Chroniques d'un monde paysan à jamais disparu
Louis Conq de Tréouergat raconte ...
 

Source : "Les échos du vallon sourd" de Louis Conq - Brud Nevez

Remerciements à Lucien Conq

La maladie de la maison
 

Il m’arriva d’aller faire un petit stage à l’infirmerie, « pour le bon motif ».

 

Un condisciple m’y rejoignit.

Il ne souffrait, lui, que d’une crise aiguë de la « maladie de la maison » ou du « cafard », si vous préférerez.

Il était des lointaines « Côtes du Nord » !

On devait se méfier de lui, car tous ses vêtements avaient été mis sous clé.

On ne lui laissa pratiquement que sa chemise.

Tandis que je dormais, il s’empara de mes effets :

culottes, souliers et le reste.

Profitant du calme qui régnait sur le Collège un jeudi après-midi,

il fila sans bruit par la fenêtre.

Il descendit sur le toit du préau en contre-bas et, de là,

se laissa glisser le long du poteau pour atterrir dans la cour.

 

Ici, il n’y avait pas un chien !

Personne ne le vit donc courir dans l’intention de prendre le train.

Non Personne ! Si ce n’est à la dernière minute.

Il tombe nez à nez avec la Sœur Marie, la « patronne » de la cuisine du Collège.

Évidemment, elle le reconnut, lui mit la main au collet et le ramena par la manche.

 

Il ne devait pas avoir beaucoup de fièvre, car sa « pénitence », ce jour-là,

ce fut d’avoir la tête plongée trois fois de rang dans un grand baquet d’eau froide de la cuisine.

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

Dernière mise à jour - Décembre 2021