Fenêtres sur le passé

1899

Le Vieux Brest

Source : La Dépêche de Brest mai 1899

 

Le Vieux Brest

 

J'ai pris connaissance de documents provenant de l'évêché de Quimper ;

ils sont sans date ni signature mais de la main de l'abbé Prudhomme recteur de Saint-Louis de Brest en 1785.

 

Dans l'un, on lit :

État actuel du prieuré de Brest à Brest, à Trenives, à Quilbignon.

 

À Brest, un très grand emplacement vis-à-vis du Château, dont le roi a remboursé 40 toises

pour former le glacis du Château :

ce qui reste du terrain, au prieuré, est mis en perrière, la carrière a été ouverte et rapporte au prieur,

pour ses deux tiers, 60 livres.

 

Le montant du remboursement — ci-dessus placé sur les États, à Rennes — 2/3 — 58 livres.

 

Lorsque le prieuré relevait de l'abbaye de Saint-Mathieu, le prieur et curé primitif percevait deux tiers,

et le vicaire perpétuel l'autre tiers.

 

En 1713, le pape accorda au recteur des Sept-Saints le bénéfice constituant originairement, le vicariat de cette église.

 

Un arrangement ultérieur, dont la date ne m'est pas connue, rétablit le partage de 1687, 2/3 au prieur de Brest

et un tiers au vicaire des Sept-Saints, qui semble avoir repris le titre de vicaire perpétuel.

Abbé Prudhomme

C'est cet état de choses que rappelle une autre note ayant pour titre ;

Partage du prieuré.

 

On voit qu'il existait :

« À l'hôpital général des pauvres », l'emplacement vis-à-vis le Château, séparé de l'hôpital du travers de la rue Du Guay-Trouin,

où sont présentement les perrières du prieur et recteur de Brest,

estimé 90 livres.

 

Le terrain remboursé par le roi, avant 1748, puisqu'à cette époque le glacis commençait à la rue Du Guay-Trouin,

est celui qui avoisine le boulevard Thiers.

 

L'une des perrières pourrait être celle en avant du terrain englobé

dans l'hospice civil en 1783, — longeant la rue Du Guay-Trouin —

une seconde se trouvait vraisemblablement à l'emplacement

de la maison, rue du Château, 48, à peu de distance de la fontaine la Pie

et de la Pierre du Conseil.

Ce qui précède, démontre le mal fondé de la prétention de M. le comte de Langeron, relativement au lot de Siviniant.

 

Ce terrain, vendu avant 1783, n'aurait pu être mentionné dans les documents établissant la propriété du Prieuré,

en 1785, qu'à la condition que le montant de la vente eût été converti en rentes.

 

Le silence fait sur ce terrain est la preuve que le prix de vente a été effectué en valeurs partagées

entre les deux intéressés.

 

Le dossier de l'évêché fait, en outre, connaître que le terroir de Postrein, aujourd'hui en litige

-— état ayant pour titre : Partage du Prieuré, non daté — était estimé une pistole, soit 10 livres.

 

Une délibération de l'assemblée du clergé de France du 3 août 1785, avait statué que les curés des villes

d'un revenu de 700 livres seraient susceptibles d'obtenir une amélioration de traitement.

 

La cure de Saint-Louis de la ville de Brest et Saint-Marc — anciennement Trenives — comptant 15,000 habitants,

non compris les troupes et gens de mer, était d'un revenu net de 1,489 livres, 7 sols, 3 deniers.

Par l'arrangement ci-dessus, disait l'abbé Prudhomme,

le recteur de Saint-Louis aura deux curés à payer à 350 livres chacun, celui de la ville et celui de Saint-Marc,

ce qui réduirait son bénéfice à 789 livres 7 sols 3 deniers, somme à peine suffisante pour lui fournir,

à lui et à son domestique, le pain le plus commun.

 

Il concluait comme suit :

Il est évident que la cure de Brest,

la plus importante du diocèse, a besoin de supplément.

Il y en a un naturel, qui est l'union,

à la cure de Saint-Louis de Brest, du prieuré des Sept-Saints, dans l'enceinte de la ville, à la nomination de l'ordinaire,

dont le curé est titulaire.

 

Quand il n'y aurait pas la raison d'augmenter la cure,

il faudrait toujours faire cette union à raison des prétentions du prieur des Sept-Saints, qui a été, et serait encore,

une source de querelles et de procès entre le prieur et le curé.

 

En ouvrant le registre de la paroisse des Sept-Saints, à la date du 5 avril 1686,

il y aurait trouvé la preuve de l'érection du vicariat de Brest — des Sept-Saints — en rectorat.

 

Le tout approuvé par S. M.,

avec enregistrement au Parlement de Bretagne et signé par l'abbé Roignant, recteur de la ville et paroisse de Brest.

En poursuivant ses recherches,

il aurait également vu qu'à la mort de M. Roignant en 1710,

Michel La Louer, recteur des Sept-Saints,

exposa au pape les nullités essentielles existant dans l'union

et la suppression du titre de vicaire perpétuel,

fit casser cette union et s'attribuer le bénéfice du prieuré.

 

Ce que demandait par conséquent l'abbé Prudhomme

était l'abrogation de la faveur obtenue par Michel La Louer,

et le retour à l'état de choses dont Pierre Le Neboux de la Brosse,

comte de Léon, évêque, enjoignit à l'abbé Roignant, recteur de la ville

et paroisse de Brest, d'y porter estat,

après que le tout serait registré sur le greffe de la cour royale de Brest : ce qui est bien le 5e d'avril 1686.

Pierre Le Neboux de la Brosse,

parfois nommé de la Brousse

Né à Périgueux vers 1633,

Mort à Brest le 18 septembre 1701

Ecclésiastique, abbé commendataire

Évêque de Léon.

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