Fenêtres sur le passé

1939

Un avion du Béarn fait un atterrissage forcé
à Pontanézen

Source : La Dépêche de Brest 8 février 1939

 

Le Béarn subit actuellement des réparations et entrera jeudi au bassin de La Ninon.

Ses escadrilles sont provisoirement basées à Guipavas.

 

Hier, Un des appareils de bombardement, le A. B. 2. 4, prenait l'air dans l'après-midi, piloté par le second-maître Bagot, qu'accompagnait le quartier-maitre Augu.

 

Vers 16 h. 30, l'avion survolait Lambézellec.

La pluie tombait, le brouillard était intense, la visibilité très mauvaise.

 

L'appareil volait très bas.

Des témoins qui le suivaient des yeux virent que le pilote cherchait un terrain pour se poser.

 

Mmes Le Coz et Péron, qui habitent des maisons voisines en bordure de la route de Pontanézen, au Grand Kerzu,

non loin du Dourjacq, virent avec effroi, l'appareil se diriger vers leurs immeubles.

 

— Nous sortîmes en toute hâte, nous disent-elles, craignant de voir l'appareil heurter nos maisons.

Il passa en rasant le toit.

Un des aviateurs agitait les bras.

Nous crûmes que l'avion tombait dans le champ en face,

car nous avions entendu les bruits d'un choc et de bois brisé.

 

« Nous courûmes, malgré la boue et les flaques d'eau, dans la terre labourée du champ de M. Jean Calvez,

pour nous porter au secours des aviateurs.

Nous avions été précédés par des hommes qui avaient sauté les fossés des champs voisins pour arriver plus vite.

 

« Nous eûmes l'heureuse surprise de voir, sains et saufs, un quartier-maître, puis un second-maître, sortir de la carlingue.

Ils nous affirmèrent n'avoir aucun mal et allèrent, quand les gardes mobiles arrivèrent,

prendre du vin chaud au débit à côté.

 

« L'appareil avait roulé dans le champ pendant une quarantaine de mètres, mais la roue gauche du train d'atterrissage s'étant détachée, l'appareil piqua du nez et son hélice heurta la terre.

 

Ce récit nous fut confirmé par d'autres témoins.

 

Une auto de la Marine arriva bientôt, avec le capitaine de corvette Corfmat, commandant l'aviation du Béarn ;

le lieutenant de vaisseau Perret et le lieutenant de vaisseau commandant l'escadrille 4 ;

les aviateurs rentrèrent à leur base et des ordres furent donnés au gendarme Lemaître, chef de brigade de Lambézellec par intérim, pour monter la garde toute la nuit auprès de l'appareil endommagé,

en interdisant à quiconque de s'en approcher et de fumer.

 

L'appareil sera enlevé ce matin et une commission sera, comme il est d'usage, nommée pour procéder à une enquête sur cet incident qui, grâce au sang-froid du pilote, n'a heureusement pas eu les conséquences que l'on pouvait redouter.

 

Source : La Dépêche de Brest 10 février 1939

 

Nous avons relaté mercredi dernier, qu'un appareil de bombardement du Béarn, le A. B. 2. 4, avait été obligé d'atterrir dans un champ bordant la route de Pontanézen, au Grand Kerzu, non loin du Dourjacq.

Grâce à l'habileté du pilote victime d'une panne imprévue, l'avion ne fut pas très endommagé.

 

Hier, des marins du Béam procédaient au démontage de l'appareil, avant de le transporter à La Ninon.

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Dernière mise à jour - Décembre 2021