ces agents en désinfectant le terrain.

3 - Les types d’agents chimiques ou toxiques

On peut distinguer plusieurs types d’agents chimiques ou toxiques, suivant les effets qu’ils provoquent sur l’organisme.

Les suffocants.

Ils agressent les voies respiratoires et provoquent des lésions pulmonaires qui entraînent la mort.

La majorité des décès liés au gaz de combat pendant la Grande Guerre sont imputables aux gaz suffocants.

Le chlore, le phosgène et la chloropicrine figurent parmi ces gaz fugaces, très volatiles, mais très agressifs pour l’organisme.

Les premiers obus français contenant du phosgène sont tirés lors de la bataille de Verdun en février 1916.

La chloropicrine figure également dans la liste des agents suffocants.

Très volatile et suffisamment toxique à faible dose, elle peut mettre un homme hors de combat en quelques secondes.

Les lacrymogènes.

Gaz fugaces, ils s’attaquent à l’œil et sont souvent utilisés pour neutraliser une ligne de défense en mettant les combattants dans l’incapacité de mettre leur masque à gaz.

Ils sont souvent associés à d’autres gaz de combat pour augmenter leur densité dans l’air, leur conférant ainsi une persistance dans l’atmosphère.

Dégageant un lourd nuage blanc, ils permettent de masquer la progression d’une vague d’assaut, d’isoler les défenseurs d’une position en perturbant leur orientation et de régler facilement les tirs de l’artillerie.

Les vésicants.

Ils entraînent des brûlures au contact de la peau, des yeux et des poumons.

Ce sont des corps liquides persistants qui provoquent différents niveaux de brûlure sur les tissus et agissent souvent plusieurs heures après l’attaque.

L’ypérite demeure le gaz le plus marquant de la guerre car, son inhalation ne provoquant pas de réaction de réflexe respiratoire, il pénètre en profondeur les tissus pulmonaires, entraînant de graves lésions.

Testé la première fois le 12 juillet 1917 à Ypres contre les troupes britanniques, puis baptisé gaz moutarde (mustard gaz) en raison de sa forte odeur, ce gaz attaque également la peau provoquant des brûlures.

Plus tard, les chimistes allemands s’emploient à supprimer cette odeur pour tromper les défenseurs qui, ne détectant pas la présence des gaz, tardent à mettre leur masque.

À la fin de la guerre, l’ypérite est utilisée pour ralentir l’avance des Alliés, en obligeant ces derniers à progresser avec précaution, pour décontaminer les zones.

Le dichlorure de phenylarsine est également exploité comme gaz vésicants, d’autant plus que son action est plus puissante que l’ypérite, entraînant des lésions invalidantes permanentes pour les soldats.

Les incendiaires.

Comme leur nom l’indique, ce type de munition est doté de substances hautement inflammables, provoquant de très graves brûlures sur la peau.

Dès 1916, l’armée britannique utilise un type de grenade à main contenant du phosphore.

Pendant la guerre, les obus contenant du phosphore sont employés par les belligérants.

Les sternutatoires.

Ces corps entraînent des vomissements et des irritations de la muqueuse nasale.

Ils apparaissent massivement durant l’année 1917 et sont destinés à empêcher les combattants de mettre leur masque à gaz, au même titre que les gaz lacrymogènes.

Ainsi, leur emploi est souvent associé à d’autres gaz, vésicants ou toxiques, qui entraînent de graves lésions chez les soldats exposés.

Les toxiques généraux.

Via les poumons ou la peau, ils contaminent le sang et entraînent la mort.

Parmi eux, l’acide cyanhydrique, très fugace, dégage une odeur d’amande amère.

Après avoir pénétré la peau, il atteint le sang et provoque une mort par paralysie du centre respiratoire.

Mélangé à d’autres substances dont le chlorure d’arsenic, il est mis en service dans l’armée française sous le nom de Vincennite.

Ce gaz retient l’attention du commandement français qui ne souhaite pas, dans un premier temps, l’utiliser, car jugé trop dangereux.

Les premiers obus chargés de ce toxique sont tirés le 1er juillet 1916, lors du déclenchement de la bataille de la Somme.

Le chlorure de cyanogène, qui compte parmi les agents les plus dangereux, possède des propriétés combinées de l’acide cyanhydrique et du phosgène et tue par œdèmes des poumons et intoxication générale.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

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Dernière mise à jour - Décembre 2020