Fenêtres sur le passé

1937

L'Histoire de l'île d'Ouessant
dans une boite de biscuits

Source : La Dépêche de Brest 10 octobre 1937

 

Depuis Fille d'Ouessant, d'Emile Vedel, Les filles de la pluie, d'André Savignon,

l'île a été maintes fois chantée et romancée.

Mais voici que vient de paraître une première et « vraie » histoire d'Ouessant :

Enez-Eusa, par Noël Spéranze.

 

L'auteur veut bien nous dire, dans sa préface, que c'est dans une vieille boîte à biscuits, à lui confiée,

qu'il trouva les précieux documents rassemblés, il y a de nombreuses années, par un vieil érudit qui termina

ses jours dans le charme, unique au monde, de l'île légendaire.

 

Certes, M. Spéranze, ainsi qu'en témoigne sa bibliographie, a étudié toutes les notices consacrées à Ouessant,

mais n'empêche que sa « Boîte à biscuits », portant l'étiquette :

Madigou Breiz Izel, « Friandises de Basse-Bretagne », nous fait découvrir les friandises de toute l'histoire de l'île.

 

Déjà, en 1683, les 5.000 moutons de l'île sont lâchés le jour de la Saint-Michel et passent l'hiver en liberté.

Anne Malgorn a donné à Paul Fouenant la marque de ses brebis, en récompense d'une partie du service que le dit Fouenant lui a fait et qu'il espère faire encore à l'avenir.

 

La dite marque a dans l'oreille droite deux morceaux coupés dessous et un morceau dessus,

et aussi, dans la dite oreille droite, il y aura deux trous ;

dans l'oreille gauche, il y aura deux autres trous.

 

Cette donation sera pour le dit Fouenant à condition qu'il attrape les moutons

de Anne Malgorn quand ils iront courir et qu'il les remise quand il les attache,

tant que la dite Anne Malgorn sera vivante.

 

Un intéressant chapitre est consacré à l'étymologie du mot Ouessant qui a depuis

si longtemps, tourmenté les chercheurs :

Ouessant, Oissant, Oixant, Heusaff, Eusa ?

Notre historien a trouvé des manuscrits relatifs à la famille noble « Heusaff »,

datant de 1443 et croit pouvoir conclure qu'Heusaff est devenue Eusa,

aujourd'hui, Ouessant.

 

Quelques pages sont consacrées aux complaintes et aux chants, non dépourvus de malice,

que les Ouessantines avaient l'habitude de composer quand un événement important se produisait dans leur île.

 

Puis, c'est l'histoire anecdotique du manoir de Kerezlen, du Vieux Château :

« Ar C'hastel Koz », et de leurs gracieuses légendes, la fameuse révolte de 1711,

des détails pittoresques sur Ouessant, jusqu'à la Révolution.

 

M. Noël Spéranze, pseudonyme d'un de nos aimables fonctionnaires brestois, « un chercheur » de par sa profession

nous révèle, dans son livre, grâce à des documents inédits et puisés aux meilleures sources,

la véritable histoire d'Ouessant, si injustement surnommée « Île de l'Épouvante »,

et qui a conservé jalousement ses traditions ancestrales, entr'autres celle de l'hospitalité.

 

L. D.

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Dernière mise à jour - Décembre 2021