Soldats et Marins de Plouguin Morts pour la France

Noms de L - Le Hir à Léostic

Le Hir François Alexandre Marie 

Né le 29 Juillet 1891 à Plouguin

Kerlaouénan

Classe 1911 Matricule 1465

Incorporé le 10 Octobre 1912

19e Régiment d'Infanterie

Soldat de 2ème classe

Disparu le 22 Août 1914

- Officieux

Mort le 22 Août 1914 à Maissin Belgique

Tué à l'ennemi - jugement du 7 Octobre 1920

Calvaire Breton de Maissin

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Combat de Maissin 22 Août 1914

Richard Closset

 

L’ordre d’offensive

Les ordres pour le 22 Août 1914 sont : Le 11e C.A. marchera sur Maissin en deux colonnes : 

  • A droite, la 22e division d’infanterie, par l’est de Paliseul. 

  • A gauche la 21e division par l’ouest de Paliseul, Opont, Our.

 

Le 19ème RI fait partie de la 44ème Brigade dans la 22ème Division

 

22 août 1914 

07h :

Éclairant les colonnes d’infanterie, les cavaliers du 2e chasseurs français atteignent Maissin.

Tout de suite, c’est le choc brutal contre l’infanterie de la 25e division allemande.

 En matinée :

L’avant-garde de la 22e division française, le 19e R.I., quitte Les Hayons.

Après une courte halte à Paliseul, les 1e et 3e bataillons marchent en direction de Maissin,

tandis que le 2e bataillon part à droite sur la route de Framont.

 12h :

Les 1e et 3e bataillons du 19e R.I. quittent la route à hauteur de la ferme de Bellevue et entrent en colonnes de section

par quatre dans les bois d’Hautmont.

Ils y rencontrent les cavaliers du 2e chasseurs qui, après avoir occupé Maissin tôt dans la matinée, ont dû se replier

dans le bois d’Houtmont suite à un combat contre l’infanterie allemande, venant de Villance.

​Le général Pambet ordonne aux 1e et 3e bataillons du 19e R.I. de ne pas bouger du bois d’Hautmont avant que les deux groupes

du 25e R.A.C. entrent en action mais cet ordre est ignoré.

 12h30 :

Les tambours et clairons sonnent la charge et, drapeau déployé, deux bataillons s’élancent dans la direction de Maissin,

baïonnette au canon.

Ils franchissent les 400 m de prairie séparant les bois d’Hautmont du village.

Un instant surpris, les Allemands se ressaisissent et bombardent d’obus de 77 la lisière du bois d’Hautmont et la prairie.

Les mitrailleuses cachées dans le village de Maissin font beaucoup de dégâts dans les rangs du 19e R.I.

 En début d’après-midi :

Toute la 22e division est engagée.

Les 1e et 3e bataillons du 19e R.I. ont reçu l’appui du 35e R.A.C.

Un groupe est installé aux environs de la ferme de Bellevue, l’autre vers la ferme de l’Almoine.

​Le 2e bataillon du 19e R.I. a quitté précédemment le reste du 19e R.I. à Paliseul pour se rendre au moulin de Villance

par la route de Framont, afin de couvrir l’aile droite du régiment.

Des troupes allemandes, venant de Maissin, tentent une attaque qui échoue.

​Le chef de bataillon français, le colonel de Laage de Meux, décide d’attaquer en direction de Villance.

Au cours de cette action, il est mortellement blessé et remplacé par le capitaine Lallemand.

Celui-ci, considèrant la mission comme accomplie, décide de se replier sur Framont et de rejoindre les 1e et 3e bataillons du 19e R.I., toujours engagés à la lisière sud de Maissin.

​Les Allemands tentent d’opérer une percée sur le flanc droit et se rapprochent de la route de Maissin - Paliseul.

 15h :

Le 19e R.I. se bat dans Maissin en contenant les assauts allemands.

Des compagnies des 93e, 116e, 118e et 137e R.I. arrivent en renfort et progressent pied à pied pour dégager Maissin.

 18h :

Deux contre-attaques françaises sont menées par 500 hommes des 62e, 116e et 118e R.I. sous les ordres du général Duroisel.

Une autre contre-attaque menée par le 62e R.I. repousse les Allemands au nord du bois d’Hautmont.

 19h :

Par une attaque à la baïonnette au son des clairons, les fantassins français rejettent les Allemands du village.

Pendant ce temps, les 62e, 64e et 65e R.I. luttent pour chaque crête de bois.

 En fin de journée :

La 21e division occupe le plateau au nord-ouest de Maissin, la 22e occupe le village.

