Fenêtres sur le passé

1899

Un bon apôtre

Source : La Dépêche de Brest 29 juillet 1899

 

Pierre G... vient, d'un ton patelin, raconter au tribunal qu'il est bien innocent du vol de montre qui lui est reproché.

 

« J'étais entré, dit-il, chez Mme Rolland, revendeuse de légumes, 6, impasse Kéravel, pour acheter deux sous de salade.

Il n’y avait personne dans la boutique.

J'aperçus une montre sur la cheminée ; aussitôt, je me dis qu'il y avait une bonne plaisanterie à faire.

Je pris la montre, mais sans intention de voler.

Le lendemain, j'allais reporter le bijou, lorsqu'un agent m'arrêta. »

 

— «  Mais, répond le président, lorsqu'on a un casier comme le vôtre, on ne se livre pas à des plaisanteries de ce genre. »

 

G... a déjà, en effet, encouru tout une série de condamnations pour vol.

 

M. Jacquet, substitut, remet au point l'histoire fantaisiste du bon apôtre, G... fut surpris dans la boutique de Mme Rolland.

Il se garda bien de dire qu'il venait de voler une montre.

Le lendemain, lorsqu'il fut arrêté, il commença par nier s'être emparé du bijou.

La montre ayant été trouvée sur lui, il soutint l'avoir achetée d'un inconnu.

 

G..., voyant son système démasqué, ne souffle mot.

 

Le tribunal se montre néanmoins indulgent, puisqu'il n'inflige que quinze jours de prison.

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Dernière mise à jour - Décembre 2021