Fenêtres sur le passé

1938

Le vieux Brest
Les ports

Source : La Dépêche de Brest 16 novembre 1938

 

Nous disions, à propos de la création du port de commerce dans l'anse de Porstrein, ce qu'était auparavant l'encombrement à l'embouchure de la Penfeld.

 

Cambry, qui le visitait en 1795, le dépeignait ainsi :

« L'entrée du port de Brest est défendue par le château et par les ouvrages faits sur Recouvrance,

par la batterie de la Pointe et par la batterie qui commande toute la rade.

 

« Après avoir passé la chaine qui se ferme tous les soirs, et qu'une patache surveille,

vous pénétrez dans l'intérieur du port...

 

« Le quai de Brest est large, marchand, presque toujours couvert de vins, d'eau-de-vie,

des objets nécessaires à la consommation ;

on y débarque avec facilité ;

ses cales sont sans cesse obstruées par la quantité d'individus qui traversent de Brest à Recouvrance, de Recouvrance à Brest, au moyen de bateaux mal faits, trop petits, dangereux, mais qu'on est forcé d'employer pour ne pas gêner, par un chaland ou par un pont volant la multitude incroyable de bâtiments qui se rendent en rade ou qui viennent de la rade au port...

« Le port de Brest est un canal fort long, mais trop étroit ;

il peut contenir seize vaisseaux du premier et du second rang, vingt-quatre du troisième, dix du quatrième,

vingt-six brûlots, flûtes et vaisseaux de charge :

En tout soixante-quinze bâtiments sans compter cependant une multitude de corvettes, de chalands, de chaloupes et les mille canots nécessaires au service.

 

« Les bâtiments pressés ne peuvent être déplacés sans des dispositions préliminaires qui demandent un grand travail et toute l'habileté d'un officier de port intelligent ;

dans les temps de grands armements, toutes les passes sont obstruées ;

il règne dans le port un embarras, une confusion, une malpropreté que les temps orageux, que les pluies continuelles augmentent encore.

Les querelles se multiplient sur les cales étroites et serrées.

Les bâtiments pressés se touchent ;

un incendie en dévorerait la presque totalité. »

 

Il est évident qu'un tel entassement de navires, qu'on n'eût pu dégager qu'à grand'peine et très lentement,

eut été catastrophique.

La photo que nous publions, du port marchand de la Penfeld, le démontre bien. 

Cette photo fut prise du pied du château.

On remarque, à droite, la machine à mâter qui fit l'admiration de Cambry:

 

« La machine à mater, belle, élevée, hardie, réformée et réparée par Petit, est un des objets qui vous frappent.

Elle est placée sur le rivage au bas du château, à la tête du quai de Brest.

 

À gauche, c'est le quai Jean Bart avec ses maisons.

 

La deuxième photo, un peu plus récente, a été prise, au contraire face à l'entrée de la Penfeld,

avant la construction du pont tournant.

On remarquera que déjà un pont flottant, qui prit le nom de pont Gueydon, avait été installé pour remplacer les bacs incommodes et incertains qui provoquèrent bien des noyades.

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Dernière mise à jour - Décembre 2021