Joseph Pierre Marie Le Bras

Yann Brézal- Jos ar Bras Dielem - Dirlem

Instituteur à Plouguin

Poète et écrivain

Mur des écrivains Morts pour la France au Panthéon

Remerciements à Jean Jacques Le Lez

Le Bras Joseph Pierre Marie 

dit Yann Brézal

dit Dirlem

Né le 8 Novembre 1889 à Saint Sauveur

Instituteur au Bourg

Classe 1909 Matricule 320

Caporal secrétaire de l'Officier d'Armement

au 48ème Régiment d'Infanterie

1911 - 1912

Rappelé à l'activité le 3 Août 1914

Mort à Vienne le Château (Marne)

Tué à l'ennemi le 8 Septembre 1915.

 

Mort pour la France.

Monument aux morts de Guimiliau

Décès transcrit à Plouguin

Plaque commémorative

des écrivains morts pour la France au Panthéon

Instituteur à Plouguin

Poète et écrivain

Sa publication se termine en 1914.

Poème de Joseph Le Bras

sur le Monument aux Morts de Maissin (Belgique)

Photo Lucien Mahin

Monument aux morts de Guimiliau

 
 

Contributeur : Jean Jacques Le Lez

Chronique d'Histoire et de Littérature de la Bretagne .

Annales de Bretagne.

Tome 31, numéro 2, 1916. pp. 296-299.

​​Nécrologie de Joseph Le Bras

Dirlem était le nom bardique de Joseph Le Bras, caporal au 48e de ligne,

tué le 8 septembre 1915, à la tête de son escouade,

au sortir des tranchées pour un assaut.

Il était né le 8 novembre 1889 à Saint-Sauveur de Landivisiau (Finistère), 

d'une famille de pauvres cultivateurs.

D'abord maître d'école congréganiste, il était entré, en 1913,

dans l'enseignement public,

et il était instituteur stagiaire à Plouguin (canton de Ploudalmézeau)

quand vint la guerre.

En m'envoyant le beau poème ci-joint, M. Vallée, l'érudit celtisant bien connu, m'écrit :

« Il obtint le premier prix au concours de la Fédération Régionaliste de Bretagne

en 1912, pour les pièces à rimes internes.

Il avait eu la bonne fortune d'être l'élève de Kloada ar Prat, à l'école de Landivisiau, 

celle du Frère Constantius, le « Savinien » de la Bretagne.

Il y développa son patriotisme et y puisa la connaissance et le goût de la langue

classique dont Klaoda et Constantius, fidèles disciples

de Le Gonidec, ont maintenu la tradition et la culture dans cette école privilégiée ».

Toute l'œuvre de Joseph Le Bras est en breton de Léon.

Outre des poèmes et un roman (aux mains d'un imprimeur de Morlaix)

il laisse de nombreux articles de journaux :

dans le Kroaz ar Vre- toned, signés Jos ar Bras-Dirlemm, ou simplement Dirlemm ;

dans Breiz-Dishual, signés Yann Brezal; dans Brug, signés Bruger.

L'amour de la terre bretonne et de l'âme qui en est la fleur ;

la très noble volonté de vivifier d'air pur, de lumière, de bon sens, d'art

et de science les sombres chaumières et les durs dialectes d'Armorique ;

d'affranchir la vie paysanne, de la routine, de faire de chaque paysan breton

une conscience libre ; telles sont les caractéristiques de l'œuvre à peine ébauchée...

« Sa personne rayonnait d'intelligence et de sympathie » écrit l'ami cité plus haut.

« Quand on causait avec lui, on sentait aussitôt le patriote ardent. Il me rappelait certains ouvriers gallois chez qui l'héroïsme des ancêtres semble revivre, non pour des actions d'éclat sur le champ de bataille, mais pour une lutte intense et un dévouement de tous les instants au salut, au progrès, à la vie de la chère patrie celtique.

Aussi la mort de Dirlem est-elle une perte irréparable ».

Il n'est pas mort tout entier. M. C. Le Mercier d'Erm recueille ses reliquia, et, de ce mort, des vivants naîtront :

... demp alies da welet ar beziou !

E. M

Trésor_du_breton_écrit.jpg

A lire - Bernez Rouz - La chronique du 4 Novembre 2018

 

Contribution photo: Stéphane PROTOIS 06/03/2010

Ar beziou

 

Leun a zeoliez, e-harz treid ar beziou

Daoulinit, o Breiziz ! I a zo diskuiziou

Da gorf lion C'hendadou 'vevas war hon douar.

O templou santela ! Dirazoc'h dilavar

An den 'deu da gompren mister kalz lezennou.

 

Da bep gouenn e weler ez eus eun hent merket

A die heuilh penn-da-benn evel m'eo roudennet.

Da bep den o c'henel an Natur a fellas

Rei hevelep lezen ha d'e dud a renas.

Gwalleur a vo d'an holl 'deus ar zonj-ze kollet !

 

Ar Breizad 'zo da glemin pa en deus dilemmet

Diouz kreiz e ene gwan karantez en' andret

E gerentiach koz. E galon 'zo kloz-mad

Da hirvoud e vamm-vro. E Vreiz 'ra eur Vroad ?

Ne c'houl ket ze outan ! 'Vil man n'eo entanct.

 

Evit kaout e frankiz ar mab fall ne giza

Dirak glac'har e vamm ; kentoc'h eun dizamma

Eo dizanav e Ouenn 'vit an diwriziennet !

An neb a nac'h ar bez n'eo mui karanteziet

Ouz eur menoz uhel. Diouzomp e pella !

