Soldats et Marins de Plouguin Morts pour la France

Noms de Q - Quéméneur à Quivouron

Quéméneur Jean Marie 

Né le 2 Novembre 1885 à Ploudalmézeau

Scao

Classe 1905 Matricule 1203

Rappelé à l'activité le 2 Août 1914

19e Régiment d'Infanterie

 

87ème Régiment d'Infanterie

Tué à l'ennemi le 17 Juillet 1915

à la Tranchée de Calonne (Meuse)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

 

 

 

Le Souvenir Français des Hauts de Seine

"Témoignages-Portraits 1914-1918"

la Tranchée de Calonne.

Cette tranchée qui doit son nom

à Alexandre de Calonne, ministre de Louis XVI,

qui fit cette route forestière pour desservir

directement son château.

Elle forme une ligne de vint-cinq kilomètres

située à égale distance des villages

de Mouilly, des Eparges

et de Saint-Rémy-la-Calonne.

Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes,

y a trouvé la mort le 22 septembre 1914.

Historique du 87e Régiment d'Infanterie

TRANCHÉE DE CALONNE 

Sur les Hauts-de-Meuse, du 17 avril au 19 juillet 1915, le 87e témoigne d'une inlassable ardeur offensive

et d'un esprit de sacrifice sans limite.

 

Les 25 et 26 avril, au Bois de Saint-Rémy (près de Mouilly) et à la tranchée de Calonne, il prononce de vigoureuses attaques,

mais des feux très meurtriers l'arrêtent devant les réseaux ennemis.

 

Le 5 mai, le 1er Bataillon enlève brillamment une tranchée âprement défendue, faisant plus de 50 prisonniers.

Le secteur, en dehors des attaques, est très dur à tenir.

En une semaine, sur la crête des Éparges, les pertes s'élèvent, principalement du fait d'un bombardement violent et précis par minen

de gros calibre, à 38 tués, et 148 blessés.

 

Les travaux d'organisation sont cependant poursuivis avec la plus grande ardeur.

Le soldat BOCQUILLON donne à tous ses camarades un bel exemple de courage et de crâne gaieté : il va placer des fils de fer en avant

des lignes à une trentaine de mètres de l'ennemi qui, entendant du bruit, tiraille sur les travailleurs. BOCQUILLON continue son travail, restant debout...

Atteint d'une balle à la main il rentre dans la tranchée et, en riant, dit à ses camarades :

« S...... de Boches, ils m'empêchent de partir en permission, moi qui devais m'en aller demain. »

 

Le 28 juin, le Bataillon BARTHÉLEMY (1er) écrit une page de gloire ; il attaque les tranchées allemandes au Sud du point C, les enlève

et repousse deux contre-attaques.

Le 2e Bataillon, qui s'élance à l'assaut de la position du Haricot, progresse jusqu'aux réseaux ennemis, parcourant 150 mètres,

mais ne peut les franchir, arrêté par de violents feux de mitrailleuses.

Le 23 Juin, le 3e Bataillon, engagé sur le même point, n'est pas plus heureux.

 

Le 25 Juin, les 2e et 3e Bataillons sortent de nouveau courageusement des tranchées : un feu violent les arrête malgré leur élan.

 

Le 26 juin, après un bombardement intense, l'ennemi déclenche à son tour une attaque d'une violence inouïe

sur le front du 2e Bataillon (7e Compagnie) ; il emploie des liquides enflammés.

Après des corps à corps furieux, il est repoussé, laissant dans nos tranchées ses morts et ses blessés.

Collection Christine et Bertrand Gueneugues

Quéméneur Joseph Marie 

Né le 16 Mai 1897 à Plouguin

Quivarch

Classe 1917 Matricule 1901

Incorporé le 7 Janvier 1916

118e Régiment d'Infanterie

Soldat de 2ème classe

151e Régiment d'Infanterie

9e Bataillon

le 22 Octobre 1916

416e Régiment d'Infanterie

le 16 Février 1917

416ème Régiment d'Infanterie

Disparu le 25 Avril 1918 Mont Kemmel Belgique

Mort pour la France

Monument aux morts de Plabennec

Historique du 416e Régiment d'Infanterie

Le 416ème est cantonné dans un camp anglais (camp School) du 19 au 20 Avril 1918.

Ce cantonnement est étroit et peu confortable.

Il est dépourvu de paille et il fait encore très froid.