​Toutefois, le général Eydoux a l’impression d’être trop en flèche par rapport aux autres C.A. et craint l’encerclement.

Il doit se résigner à donner l’ordre de retraite.

Les unités se regroupent et se reforment à hauteur du ruisseau de Framont.

​Le 2e bataillon du 19e, qui se trouve à Paliseul, reçoit l’ordre de s’établir à la sortie du village et de couvrir le repli du 11e C.A.

​L’ordre de repli n’est pas parvenu aux centaines d’hommes qui combattent dans Maissin.

​Ce sont les 1e et 3e bataillons du 19e, une section de mitrailleuses du 118e, la 1e compagnie du 116e et quatre compagnies du 62e.

Ces troupes vont continuer à repousser les attaques allemandes.

 

23 août

 06h :

Ordre est donné de rompre le combat et de battre en retraite vers Paliseul.

 07h :

Le repli commence avec le 1e bataillon du 19e R.I., qui arrive à Bouillon vers 13h, sans rencontrer de difficultés.

 09h :

Le 3e bataillon du 19e R.I. décroche avec les hommes des 118e et 62e R.I.

 

​​Conclusion

​Le 19e R.I. s’est lancé dans une attaque à découvert sans préparation d’artillerie.

​C’est une erreur commise fréquemment au début de la guerre, et qui sera évitée par la suite.

Ce genre d’attaques faisait la part trop belle aux Allemands retranchés et munis d’armes automatiques.

Les pertes françaises se chiffrent à 99 officiers et 4.085 hommes (rien que la 44e brigade perd 2.000 fantassins).

Le Hir Joseph Marie 

Né le 10 Janvier 1890 à Plouguin

Couloudouarn

Classe 1910 Matricule 92113_2 - 581

Engagé Volontaire pour 5 ans le 16 Mars 1908

Apprenti Marin

Apprenti Clairon

 

Matelot 3ème classe Clairon breveté

le 1 Mars 1909

 

Inscrit Maritime

 

1er Régiment de Fusiliers Marins.

Tué à l'ennemi le 17 Décembre 1914

à Zuydcoote Belgique

Mort pour la France.

Monument aux morts de Plouguin

La Brigade des Fusiliers Marins (1914)

Philippe Millour

http://philippe.millour.free.fr

Lorsque la guerre éclate, la Marine dispose d'un surplus d'effectif de plusieurs milliers d'hommes

qu'elle ne peut pas utiliser à bord de ses bâtiments.

Le 7 août, les 1er et 2ème régiments de fusiliers marins sont créés, dans le but de combattre à terre.

Réunis en une brigade forte de 6 000 hommes, sous le commandement du jeune contre-amiral Ronarc'h,

leur mission initiale est la défense de la Capitale et de sa banlieue.


Après lecture du document « La Brigade des Fusiliers Marins sur l'Yser, par l'Amiral Ronarc'h »,

on peut en déduire l'organisation suivante pour la Brigade des Fusiliers Marins en 1915 

  • La brigade est constituée de l'Etat-Major de la Brigade et de deux régiments.

    • Elle dispose d'une compagnie de mitrailleuses de 15 sections.

  • Chaque régiment est composé d'un état-major, de 3 bataillons, et d'une ambulance.

    • Un régiment est commandé par un Capitaine de Vaisseau.

  • Chaque bataillon est commandé par un Capitaine de Frégate et est divisé en quatre compagnies.

  • L'effectif d'une compagnie est de l'ordre de 200 hommes.

La structuration des régiments de la Brigade des marins est donc voisine de celle des régiments d'infanterie de 1914, à l'exception

des sections de mitrailleuses qui semblent plus nombreuses, et regroupées en une compagnie au niveau de la Brigade.
 

Le 17 août 1914, peloton de liaison cycliste en tête, les fusiliers marins de Lorient défilent sur le cours de Chazelles

avant de prendre le train pour Paris.

Il s’agit notamment des 700 apprentis fusiliers marins (les plus jeunes ont à peine seize ans et demi), de leurs instructeurs et des réservistes du dépôt de Lorient, anciens chauffeurs ou mécaniciens de la flotte.

L’extrême jeunesse de ces soldats surprend les Parisiens qui leur donnent le surnom de « Demoiselles de la Marine ».

Pour les Allemands, aussi surpris, ce seront les « Demoiselles au pompon rouge ».

Ils sont bientôt rejoints à Paris par des renforts arrivant des autres ports de mer : Rochefort, Brest, Cherbourg et Toulon.

