Fenêtres sur le passé

1885

Les militaires et les cafés

Source : Le Petit Brestois août 1885

 

Les militaires et les cafés

 

Nous nous sommes plaints souvent de l'intolérance de certains cafetiers qui interdisent l'entrée

de leur établissement, dans notre ville, aux marins et soldats.

 

Des faits identiques venant de se produire dans un certain café, nous croyons bon d'y revenir.

 

Certes, tout patron d'un établissement est libre d'y recevoir qui il veut,

mais on a coutume de faire cet affront à la personne qui se présente que pour certains motifs.

Ici ce n'est pas le cas,

le motif est aussi catégorique que ridicule

« Je refuse de vous servir parce que vous êtes simple marin. » 

 

Que deviennent donc les immortels principes

qui ont donné l'égalité à tous les hommes ?

 

Il faut que nous ayons, en France, des mœurs

encore bien aristocratiques pour que la présence réelle

ou la future arrivée d'officiers soit une obligation morale

pour le cafetier de ne pas recevoir des gens qui se présentent convenablement,

sous le stupide prétexte qu'il ne sont que de simples militaires.

 

En Prusse, où cependant la discipline est fort rigide, de pareils faits autoritaires ne se reproduisent pas ;

un soldat peut fréquenter tel établissement où se trouvent ses chefs, personne n'y voit rien à dire.

 

Du reste, là comme ailleurs, il doit le respect et la déférence à ses supérieurs.

 

Pourquoi n'en serait-il pas de même en France ?

 

Nos soldats et marins, quel que soit le genre d’éducation qu'ils auront reçu,

seront-ils donc toujours condamnés à ne fréquenter que les caboulots, rien que les caboulots ?

 

Heureusement que ces faits ne se produisent pas dans tous les cafés de Brest, au contraire,

mais cela se pratique dans certains cafés fréquentés spécialement par les officiers.

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

Dernière mise à jour - Décembre 2021