Fenêtres sur le passé

1882

Les rats à Clohars-Carnoët

Source : Le Finistère mai 1882

 

Clohars-Carnoët

 

Le pilote de la pointe du Pouldu, M. Jacob, vient de perdre son enfant, âgé de deux mois, d'une façon étrange.

 

Le pauvre petit être a été rongé dans son berceau par les rats.

 

Dans la nuit de lundi à mardi, l'enfant reposait comme de coutume, dans son berceau, près du lit de ses parents.

Vers 5 heures du malin, Mme Jacob, qui était levée depuis un instant, étonnée de ne pas entendre l'enfant,

vint à lui et souleva le voile qui lui abritait le visage.

 

Aussitôt elle poussa un cri déchirant.

 

Son mari accourut et vit un spectacle affreux.

 

La tête du petit était criblée de trous autour desquels

on reconnaissait les traces de la dent des rats.

Le front portait dix de ces trous de largeurs diverses

et creusés jusqu'à l'os.

La partie inférieure du nez était également rongée.

 

La maison du malheureux pilote est un repaire de rats d'eau.

Linges, meubles, comestibles, chandelles, tout porte des traces de leurs continuelles visites.

 

Le rocher au pied de la maison est criblé d'ouvertures qui leur servent de refuge.

 

Il ne se passe pas de nuit où les époux Jacob ne soient réveillés par ces animaux et ne sentent leur contact.

 

Cette maisonnette est absolument inhabitable.

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

Dernière mise à jour - Décembre 2021