Ces nouveaux contingents intègrent de nouvelles recrues qui étaient il y a encore peu des marins au long cours, pêcheurs ou caboteurs, et qui se transforment peu à peu en soldats, remplaçant par la capote le col ou la vareuse, accrochant des cartouchières au ceinturon.

Le 2 octobre, ils quittent, sous les acclamations des Parisiens, le Grand Palais pour s'en aller dans le secteur nord-ouest de la défense,

vers le fort de Gonesse.

Dans le nord, les Allemands menacent de bousculer les défenses belges, la défense de Paris n'est plus à l'ordre du jour ; la brigade doit se porter au-devant de l'ennemi dans les Flandres pour bloquer le passage vers la mer.

 

Le 7 octobre, sept trains les emportent de Saint-Denis et de Villetaneuse vers le front, en Flandres.

A peine arrivée à Dunkerque, la brigade repart vers Anvers. A Gand, elle reçoit l'ordre de descendre du train, la voie étant coupée

au delà.

 

Les fusiliers marins se battent les 9, 10 et 11 octobre pour protéger la retraite des troupes qui évacuent Anvers,

puis décrochent vers Dixmude qu’ils atteignent le 15 octobre après une marche épuisante.

Poursuivis par cinquante mille allemands, ces hommes habitués à vivre nu-pieds sur le pont de leurs bateaux,

fournissent des marches de trente et quarante kilomètres.

Le lendemain, 16 octobre, la ligne de défense des marins est à peine établie que les Allemands déclenchent à 16 heures

leur première attaque par artillerie et infanterie.

Les combats pour la possession de Dixmude viennent de commencer, opposant les 6 000 marins de l'Amiral Ronac'h

et les 5 000 belges du Général Meiser à trois corps d'armées allemands, sous les ordres du Prince de Würtemberg.

 

Le même jour, les Etats-Majors français et belges se rencontrent, et compte tenu de l'évolution de la situation,

pensent qu'il est désormais possible d’arrêter l’invasion allemande le long de la côte. Le Général Foch raconte :

 

On tiendra pour cela sur l’Yser, de la Mer du Nord à Dixmude, avec l’armée belge rapidement reconstituée ;

au point d’appui de Dixmude, avec la brigade de fusiliers marins ; sur l’Yperlé, plus au sud, et jusqu’à Ypres avec les troupes territoriales qui s’y trouvent déjà et que je renforce rapidement de divisions de cavalerie.

On attendra dans ces conditions l’arrivée des renforts français que le général en chef nous fait espérer.

Dans cet ordre d’idées, et avant de quitter Furnes dans la soirée du 16 octobre, j’adresse à la hâte à l’Amiral Ronarc’h 

une instruction lui fixant sa tâche à Dixmude :

Dans les circonstances où nous sommes, la tactique que vous avez à pratiquer ne comporte pas d’idée de manœuvre,

mais simplement et au plus haut point, l’idée de résister là où vous êtes.

Dans ce but, il y a lieu de préparer sans aucune réserve la mise en œuvre, dans une situation abritée, et de bonnes conditions,

de tous vos moyens.

Quant à la conduite à tenir, elle consiste pour vous à arrêter net l’ennemi, par la puissance de vos feux en particulier.

C’est dire qu’elle est facile à tenir avec les effectifs et les moyens dont vous disposez, qu’elle vous permet d’occuper une grande étendue

de terrain et que vous ne devez songer à évacuer la position que sur un ordre formel de vos supérieurs

ou à la suite de l’enlèvement de« toute » la position par l’ennemi.

Inutile de dire que je compte entièrement sur votre dévouement pour remplir cette mission.

L’amiral va, avec ses marins, remplir cette tâche d’une façon des plus glorieuses. 

L'Amiral Ronarc'h donne l'ordre suivant à ses marins : « Le rôle que vous avez à remplir est de sauver notre aile gauche

jusqu'à l'arrivée des renforts. Sacrifiez-vous. Tenez au moins quatre jours. »

Le 24 octobre à 9 heures du soir, le Prince de Würtemberg lance une attaque générale avec comme objectif « d'enlever la décision » 

et de percer le front en direction de Furnes.

Deux colonnes vont assaillir le front Nieuport-Dixmude tenu par les Belges et deux autres colonnes faire converger leurs efforts

vers Dixmude, accompagnées d'une formidable artillerie.

Le 26 octobre, les marins sont renforcés par un Régiment de Marche de Tirailleurs Sénégalais aux ordres du Commandant,

puis Lieutenant-Colonel Pelletier.

Ce régiment est constitué de deux bataillons : l

e 3ème BTS du Maroc (Commandant Frèrejean) et le 1er BTS d'Algérie (Commandant Brochot).

