Fenêtres sur le passé

1890

Louise, "Belle de nuit" à Brest

 

Source : La Dépêche de Brest 2 janvier 1890

 

Louise P... exerce la profession de « Belle de nuit ».

Mais elle ne se contente pas d'attirer chez elle, par de savants déhanchements ou par des œillades passionnées les passants

en quête d'un quart d'heure ou d'une nuit d'amour.

Elle dépouille encore ses victimes.

 

Tel le sieur X...

Après avoir vidé la coupe des voluptés, il s'endormit d'un sommeil

assez profond pour permettre à Louise B... d'opérer

dans ses poches de fructueuses fouilles.

Au matin, en s'éveillant, X ... constata en effet que sa montre

et son porte-monnaie avaient disparu.

 

Cette prêtresse de la Vénus tarifée n'en est pas à son coup d'essai,

mais « on ne la prend pas sans vert ».

Elle conteste les antécédents que lui rappelle le président

et répond à l'honorable magistrat :

« Ce n'est pas pour vol que j'ai été condamnée, mais pour doutance de vol. »

 

Cependant le ministère public fournit un autre renseignement.

À Lorient, où elle exerçait précédemment, elle aurait soustrait une bague à un sous-officier.

 

« Si on peut dire, réplique Louise, j'avais placé la bague au mont-de-piété, de crainte de la perdre ! »

 

Toutes ces explications n'empêchent pas l'inculpée d'être condamnée à neuf mois de prison.

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Dernière mise à jour - Décembre 2021