Fenêtres sur le passé

1896

La vente du jus de tabac titré

 

Source : La Dépêche de Brest 28 mars 1896

 

La sous-direction des contributions indirectes nous communique la circulaire suivante du directeur départemental,

à Quimper, concernant la vente du jus de tabac titré :

 

Monsieur,

 

Un procédé, récemment découvert par le service technique des manufactures de l'État, permet aujourd'hui

de transformer le jus de tabac en un liquide très riche en nicotine, dosé à un taux fixe, exempt, en outre,

de matières fermentescibles et susceptible, par suite, de se conserver indéfiniment en vase clos.

 

Les résultats obtenus à l'aide de ce liquide en ayant consacré définitivement la valeur,

la vente a été autorisée par décision ministérielle du 8 juillet 1895.

 

Par sa circulaire du 11 mars courant, mon administration m'informe que la vente du jus de tabac titré sera effectuée dans les débits et les entrepôts, où le public pourra se le procurer librement comme le tabac.

 

Le liquida sera logé dans des bidons en fer blanc soudés, munis d'une étiquette portant, avec l'indication sommaire du mode d'emploi, la marque de fabrique de la régie, ainsi que la contenance et le prix des bidons.

 

Les bidons seront vendus à la pièce, d'après le tarif suivant, qui comprend la valeur du récipient :

Bidons de cinq litres, 18 Fr. ;

Un litre, 4 Fr. ;

Demi-litre, 2Fr. 50

 

La mise en vente du jus de tabac titré, dans les entrepôts 

et dans les débits de tabac, constitue une innovation

qui sera certainement accueillie avec faveur. 

 

Elle dispensera les acheteurs des formalités auxquelles

ils ont été astreint jusqu'ici et leur permettra de se procurer

de suite et sans déplacement les produits qui leur seront nécessaires.

 

Il est à remarquer que le jus titré étant très pur et à peine coloré, il n'aura pas, comme les produits mis jusqu'à ce jour à la disposition du public, l'inconvénient d'encrasser les appareils de pulvérisation et de tâcher les fleurs

ainsi que la toison des animaux.

 

En signalant l'apparition du nouveau produit, il convient défaire observer aux consommateurs :

 

1° - Que le jus titré étant cinq ou six fois plus riche en nicotine que les jus ordinaires, il doit être étendu avant l'emploi d'une quantité d'eau beaucoup plus grande ;

la proportion de ce mélange est, du reste, indiquée sur les étiquettes ;

 

2° - Que la manipulation du nouveau produit exige, à raison de son degré de concentration,

plus de soin et d'attention que l'on en apporte d'ordinaire dans le maniement des jus simples ;

qu'il sera bon, notamment, de ne pratiquer de fumigation dans les serres qu'à la fin de la journée

et de se retirer sur-le-champ pour ne pas être incommodé par les vapeurs de la nicotine.

 

Le directeur, ROCHER.

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