Le 28 octobre, suite à une décision du 25, les Belges inondent la rive gauche de l'Yser entre ce fleuve et la chaussée de chemin de fer

de Dixmude à Nieuport, faisant de Dixmude, à l'extrémité de cette lagune artificielle, une presqu'île,

 « un Quiberon du Nord à l'ancre sur une mer immobile, sans flux ni reflux, piquée de têtes d'arbres, de toits de fermes noyées, et promenant sur ses eaux mortes, au fil d'une insensible dérive, des cadavres ballonnés de soldats et d'animaux, de casques à pointe,

des culots de cartouche et des boîtes de conserves vides ... ».

Ces inondations sauvent la situation sur l'Yser.

Le 10 novembre, les défenseurs de Dixmude sont contraints, après d'âpres combats qui se terminent en de sanglants corps à corps

à la baïonnette ou au couteau, d'abandonner la ville en feu et de repasser sur la rive gauche de l’Yser où ils occupent une position précédemment organisée, mais dont les tranchées ne peuvent pas avoir plus d'un mètre de profondeur tant la nappe d'eau est proche.

Ils devaient tenir la ville pendant quatre jours, ils l’auront tenue plus de trois semaines, face à 50 000 Allemands

qui laissèrent 10 000 des leurs dans la plaine environnante et eurent plus de 4 000 blessés.

Les pertes des défenseurs sont également effroyables.

Les marins ont plus de 3 000 hommes morts ou hors de combat :

23 officiers,

37 officiers mariniers et 

450 quartiers maîtres et matelots ont été tués ;

 

52 officiers,

108 officiers mariniers et

1 774 quartiers maîtres et matelots sont blessés ;

 

698 d'entre eux ont été faits prisonniers ou portés disparus.

 

Concernant les Tirailleurs Sénégalais, il reste 400 hommes au Bataillon Frèrejean

et seulement 11, dont un capitaine, au Bataillon Brochot - 411 survivants sur 2 000.

Le 15 novembre, l'offensive allemande entamée trois mois auparavant, est définitivement stoppée.

Le sacrifice de la brigade Ronarc'h eut un grand retentissement en France, et on s'aperçut

alors que cette unité héroïque n'avait même pas de drapeau !

Le 11 janvier, la brigade de marins, massée sur un terrain vague de Saint Pol, près de Dunkerque, est passée en revue par

M. Raymond Poincarré, Président de la République, accompagné de M. Victor Augagneur, Ministre de la Marine.

Le Président remet solennellement à l'Amiral Ronarc'h, le drapeau des fusiliers marins, dont la garde est confiée 

au deuxième régiment (celui de Joseph Marie Le Hir).

 

Aux survivants de la brigade il déclare :

 

« Fusiliers Marins, mes Amis, Le drapeau que le gouvernement de la République vous remet aujourd'hui, c'est vous mêmes qui l'avez gagné sur les champs de bataille.

Vous vous êtes montrés dignes de le recevoir et de le défendre.

Voilà de longues semaines qu'étroitement unis à vos camarades de l'armée de terre, vous soutenez victorieusement, comme eux, la lutte la plus âpre et la plus sanglante ...

Ce sont les plus lointaines destinées de la patrie et de l'humanité qui s'inscrivent, en ce moment, sur le livre d'or de l'armée française. Notre race, notre civilisation, notre idéal sont l'enjeu sacré des batailles que vous livrez.

Quelques mois de patience, de résistance morale et d'énergie vont décider des siècles futurs.

En conduisant ce drapeau à la victoire, vous ne vengerez pas seulement nos morts, vous mériterez l'admiration du monde et la reconnaissance de la postérité.

Vive la République ! Vive la France ! »

 
 

Le Jeune François Marie 

Né le 27 Novembre 1888 à Tréglonou

 

Résidant à Plouguin Croas Hir

Classe 1908 Matricule 737

Rappelé à l'activité le 3 Août 1914

48ème Régiment d'Infanterie

Blessé au combat le 29 Août 1914

"Plaie du gros orteil par éclat d'obus"

Disparu au combat 29 Août 1914

Décès le 29 Août 1914 Sains Richaumont (Aisne)

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Historique du 48e Régiment d'Infanterie

BATAILLE DE GUISE

(29-30 AOÛT 1914)

 

Le 22 Août, au soir, la division était débordée par le flot allemand

et était obligée par ordre de se replier.

 

Le régiment prit la direction de Fosse, de Saint-Gérard et vint s'établir à Fourneau

où les hommes purent prendre six heures de repos.

