Fenêtres sur le passé

1932

Le Cercle Naval de Brest

Le Mess rend des services très appréciés à de nombreux officiers.

 

On y sert des petits déjeuners, des déjeuners et des dîners.

Le prix des repas principaux est de 7 fr, (boisson non comprise mais café compris).

 

Une quarantaine d'officiers le fréquentent régulièrement.

 

Les chambres sont à des prix variables :

de 12 à 18 francs par jour, suivant leur confort.

Elles sont réservées aux officiers de passage, et elles peuvent être gardées pendant plus d'un mois.

Elles sont toutes munies du chauffage central et d'eau courante, froide et chaude.

Des salles de bains et salles de douches sont aussi à la disposition des occupants.

 

La bibliothèque avec ses 3.000 volumes, ses six grandes Revues est sans doute le service le plus apprécié de tous.

Un bibliothécaire civil en est chargé.

Le Cercle Naval consacre 6.000 francs par an à l'acquisition d'ouvrages nouveaux.

 

Les salles de jeu sont le domaine des joueurs de bridge, des joueurs d'échecs.

Une salle de billard et un jeu de ping-pong complètent les distractions offertes, avec une salle de lecture

où se trouvent les principaux journaux et les revues.

 

Source : Chronique Brestoise avril 1932

 

Le Cercle Naval de Brest

 

Les origines

 

L'immeuble du Cercle Naval (35 place du Château),

était avant la guerre un hôtel particulier appartenant à M. Homo.

En 1917, il fut acheté par un milliardaire américain,

qui servait dans la marine américaine

avec le grade de commander, M. Fodt.

Celui-ci en fit un cercle à l'usage des officiers américains

séjournant à Brest ou y passant.

À la fin des hostilités, le Commander Fodt

voulut donner l'immeuble aux officiers de la Marine française

pour en faire un Cercle Naval.

 

On négocia.

L'affaire était délicate.

M. Fodt, l'amiral Grout et feu Me Bertheau de Chazal, notaire, reconnurent

qu'il était impossible de faire une donation légale

au corps des officiers de Marine.

Celui-ci, en effet, n'a pas la personnalité civile.

La donation fut donc faite à l’État (Ministère de la Marine) sous condition

que l'immeuble serait affecté à l'usage de Cercle Naval pour les officiers de Marine.

 

Les « bénéficiaires » se constituèrent en association régie par la loi de 1901,

pour utiliser et exploiter le Cercle.

 

Mais, en 1926, l'amiral Violette décida la dissolution de l'association et incorpora

le Cercle Naval à l’ensemble des services de la Marine au port de Brest.

 

À l’heure actuelle, il a donc perdu son caractère privé.

 

C’est une institution officielle, dirigée et contrôlée par le Département de la Marine.

 

Les services

 

Le Cercle Naval comprend un mess, une bibliothèque,

des salles de jeu, des chambres pour les officiers de passage.

 

Amiral Grout

Amiral Violette

L'administration

 

Le Cercle Naval est placé sous la présidence d'honneur

du Vice-Amiral Commandant en Chef, Préfet Maritime.

 

Il est dirigé par un conseil d'administration présidé par le Vice-Amiral Grout.

 

L'Ingénieur général Barrachin, Directeur de l'Artillerie Navale

remplit les fonctions de Vice-Président ;

le Commissaire en chef La Porte, celles d'administrateur délégué.

 

Un gérant, choisi parmi les officiers en retraite, est logé au Cercle

et en dirige le personnel.

 

Louis Eugène Barrachin

Celui-ci, à part le restaurateur et le bibliothécaire, est uniquement militaire :

maître d'hôtel et aides de cuisine, qui viennent se former à leur métier avant d'embarquer.

 

Membres et ressources

 

Font partie du Cercle tous les officiers des différents corps de la Marine qui en font la demande.

 

En fait, l’effectif des membres du Cercle comprend environ

350 officiers, tant de l'active qu'en retraite.

 

Les officiers de l'armée peuvent aussi être admis.

 

Les cotisations sont variables :

de 5 à 20 francs par mois, selon le grade.

 

Outre les cotisations des membres, le Cercle est soutenu

par une subvention du Ministère,

et par les arrérages des dons généreux que le Commander Fodt

fit au Cercle pour en faciliter l’entretien et le fonctionnement.

 

Vues d'avenir

 

Ainsi le Cercle Naval de Brest n'a pas coûté un centime à l'État pour sa création, (il n'en est pas de même de celui de Toulon,

créé à renfort de millions).

 

Il faut espérer que le Parlement ne se désintéressera pas toujours du Cercle de Brest.

Sa salle à manger, logée en sous-sol, 

est indigne d'un cercle d'officiers.

 

Une transformation et une extension du Cercle sont à l'étude.

 

Il est indispensable d'avoir une vaste salle qui puisse servir

de salle de conférence, ou de salle de réception

pour les officiers de passage des Marines étrangères.

 

Espérons qu'un avenir prochain apportera ces réalisations

et complétera un établissement,

dont le succès croissant montre la nécessité.

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Dernière mise à jour - Décembre 2021