Le régiment y reçoit la visite des avions ennemis.

Les bombes jetées par ces derniers ne causent pas de pertes.

 

Le 20 avril, il quitte le camp et va cantonner dans des fermes situées entre Poperinghe et l'Abeele.

Le 416e va relever le 99e d'infanterie dans le secteur du Mont-Kemmel.

Le haut commandement sait que les Allemands préparent une grosse attaque sur ce point.

Il ne cache pas les intentions de l'ennemi.

Avant de monter en ligne, le régiment reçoit la consigne de défendre par tous les moyens et jusqu'à la dernière extrémité

le secteur extrêmement important dont on va lui confier la garde.

 

Les chefs savent qu'ils peuvent avoir confiance, car le 416e a fait ses preuves dans des secteurs très difficiles à Verdun et à Craonne.

 

Le régiment monte en ligne, décidé à défendre la position jusqu'au bout.

Le 1er bataillon du 416e relève dans la nuit du 21 au 22 avril le 1er bataillon du 99e sur la position du Petit-Kemmel.

Le 23 avril, le 2e bataillon s'installe en soutien sur les pentes ouest du Petit-Kemmel.

Le 3e bataillon reste à Westroute en réserve de division.

Le P. C. du colonel se trouve à la tête du ravin situé à l'ouest du col qui sépare le Grand et le Petit-Kemmel.

Le 416e est encadré à droite par le 413e qui tient Dranoutre et à gauche par le 30e d'infanterie qui occupe le Grand-Kemmel.

 

Le 24 avril à 21 heures, le régiment avance ses premières lignes de 400 mètres environ en avant des fermes Donégal et Airkraft.

Ce mouvement ne peut pas se développer davantage car les régiments voisins ne peuvent réaliser la même avance.

Pendant la progression, la section DOUZIECH de la 2e compagnie fait un prisonnier qui donne de précieux renseignements

sur l'attaque projetée par l'ennemi pour le lendemain.

 

La préparation d'artillerie se déclenche le 25 avril à 2 h.30.

Le bombardement est très violent et comporte une forte proportion d'obus à gaz.

En raison de l'avance réalisée le 24 avril au soir par la première ligne, cette dernière souffre relativement peu des gaz

et du bombardement car celui-ci est surtout dirigé sur nos anciens emplacements.

Aussi, lorsque vers 5 heures, l'infanterie ennemie commence l'attaque, elle trouve notre garnison de première ligne presque intacte. Cette garnison réussit de la sorte à repousser victorieusement quatre assauts successifs dont le dernier avec lance-flammes

et il y a tout lieu de croire que si, à notre gauche, le 30e n'avait pas été enfoncé, les Allemands ne seraient pas passés.

 

Quoiqu'il en soit, pris à revers par les Allemands qui ont gravi les pentes du Grand-Kemmel,

tous les défenseurs de notre première ligne sont tués, blessés ou faits prisonniers.

 

Vers 7 heures, après la chute de la première ligne, la situation est la suivante : le 2e bataillon et les restes de la 3e compagnie

 (environ 50 hommes) ont pour mission de défendre le plateau du Petit-Kemmel et ses abords.

Ils ont donc à faire face aux Allemands qui les attaquent de front, à ceux qui, occupant le Grand-Kemmel, les dominent de leurs feux,

à ceux qui, par infiltration, ont réussi à contourner le Petit-Kemmel.

La situation est déjà des plus graves ; les fusils, les mitrailleuses et les avions allemands nous tuent beaucoup de monde.

 

Le capitaine BEFFEYTE avec environ un peloton de la 7e compagnie résiste après s'être fait couvrir sur sa gauche

par un léger détachement dont tous les hommes sont d'ailleurs rapidement mis hors de combat.

Au moment où la résistance a cessé et après un combat acharné, il ne disposait plus que d'une dizaine d'hommes.

 

La situation du capitaine BLANCHÉ n'était guère plus brillante.

Il résiste avec une mitrailleuse dans une tranchée située sur le plateau du Petit-Kemmel.

 

Les 5e et 6e compagnies moins favorisées que la 3e ne disposent pas de tranchées ; leurs hommes utilisent des trous d'obus

où lls sont presque tous tués ou blessés.

 

La 2e compagnie de mitrailleuses, dans la mesure du possible, donne satisfaction à toutes les demandes d'intervention

qui lui sont adressées.