 

Il continua ensuite son mouvement de retraite par Stade, Florennes, Philippeville,

Mariembourg, Pesche, et à travers la forêt de Signy-lePetit, par le Grand-Riaux, où il arrive, le 26 août, à six heures du matin.

 

Il en repartit avant midi, sur Vervins, où il arrive le 28 Août.

Le 29 Août, au matin, il atteignit Lemé.

Là, il faut arrêter l'ennemi.

 

La 19e division fait volte-face.

 

Le 48e est jeté sur lui entre Lemé et Sains-Richaumont (10 kilomètres de Vervins).

Combat vif et rapide, d'un engagement soudain au corps à corps presque immédiat.

Nous avons encore 17 officiers et 500 hommes tués ou blessés; mais l'ennemi les paie chèrement et ce sont nos mitrailleuses, cette fois, qui brisent les vagues d'assaut de l'infanterie allemande.

 

Le 30 Août, au matin, les 1er et 3e bataillons tiennent encore sur leurs positions et ce n'est qu'à quatorze heures que la retraite,

ordonnée par le commandement, s'effectue lentement.

 

Le Jeune Michel

Né le 29 Septembre 1894 à Plouguin

Kervuan

Classe 1914 Matricule 849

Incorporé le 8 Septembre 1914

72e Régiment d'Infanterie

Soldat 2ème classe

Au front le 18 Décembre 1914

Disparu au combat 25 Février 1915

Le Mesnil-les-Hurlus (Marne)

Décès le 25 Février 1915 

Mort pour la France

Monument aux morts de Plouguin

Historique du 72e Régiment d’Infanterie

Henri Charles-Lavauzelle

En février et mars 1915, le 72e prend part à la grande offensive de Champagne.

 

Au nord de Mesnil-lès-Hurlus, sous un feu terrible de mitrailleuses et d'artillerie, jonchant le sol de morts et de blessés,

il monte à l'assaut six fois.

 

Le 22 février, il attaque les tranchées du bois « Jaune-Brûlé »

 

Le 23 février le 3e bataillon réussit à prendre pied dans la partie méridionale de ce bois.

Le 24 février, nouvelles attaques, nouveaux progrès.

 

Le 25 février, nouvelle progression sous le feu.

Relevé dans la nuit du 25 au 26 février, il remonte à l'assaut le 5 mars et, dans la nuit du 5 au 6, avance sérieusement,

mais, malgré le prodigieux courage déployé par tous, ne peut atteindre ses objectifs.

 

En définitive, le front ennemi ne fut pas rompu, mais l'héroïsme des troupes qui attaquèrent inlassablement, 

dans des conditions difficiles, n'en demeure pas moins admirable.

Le Saint François Marie 

Né le 11 Juin 1898 à Plouguin

Pont an Traon

Classe 1918 Matricule 2778

Incorporé le 2 Mai 1917

111e Régiment d'Artillerie Lourde

2ème Canonnier

 

103ème Régiment d'Artillerie Lourde

4ème groupe

le 1 Février 1918

Tué au combat le 5 Juin 1918 

à Mortefontaine (Aisne)

Mort pour la France.

Monument aux morts de Plouguin

Cité à l'ordre du Régiment

"Brancardier d'une tenue irréprochable sous le feu.

Mortellement frappé à son poste le 5 Juin 1915"

Croix de guerre avec étoile de bronze

Soissons.

Les combats de la montagne de Paris.

L'ennemi prononce une formidable offensive sur un front partant des monts de Champagne

jusqu'à Soissons.

Sous la poussée allemande nos troupes se replient.

31 Mai 1918​

La région de Soissons, l'Aisne y coule de l'est à l'ouest.

Sa vallée, large de 2 kilomètres, se creuse entre deux hautes falaises abruptes qui limitent deux plateaux coupés perpendiculairement

au lit de la rivière par des ravins étroits, profonds et escarpés où coulent de petits ruisseaux, affluents de l'Aisne.

Sur ces plateaux immenses, aux lentes ondulations, de riches cultures, point de bois, quelques grosses fermes isolées.

L'eau est introuvable sur les hauteurs, aussi les villages sont-ils rassemblés dans les vallées.

Tout au sud, à 20 kilomètres de l'Aisne et parallèlement à son cours, s'étend la forêt de Villers-Cotterêts.

L'ennemi tient la moitié du plateau qui domine à l'ouest la vallée de la Crise.

Le 1er juin, à midi, les batteries mettent en position sur le plateau au nord-est de Gœuvres-et-Valsery.

​Les chevaux sont maintenus à proximité des pièces.

Nous aurons bien souvent à changer de position.

​La mission est de harceler l'ennemi dans les ravins où il se cache.