Aotronez doktored, gant o aer diskedour,

Gant o skiant wella a ra falla labour

O klask gant eul louzou parea kant gouli.

... 'Vit anaout da dud, Breizad, ven eo studi

An istorier estren, e Breiz klask kelennour !

 

Ar prezeger gwella hep mar eo ar Maro ;

O komz gant ar bed-all kaout da hent te 'hallo,

Rak e vouez a zo don ! Selaou, den kalonek.

Laret a ra bezan Bretoned karantek.

Mignon, demp allés da welet ar bezio.

Yann Brezal.

 

Les tombeaux

 

Pénétrés de dévotion, au pied des tombes agenouillez-vous, o Bretons !

Elles sont des lieux de repos pour les corps de nos ancêtres qui vécurent sur notre terre.

O les plus saints des temples !

Sans parole devant vous, l'homme se prend à pénétrer le mystère de bien des lois.

 

A chaque race l'on voit qu'il y a une route marquée, qu'elle doit suivre en entier, ainsi qu'elle est tracée.

A chaque homme qui naît la Nature voulut donner même loi qu'à sa famille qu'elle a conduite.

II arrivera malheur à tous ceux qui ont perdu cette idée-là !

 

Le Breton est à plaindre puisqu'il a enlevé du milieu de son âme faible l'amour de son ancienne parenté.

Son cœur est bien fermé à la plainte de sa patrie.

Sa Bretagne est-elle une nation ? II ne se pose pas cette question !

Il ne se passionne pour rien.

 

Pour avoir sa liberté le mauvais fils ne recule pas devant la désolation de sa mère ;

c'est plutôt un soulagement de désavouer sa Race pour le déraciné !

Celui qui renie la tombe ne s'enthousiasme plus pour aucun idéal.

Il s'éloigne de nous.

 

Ces Messieurs les Docteurs à la mine de gens d'étude, avec tout leur esprit font un mauvais travail,

quand ils cherchent à l'aide d'un seul remède à guérir cent blessures...

Pour connaître ta famille, Breton, vaine est l'étude de l'historien étranger ; c'est en Bretagne qu'il faut chercher un maître !

 

La meilleure des paroles c'est celle de la Mort ; en t'entretenant avec l'autre Monde tu pourras trouver ta route, car sa voix est profonde !

Ecoute, homme généreux,

Elle nous dit d'être des Bretons fidèles !

Ami, venons souvent visiter les tombeaux.

 

Yann Brezal

 

Sous le nom de Yann Brézal, Joseph Le Bras a appartenu au Parti nationaliste breton (PNB) 

qui était un parti politique nationaliste breton.

Breiz Dishual est l'organe mensuel du Parti national breton et est créé en juillet 1912.

Son comité de rédaction est composé de : 

Yann Brézal, A. Douar-Gwé, Erwan Gouesnou, Hervé de Kerguilly, Ronan de Kermené, 

Noël Kernejo, Fanch L'Hermite, Job Loyant, Mathaliz, Gwenole Molène, 

Camille Le Mercier d'Erm, Pol Suliac, Yves Tillenon.

EDITO du Numéro 1 de Breiz Dishual

- Organe mensuel du Parti National Breton -

Juillet 1912

APPEL AUX BRETONS

Depuis longtemps on regrettait qu'il n'existât pas en Bretagne un organe vraiment national, ayant pour unique préoccupation l'étude approfondie

de la question bretonne et la préservation de l'esprit celtique.

Le Parti National Breton, constatant les progrès accomplis chaque jour par l'idée qu'il veut faire triompher,

a décidé de combler cette lacune en publiant "Breiz dishual".

"Breiz Dishual" ("La Bretagne Libre") vient à son heure pour donner un vrai sens au régionalisme breton, pour renforcer et compléter

ce qu'il a entrepris, pour donner enfin à nos compatriotes une conscience plus nette de leur nationalité, de leurs droits et de leurs devoirs.

"Breiz Dishual", qui est, -à l'avant-garde du Mouvement Breton, - est un journal d'idées et d'action, absolument indépendant,

défend et revendique tout ce qui constitue le patrimoine national de notre pays.

Le journal accepte le concours de toutes les bonnes volontés.

Quiconque partage les idées des fondateurs peut et doit y collaborer.

Tous les bons Bretons doivent travailler à en faire le journal d'idées le plus vivant et le mieux rédigé qui soit en Bretagne.

Ils doivent également s'employer sans cesse à propager "Breiz Dishual" et à recruter des abonnements pour subvenir aux frais généraux,

car ils savent qu'il s'agit ici d'une entreprise parfaitement désintéressée.

"Breiz Dishual" doit vivre.

Il faut donc que chacun contribue, dans la mesure de ses moyens, à le faire vivre et se développer.

 

Abonnez-vous à "Breiz Dishual" !

Faites s'abonner les personnes de votre entourage.

Il n'est pas un Breton, si pauvre soit-il, qui ne puisse prendre un abonnement d'un franc.

Au nom de la patrie bretonne, au nom de sa nationalité en péril et de sa langue menacée, au nom de ses intérêts moraux et économiques méconnus

et foulés aux pieds, nous vous demandons instamment, nous demandons à tous les Bretons de soutenir notre effort.

Vous reconnaîtrez, en lisant "Breiz Dishual", la voix vibrante de la Bretagne, de la vraie Bretagne, celle qui ne s'agenouille pas, celle qui reste debout

et qui proclame fièrement son droit à la liberté, à la prospérité à la vie.

La Rédaction

 

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

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Dernière mise à jour - Juillet 2020