 

A la fin de l'action, toutes les pièces sont hors d'usage et presque tout le personnel hors de combat.

 

Ainsi pendant près de 2 heures, entouré de tous côtés et bien que tout espoir d'être secouru ait disparu,

le 2e bataillon résiste jusqu'au moment (10 h.45) où les Allemands, ayant achevé d'encercler le Petit-Kemmel,

disposent une mitrailleuse devant chacune des entrées du P. C. et menacent de massacrer tout le personnel valide qui s'y trouve

si la résistance du plateau ne prend fin.

 

Il y avait dans le même abri un personnel assez nombreux :

2 P. C. de lieutenants-colonels anglais,

2 P. C. de colonels français (30e et 416e ),

3 P. C. de chefs de bataillon.

Tout le personnel de liaison et les prisonniers déjà faits sont rassemblés devant le P. C. ;

deux mitrailleuses sont braquées sur le groupe et vont rentrer en action si la résistance du plateau ne cesse pas immédiatement.

Toutes les armes et les munitions disponibles ont été utilisées ; dans le P. C. ne se trouvent que des hommes non armés d'un fusil.

C'est à ce moment et devant la menace de massacre qui est faite par les Allemands que l'ordre est donné au capitaine BLANCHÉ

de cesser la résistance

 

Si le 25 avril 1918 est une date néfaste pour le 416e , elle est aussi une des plus glorieuses.

 

« Oui, le 416e s'est admirablement comporté à la défense du Mont Kemmel et cet épisode de la guerre est certes un des plus brillants.

Mais il est aussi un des moins connus.

Qui aurait pu faire le récit de ce haut fait d'armes puisque personne n'était revenu.

A 7 heures le P. C. du colonel aurait pu sans doute trouver encore le moyen de s'échapper, comme l'avait fait, une heure auparavant,

le colonel du 30e d'infanterie.

Mais le colonel et son état-major pouvaient-ils abandonner le P. C. en des moments aussi graves et donner aux combattants

l'impression d'une fuite ?

Chacun donc demeura à son poste ».

« Pourtant à partir de 9 heures tout espoir d'une intervention de renforts pouvait être considéré comme perdu en raison d

e la présence au delà du Kemmel, vers Bruloze, de nombreuses troupes allemandes.

Mais l'ordre était de « Tenir jusqu'au bout » ce secteur important et il a été pleinement exécuté.

 

Il convient aussi de signaler que les sacrifices consentis par les hommes et les cadres méritent d'autant plus d'être mentionnés

qu'ils étaient désintéressés.

Tous se rendaient compte, en effet, qu'en dehors des officiers du régiment personne ne serait témoin de leur bravoure

et que dans ces conditions aucun espoir de récompense n'était permis.

 

Tous, cadres et troupe, ont néanmoins fait leur devoir, beaucoup plus que leur devoir.

(Rapport du lieutenant-colonel commandant le 416e régiment d'infanterie).

L'ossuaire du Mont Kemmel

Les corps de 5294 soldats français y reposent

57 seulement sont identifiés

Quéré Gabriel Marie 

Né le 25 Mars 1892 à Coat-Méal

Lescoat

Classe 1912 Matricule 2089

Incorporé le 9 Octobre 1913

48e Régiment d'Infanterie

Parti au front le 3 Août 1914

Blessé le 22 Août 1914 à Fosse-la-ville

(Belgique)

Blessure par balle dans la cuisse.

Mention et lettre de félicitations.

Récompenses diverses.

Rentré au dépôt le 5 Septembre 1914

Reparti au front le 22 Octobre 1914

Disparu le 9 Mai 1915 à Bailleul (Pas de Calais)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Historique du 48e Régiment d'Infanterie

Le 21 août 1914, aux rayons du soleil couchant, le régiment se déployait sur les plateaux ondulés

qui bordent la Sambre et qui, en 1692, avaient déjà été arrosés du sang de ses aînés,

car, en 1692, au cours de sa glorieuse carrière, le 48e avait déjà combattu près de Namur.

 

La division était engagée depuis la veille.

Dans la soirée du même jour, le régiment entra à son tour dans la fournaise.

 

Le 3e bataillon débouchant d'Arsimont par une vigoureuse charge à la baïonnette s'efforçait

de rejeter sur la rive nord de la Sambre les Allemands qui avaient commencé à franchir cette rivière.