Dès le 2 juin, le groupe n'est pas en position depuis vingt-quatre heures qu'il a déjà tiré plus de 1.000 coups.​

Le 3 juin, les Allemands prononcent une très forte attaque.

Au cas où nos troupes devraient céder du terrain, le commandant de groupe reconnaît dans la matinée trois positions en arrière

sur les pentes nord-ouest de Mortefontaine.

A 10h 30, parvient l'ordre de se replier rapidement.

Les batteries vont occuper les emplacements reconnus.

Il va prendre position à l'est de la route de Mortefontaine à Hautefontaine, à l'intersection de cette route avec le chemin

venant de la ferme de Pouy.

Une colonne de caissons chargés de munitions est prise sous le feu ennemi au dépôt de la Râperie, près de Mortefontaine.

Les munitions explosent, brûlent onze hommes, trois chevaux et trois caissons.

On met à l'abri les hommes brûlés et on continue le chargement des munitions.

​Des caissons sont en flammes; ils menacent de sauter.

Mais rien ne saurait arrêter les conducteurs; ils détellent leurs chevaux et sont eux-mêmes grièvement brûlés.

Ah ! Leurs chevaux, leurs attelages !

Combien ils les aiment !

Ils les sauvent à tout prix.

Des lots de poudre explosent.

Des hommes, leurs effets en flammes, hurlent, courent, se roulent sur le sol.

Pauvres conducteurs !

Humbles héros souvent méconnus, rendons hommage à votre tâche obscure, à vos nuits sur les routes marmitées,

à vos pénibles ravitaillements.

Les missions de tir sont de plus en plus lointaines.

Le groupe se rapproche des lignes dans la mesure où le terrain le permet et vient occuper des emplacements en bordure Est

du ravin de Vauberon.

Les attaques allemandes sont incessantes; les chevaux des canons sont toujours conservés à proximité des pièces

pour sauver le matériel en cas de fléchissement de nos lignes.

Nuit et jour le groupe arrose les ravins de Missy-auxBois, Pernant et Saconin et prend sous son feu les convois ennemis

aperçus au sud de Soissons.

Léost Jean Marie 

Né le 20 Janvier 1892 à Plouguin

Kerhuguellou

Classe 1912 Matricule 2054

Engagé volontaire pour 5 ans le 12 mars 1912

2e Régiment d'Infanterie Coloniale

Soldat

2ème Régiment d’Infanterie Coloniale

Diego Suarez

le 12 Juin 1913

Régiment Mixte Colonial

le 30 Octobre 1914

1er Régiment d’Infanterie Coloniale

le 28 Août 1915

22e Régiment d’Infanterie Coloniale

le 8 Novembre 1916

3e Régiment d’Infanterie Coloniale

le 28 Décembre 1916

Décès le 11 Mai 1918 dans le naufrage

du Sant’Anna au large de Tunis.

Monument aux morts Plouguin

Marine Nationale

Navires de la Grande Guerre

Yves Dufeil – Franck Le Bel – Marc Terraillon

SANT'ANNA 
Croiseur auxiliaire (1915-1918) 
Chantier : Forges et Chantiers de la Méditerranée,

La Seyne sur Mer 
Mis à flot : 1910 
En service : 12/10/1915 
Retiré : 11/05/1918 
 
Caractéristiques : 
9 350 t 
16,5 nds 
 
Observations : 
Paquebot de la Compagnie Fabre

12/10/1915 : réquisitionné ; Méditerranée ;

11/05/1918 : Torpillé par le sous-marin allemand UC54

au large de la Tunisie à 26 miles du Cap Bon.

2025 passagers

  • 184 Annamites

  • 429 Kabyles

  • 574 soldats Sénégalais

  • 9 Grecs

  • 829 Français

120 hommes d’équipage

Total des disparus 605 sur 2145 personnes à bord

Rapport du capitaine du Sant’Anna
 

Quitté Bizerte le 10 Mai 1918 à 18h30 pour Salonique, via Malte.

Navire réquisitionné par le transit maritime et militaire. 
 
L’embarquement des troupes s’est effectué seulement à partir de 16h30, suite à une revue effectuée par le Préfet Maritime (Emile Guépratte).

L’appareillage avait été fixé à 18h30, ce qui n’a pas permis un exercice d’abandon avant de quitter le quai. 
Ont appareillé avant nous SURVEYOR, NORMANDIE, ALCYON et GLYCINE et le convoi pour Gibraltar.  
Nous sommes escortés par deux sloops anglais, CYCLAMEN à droite et VERHENA à gauche. 
En raison de la mauvaise qualité du charbon, des briquettes, le navire crache un énorme panache de fumée noire. 
 
