Fenêtres sur le passé

1892

Les défenses sous-marines

Source : La Dépêche de Brest 3 mai 1892

 

L'attention du ministre a été attirée sur l’avantage qu’il y aurait à donner à l'instruction du personnel

des défenses mobiles, au point de vue des torpilles automobiles à bord des torpilleurs,

un développement plus considérable et en même temps à en assurer dans les cinq ports la complète uniformité.

 

En conséquence, un nouveau programme d'exercices plus étendu et plus précis vient d'être arrêté.

 

Préoccupé surtout de la pensée de faire des exercices une image aussi fidèle que possible des circonstances

de la guerre, le ministre estime qu’il est très important d’habituer les commandants des torpilleurs

à l'usage du matériel des postes de stationnement échelonnés sur nos côtes.

 

Ce résultat sera obtenu en faisant chaque semestre deux tirs qui auront lieu autant que possible

au cours d’un voyage des torpilleurs hors du port chef-lieu d'arrondissement,

dans une baie convenablement choisie et voisine d'un poste de stationnement.

 

Les torpilles seront préparées par les moyens dont dispose le poste, et les précautions convenables

devront être prises pour diminuer les chances de pertes de ces engins.

Il est à remarquer que ce nouveau programme ne prescrit pas seulement des lancements périodiques dans le voisinage

des postes de torpilleurs, mais aussi l'exécution dans ces postes de toutes les opérations préparatoires de tir,

tels que chargement du réservoir d'air, balancement, immobilisation du gouvernail horizontal, etc.

 

Pendant chaque exercice on devra, pour éviter la perte

des torpilles dans ces tirs exécutés au loin du port chef-lieu, embarquer à bord d'un torpilleur le scaphandre

de la défense mobile.

 

Les sorties d'exercices des bateaux torpilleurs armés auront lieu au moins deux fois par semaine

pour chaque torpilleur armé, au cours de la navigation ;

les commandants devront s'attacher à pratiquer le pilotage des parages qu'ils visitent ;

ils exerceront les patrons et les pilotes à reconnaître et indiquer les amers en vue et les alignements à suivre.

 

La défense mobile de chaque port exécutera par mois au moins deux sorties de nuit, soit d'ensemble,

dirigées par le commandant de la défense mobile et conformément au programme établi à l'avance, soit par groupes.

 

Chaque bateau torpilleur lance-torpilles armé exécutera au moins trois lancements par mois

avec des torpilles automobiles d'exercice ;

ces tirs seront faits en marche ; deux d'entre eux seront faits à grande vitesse sur but mobile.

 

Les tirs semestriels des torpilles de combat peuvent être compris dans le nombre de ces tirs mensuels.

 

Par ces exercices nouveaux, les commandants de torpilleurs se familiariseront avec les éventualités

du temps de guerre.

 

De plus, une fois au moins par trimestre, dans chaque défense mobile, il sera procédé à un exercice

sur un thème combiné, en mettant à la disposition du commandant un bâtiment du port (remorqueur ou autre),

avec l'aide duquel les torpilleurs pourront procéder aux diverses opérations de la guerre maritime, découverte, poursuite, attaque, etc.

 

Le compte rendu de cet exercice, dont le programme, suivant les heures et les saisons, sera réglé de façon

à se rapprocher des conditions réelles du temps de guerre, devra être adressé au ministre sur les rapports mensuels.

 

Le cas échéant, le major général, d’accord avec le directeur des défenses sous-marines, pourra mettre à profit,

soit les sorties de 24 heures des bâtiments en essais, soit l’approche d’un navire se dirigeant vers le port.

 

Ces nouvelles dispositions seront mises en vigueur dès leurs notifications aux ports.

 

Les commandants de torpilleurs devront enfin être fréquemment exercés à l'attaque d’un but mobile, en exécutant des exercices dits de tir simulé, dont les résultats seront consignés dans les rapports mensuels.

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Dernière mise à jour - Juillet 2021