 

C'est au cours de cette charge que tombe au premier rang le capitaine Massiou,

entamant la longue  liste d'honneur de nos héros du Devoir.

 

Le bataillon très éprouvé par cette charge sanglante reçut l'ordre de rallier le reste du régiment

dans la nuit entre Arsimont et Fosse pour se reformer.

 

Le contact était pris le 22 août, à l'aube.

 

Le régiment recevait l'ordre de rejeter au-delà de la Sambre les Allemands, qui, aux prix d'efforts

sans cesse renouvelés, avaient pu prendre pied sur les pentes sud de la rivière,

s'y retrancher et qui, à l'aide de mitrailleuses habilement masquées, en défendaient l'accès.

 

Le régiment ainsi, tout entier, attaque sur Ham-sur-Sambre et Arsimont.

 

Son élan fut magnifique, mais le régiment fut rapidement décimé par le tir écrasant

de l’adversaire.

 

Le colonel de Flotte, mortellement blessé, au milieu de ses soldats qui montaient à l'assaut refuse

de se laisser emporter :

« Je veux mourir debout », criait-il, mettant une énergie surhumaine à se relever.

 

Les pertes furent lourdes : 17 officiers et 500 hommes hors de combat,

mais ce premier jour de bataille devait rester pour le 48e un exemple superbe

de dévouement au drapeau.

 

Après la mort glorieuse du colonel de Flotte, le commandant Edou prit le commandement du régiment.

 

Le 48e, qui avait progressé, sans toutefois avoir pu atteindre la Sambre,

se cramponne au terrain conquis.

Collection Michel Quéméneur.

Quéré Louis Marie 

Né le 3 Janvier 1891 à Plouguin

Lescoat

Classe 1911 Matricule 3592

Apte au Service Armé en Octobre 1914

 

Incorporé au 48e Régiment d'Infanterie

le 4 Novembre 1914

 

71e Régiment d'Infanterie

le 3 Février 1915

87e Régiment d'Infanterie

le 16 Mars 1915

Disparu le 17 Juillet 1915 aux Eparges (Meuse)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Les Eparges

Les Éparges est, dans la Meuse, une commune du canton de Fresnes en Woëvre

et de l'arrondissement de Verdun (environ 60 habitants)

La crête des Éparges qui domine la plaine de la Woëvre au sud de Verdun

est occupée dès le 20 septembre 1914 par les Allemands.


La 1ère ligne est située sur les ruines des villages des Éparges et de Trésauvaux,

les bois du versant nord-est et les espaces plus dégagés du versant nord-ouest.


La 2ème ligne est basée sur la tranchée de Calonne (route Verdun-Hattonchâtel

à travers le massif forestier)


Les troupes sont mises au repos à l'ouest, dans les villages de Belrupt, Sommedieue,

Mont sous les côtes, Mouilly ...

Les Allemands occupent la crête des Éparges.

Pour résorber le "saillant de Saint Mihiel", Joffre désire un observatoire sur la plaine de la Woëvre.

 

Le 17 février 1915, après l'explosion de 4 mines sous la partie ouest,

la 12ème DI attaque depuis le pied.

Au prix de pertes très lourdes, les Français atteignent la crête.

 

Cependant les Allemands en conservent une partie, gardent la colline suivante de Combres

plus élevée et progressent dans le secteur de la Tranchée de Calonne.

 

Le 5 avril, le "point X" est atteint et l'offensive est arrêtée le 15 avril.

 

Le 24 avril, a lieu la contre-offensive allemande puis le 20 juin une nouvelle offensive française ... 

 

Pendant plus de deux années encore les Éparges seront le lieu de violentes attaques,

tirs d'artillerie et de gaz, contre attaques, sapes et explosions de mines bourrées d'explosifs.


Ces combats provocants des pertes considérables pour des gains apparemment minimes ont eu

en France un grand retentissement.

Collection Michel Quéméneur.