L’attaque par un sous-marin a eu lieu à 03h15 le 11 Mai 1918, par 37°04 N et 11°36 E,

alors que nous faisions une route moyenne au S70E à 14 nœuds.

Explosion à 10 m sur l’arrière de la passerelle, à tribord.

Le navire prend aussitôt de la gîte sur bâbord, puis se redresse, gîte sur tribord et s’enfonce.

Très fort ébranlement, suivi d’une flamme rougeâtre qui s’élève au dessus de la baleinière bâbord.

Le chef mécanicien, Monsieur Ménard, fait fermer les portes étanches.

Le 2e capitaine, Monsieur Canal, m’avise que la cale 2 se remplit rapidement.  
Signaux réglementaires envoyés et appelé aux postes d’abandon. Lancé SOS à trois reprises.


Le navire se dressera et s’enfoncera dans la mer comme une fusée à 03h58.

Pendant ce laps de temps, tous les canaux et radeaux seront mis à l’eau, mais la panique et l’affolement rendra très difficile le sauvetage. 
La nuit est noire.

Les Annamites et les Arabes, surtout, se ruent sur les embarcations, coupent les garants ; beaucoup tombent à la mer et disparaissent. Certains se réfugient sur l’arrière et refusent absolument de quitter le navire. Ils disparaîtront avec lui. 
Tous les papiers secrets sont enfermés dans un coffre en fer fixé à une cloison.

Demandé à Monsieur Héry, 2e lieutenant, de prendre les papiers du bord et de les mettre dans le cartable.
Vers 03h30, l’eau recouvre tout le pont et atteint le spardeck.

Donné l’ordre de "sauve qui peut général" en demandant aux officiers et soldats encore à bord de se munir de leurs brassières de sauvetage.  
Dès le SANT'ANNA disparu, les sloops anglais s’approchent du lieu du naufrage et sauvent quantité de gens qui se débattent au milieu de débris de toutes sortes.

Les embarcations du SANT'ANNA montées par des officiers et des hommes d’équipage continuent à concourir au sauvetage.

Peu de temps après arrive le contre-torpilleur français CATAPULTE, une canonnière anglaise et le chalutier français SAINT JEAN, puis d’autres navires (nota : AUGUSTE LEBLOND et MARGUERITE MARIE).

Il y a beaucoup de fumée due au déclenchement des appareils fumigènes. 
 
Tous les rescapés sont débarqués à Bizerte dans l’après midi. J’ai été recueilli par CYCLAMEN. 
Je rends hommage à la brillante conduite des officiers de mon état-major qui, dans cette terrible catastrophe, ont fait preuve d’un admirable sang froid, d’un grand courage et d’une véritable abnégation.

Certains sont restés jusqu’au dernier moment et ont disparu.

Ce sont Monsieur Ménard, chef mécanicien, Pujol, commissaire et Julien, TSF. 
Je signale aussi la belle conduite du lieutenant Terade, du 2e zouave, qui a pris le commandement de la dernière embarcation,

le canot 7, et a quitté le bord avec 70 personnes.

Conclusions de la Commission d'enquête 
 
La commission d’enquête reprend tous les termes des diverses dépositions.

Elle confirme que le navire s’est enfoncé avec une extraordinaire rapidité.

A tribord, une lame formidable a retourné le radeau auquel se cramponnaient le commandant Marcantetti et le commissaire Pujol.

Celui-ci n’a pas été revu.

A bâbord en revanche, il n’y a pas eu de lame mais une formidable aspiration qui a entraîné la noyade de beaucoup de malheureux. 
Elle signale la conduite formidable du 1er lieutenant Lebrun qui, aidé seulement de quelques garçons, a mis sept canots à la mer,

dont un seul s’est retourné.

Cette merveilleuse réussite a sauvé beaucoup de monde

Sant'Anna chargeant de l'artillerie de campagne au départ de Corfou

Charles de La Roncière et Georges Clerc-Rampal,

"Histoire de la Marine française", Librairie Larousse, Paris, 1934

Léostic Joseph Marie 

Né le 15 Février 1890 à Plouguin

Castellourop

Classe 1910 Matricule 1093

Rappelé à l'activité le 3 Août 1914

132ème Régiment d'Infanterie

Caporal Téléphoniste le 18 Juin 1916

Mort le 13 Octobre 1917

à la Ferme de Panthéon à Pargny Filain (Aisne)

Mort sous l'éboulement de son abri​

Nécropole Nationale de Vauxbuin (Aisne)

Carré B n°659

Mort pour la France

Monument aux morts de Bourg-Blanc

Citation à l'ordre du régiment

du 18 Octobre 1915

"Très dévoué, à toujours montré un mépris absolu du danger pendant l'attaque d'une position.

