Escapade 15 000 ans avant notre ère

 

La fin de la "Culture Clovis"

ou

un Plouguinois sur les traces d'une météorite

Jean Jacques Le Lez

Au muséum d'histoire naturelle de New York, nous avons eu l'occasion de voir la météorite en fer du Cap York.

Les esquimaux en faisaient des outils en fer...


Mais on la leur a piquée pour la mettre au musée…

Cette météorite fait partie d'un groupe de météorites identiques de la même région.


Mais où ça devient passionnant, c'est qu'on rapproche

ce groupe d'une jusque-là hypothétique météorite

qui aurait anéanti la mégafaune nord-américaine
et aussi la civilisation de Clovis en Amérique du Nord.
 

Cette civilisation de Clovis taillait le silex comme les hommes du Périgord et on s'est demandé 

s'ils n'étaient pas venus de là (en longeant la calotte de glace qui recouvrait l'Atlantique nord).

La civilisation de Clovis est apparue vers 13 500 avant notre ère, mais l'Amérique était déjà peuplée.

L'analyse ADN des peuples d'Amérique a mis en évidence un haplogroupe particulier que l'on rencontre

aussi en Europe de l'Ouest, mais pas en Asie

Le doute persiste..

Tout cela a été effacé il y a moins de 15 000 ans.

Les recherches sur le terrain ont montré la trace de grands incendies et aussi des micro-diamants

qui prouvent presque la chute d'une météorite.
Mais pas de trace visible de cratère de météorite comme à Météor-Crater plus ancien pourtant :
On évoquait seulement une "pluie de météorites"

 

Les Danois qui possèdent le Groenland ont recherché la trace d'un cratère sous la glace.
Ils en ont trouvé un très grand qui était passé inaperçu sous la banquise.


La première chose est de prouver que l'origine du cratère est la chute d'une comète.

Il n'est pas facile de distinguer un cratère de volcan éteint et celui d'un cataclysme local par météore.
Certains détails permettent de penser au météore, par exemple la présence de petits sommets centraux.


Mais pour en être sûr, il faut des éléments minéraux très précis:
- des cônes de percussion
- et du quartz choqué
2 éléments minéraux qu'on observe uniquement dans les impacts de météorites.

 

Nous avions visité le musée de Rochechouard

(Haute Vienne), consacré à la météorite tombée

là il y a plusieurs dizaines de millions d'années.

Nous avions vu un cône de percussion dans une vitrine.

Il est certain qu'au Groenland,

ces éléments sont inaccessibles, sous la glace.

On donne le nom de brèche à ces curieuses pierres faites de morceaux de toutes formes, de tous types et de toutes tailles inclus dans un "ciment" gris.


C'est typique des cratères d'impact.

À Rochechouard il y en a partout ;

murs, maisons, église, château, dalles et pierres tombales..

 

Le quartz choqué s'observe au microscope.

On regarde les cristaux et on voit qu'ils sont cassés.


Les chercheurs ont donc ramassé des sédiments s'écoulant sous la banquise et drainés vers la mer et là bingo !

Ils ont pu observer les quartz choqués en grandes quantités..

Par ailleurs les analyses montrent la présence d'Iridium qu'on ne trouve pratiquement que dans les météorites.

Les fragments de couches K-T que j'ai recueillis à Bidart (Pyrénées-Atlantiques) contiennent aussi de l'Iridium.
L'Iridium est un élément métallique lourd mais non radio-actif. Numéro 77.

Il reste un élément important, il faut prouver que le cratère est très récent et date bien de l'époque
de la disparition de la culture de Clovis (- 13000 ans).

Ce n'est pas encore fait, mais plusieurs éléments vont dans ce sens.

Un astroblème datant d'hier (seulement 13 000 ans),

un cratère intact sous la glace,
un météore qui a détruit une civilisation, un cratère grand

de 30 km, parmi les plus grands de la Terre (25ième).

 

Tout cela fait du cratère de Hiawatha

quelque chose d'unique.

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

Dernière mise à jour - Novembre 2021