Quivouron Yves Marie

Né le 23 Février 1893 à Plouguin

Kerlaouenan

Classe 1913 Matricule 379

Ajourné par la Commission de Réforme en 1913

Ajourné en 1914

Bon pour Service Armé en 1914

Incorporé le 15 Décembre 1914

118e Régiment d'Infanterie

37e Régiment d'Infanterie

le 7 Juin 1915

Blessé par éclat d'obus à la jambe le 1 Juillet 1916

Evacué blessé le 1 Juillet 1916

Rentré au dépôt le 7 Novembre 1916

Proposé pour une pension de 5e classe

le 28 Décembre 1917

Bacillose pulmonaire

​Décédé le 28 Janvier 1918

à l'Hôpital Complémentaire n°8 de Troyes

des suites de maladie contractée en service,

Tuberculose pulmonaire

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

La Gazette médicale du 21 Avril 1915

Annales de démographie historique 2002/1 (n°103)

La Gazette médicale du 21 avril 1915.

On y apprenait que le Pr. Chauffard venait de soutenir, au cours d’une conférence, que l’air des tranchées associé

à la « vie active sous les intempéries » constituait la meilleure des cures de santé.

« Rien de plus exact, commentait l’éditorialiste.

Un grand nombre d’individus qui, dans le civil, étaient des individus malingres, souffreteux ou neurasthéniques, qui se croyaient à la veille de toutes les maladies, ont acquis, depuis qu’ils sont dans les tranchées, une résistance physique merveilleuse.

Ceux-ci, s’ils échappent aux balles et aux obus, sont destinés à revenir chez eux pourvus de la plus admirable santé. »

Il s’agissait en fait d’une publicité banalisée car l’article se terminait sur une note beaucoup plus pessimiste :

« Un premier rhume ne guérit pas, le soldat tousse, crache.

La tuberculose s’est installée.

Mais ce n’est pas irréversible : le Globéol en apporte la preuve.

Les cytoprotéines qu’il renferme fouettent la reproduction cellulaire tant que la lésion n’est pas irréversible. »

Cela avait, du moins, le mérite de rappeler que des tuberculeux piétinaient dans les tranchées.

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La guerre des tuberculeux

Le 25 mars 1915, le Pr. Landouzy, éminent phtisiologue et doyen de la Faculté de médecine de Paris, jetait un cri d’alarme.

Entre 1894 et 1902, sur un contingent de quatre millions d’hommes, l’administration militaire en a rayé 36 000, réformés ou morts,

pour raison de tuberculose.

Or, la plupart des tuberculeux jadis réformés sont aujourd’hui incorporés ou « récupérés » par la France en guerre.

À ce compte, l’armée pourrait bien, dans les années à venir, déverser 50 000 tuberculeux sur le pays,

libérant ainsi un formidable potentiel de contagiosité

Parmi les militaires dirigés sur les formations sanitaires, le contingent le plus important est formé de pulmonaires.

Sur 1 000 malades examinés en avril 1916 dans le secteur d’Alençon, 177 sont des tuberculeux « avérés ou probables ».

Et encore, précise le médecin-major Gandy, chef de secteur, « j’ai l’impression que ce chiffre est au dessous de la réalité,

vu la méthode d’observation de ces médecins. J’estime à un pour cinq le nombre des malades atteints ou suspects ».

 

En septembre et octobre 1917, le médecin-major Daguet trouve 463 pulmonaires sur un total de 1 731 malades observés dans le secteur de Bourg-Belley (Ain), soit un pourcentage de 26,7 %

D’autres statistiques conduisent aux mêmes conclusions.

Si pareille sévérité répond à des critères administratifs, le séjour des tuberculeux sur le front n’en est pas moins effectif.

Très bref dans certains cas, il peut aussi se prolonger des mois durant.

C’est plus qu’il n’en faut pour attiser le mal.

Le malade est exposé aux intempéries, aux fatigues et aux blessures de guerre qui, même bénignes, prennent chez lui un caractère particulier de gravité.

Comme le souligne le Dr Péhu, « nombreux sont les traumatismes de guerre susceptibles d’exercer une action

sur l’ensemble de l’appareil respiratoire.

Dès le début, ce furent les projectiles créant des blessures pleuro-pulmonaires.

Un peu plus tard apparurent les contusions thoraciques par éclatements d’obus, explosions de mines ou bouleversements de terrains ; enfin, dès mars 1915, l’emploi des gaz asphyxiants ou toxiques provoquèrent de nombreuses bronchites, broncho-pneumonies,

et tous les processus inflammatoires ou congestifs des voies aériennes dont beaucoup revêtirent une allure traînante ou chronique susceptible de créer le berceau du bacille de Koch».

 
 
 
 
 

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

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Dernière mise à jour - Décembre 2021