Le 7 octobre, a suivi l'attaque en déroulant une ligne téléphonique

en terrain découvert sous un feu violent.

A installé un poste dans un trou d'obus à quelques mètres de la ligne de feu

et a assuré la liaison dans ces conditions pendant toute la journée".

Citation à l'ordre du Régiment n°835

du 26 Octobre 1917

Croix de guerre

Historique 132e Régiment d'Infanterie

Le 25 Septembre 1915, le 132e RI est placé en réserve de la 127e D. I.

au moment de l’attaque de Champagne.

Quand le moment est venu d’intervenir, le 27 septembre, le 132e ,

avec sa vigueur habituelle enlève la butte de Souain et la tranchée du Satyre ;

mais il est arrêté devant des fils de fer intacts.

 

Néanmoins, il conserve sa position, repoussant toutes les contre-attaques,

impassible sous un ouragan de mitraille.

 

Sur cette position à partir du 28 septembre, au bois des Cuisines le 2 octobre,

au sud du bois du Sabot le 5 Octobre, au bois P. 15 et P. 16 du 7 au 13 octobre,

il travaille à l’organisation de la ligne, il organise défensivement le terrain conquis

ou progresse à la grenade pour en conquérir un nouveau.

 

Le 13 octobre, les bois P. 15 et P. 16 sont occupés en entier par lui et organisés.

 

Le régiment des Eparges vient d’affirmer sa solidité et sa valeur en Champagne.

Collection Anne Marie Bihan

Léostic Yves Marie 

Né le 9 Décembre 1884 à Plouguin

Castellourop

Classe 1904 Matricule 2260

Caporal en 1906

Rappelé à  l'activité le 2 Août 1914

19e Régiment d'Infanterie

Blessé le 7 Septembre 1914 

à la bataille de la Marne

"Plaie épaule gauche par balle"

122e Régiment d'Infanterie

le 16 Avril 1916

405e Régiment d'Infanterie

le 5 Juillet 1916

239e Régiment d'Infanterie

le 11 Juillet 1916

52 ème Régiment d'Infanterie

6ème Compagnie

le 21 Novembre 1917

Tué à l'ennemi le 4 Mai 1918

au Nord Est de Bailleul

Secteur Locre - Belgique

Mort pour la France

Monument aux morts de Bourg-Blanc

 

Historique du 52e régiment d'infanterie

FLANDRES

(Mai-Juin 1918)

 

Le régiment, après quelques semaines de repos, va mettre en état la défense d'un secteur

en Haute-Alsace (26 janvier 1918, 15 avril 1918).

Mais, fin avril, les Allemands cherchent à gagner Dunkerque.

 

Le 14e C. A. est transporté dans les Flandres, et le 52e prend les lignes devant Locre 

et Bailleul, le 2 mai.

Le 3 mai, réception de l'ordre prescrivant une attaque pour le lendemain matin,

en liaison avec les unités voisines qui prennent également part à l'opération.

 

Les objectifs assignés au régiment comprennent la maison à 500 mètres

à l'ouest de Haegedoorne, Haegedoorne et les maisons situées

entre cette ferme et la ferme Hille Jacques.

 

A 4h 30, le 4 mai, l'attaque est effectuée par cinq sections du 1er bataillon

occupant le quartier de droite et quatre sections du 2e bataillon occupant

le quartier de gauche.

La compagnie de droite du bataillon de droite (1ère compagnie) atteint ses objectifs en liaison avec le 321e R. I.

 

La compagnie de gauche du même bataillon (3e compagnie) ne parvient pas à déboucher sur Haegedoorne

par des mitrailleuses intactes.

 

La compagnie de droite du bataillon de gauche (1e compagnie) est accueillie par des feux violents qui partent des maisons

pour objectifs et restées intactes; elle doit s'arrêter également.

 

La compagnie de gauche du bataillon de gauche (6e compagnie) a pu progresser sans toutefois

pouvoir atteindre complètement ses objectifs.

 

A 9h 45, une forte contre-attaque allemande consécutive à un violent bombardement par obus à gaz, se produit sur la 1ère compagnie, qui subit les plus grandes pertes et dont les débris sont rejetés sur les tranchées de départ.

Le 1er bataillon, très éprouvé est relevé par le 3e.

Collection Anne Marie Bihan

 
 
 
 
 

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

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Dernière mise à jour - Décembre 2021