Fenêtres sur le passé

1881

L'exposition annuelle de peinture à Paris

Source : Le Finistère mai 1881

 

L'Exposition annuelle de peinture à Paris

 

L'Exposition annuelle de peinture s'ouvre en ce moment à Paris.

Comme à l'ordinaire, la Bretagne y sera sans doute largement représentée,

aussi bien par les peintres déjà nombreux auxquels elle a donné naissance

que par les artistes qui viennent chaque année, par volées joyeuses,

se répandre dans nos campagnes et sur les côtes de notre Océan breton.

La colonie artistique de Concarneau, on peut l'affirmer dès à présent,

aura au Salon de peinture une place digne de son passé.

Émile Renouf

Il m'a été donné de voir, notamment,

un tableau qui m'a laissé une impression profonde : c'est celui de M. Renouf, portant pour titre :

Un coup de main.

 

Le nom de M. Renouf n'est désormais inconnu

à personne dans notre pays ;

le Finistère a parlé, avec l'admiration qu'il méritait,

de son tableau de l'année dernière,

La Veuve de l'île de Sein, qui a valu à son auteur

une des médailles du Salon,

et que la ville de Quimper a eu la bonne idée d'acquérir pour son Musée, où II figure aujourd'hui.

 

Rien de plus simple, de plus naturel, et en même temps de plus saisissant que la nouvelle œuvre de M. Renouf.

 

Dans l'intérieur d'un bateau qui vient de déposer sur la cale le produit de sa pêche,

sont assis un marin et sa petite-fille ;

encore quelques coups d'aviron, et l'on aura regagné le logis où sans doute la mère attend.

Le père pousse à l'aviron ; l'enfant, pour l'aider, y appuie de ses petites mains.

 

Tout l'intérêt de la composition est dans le contraste de ces deux figures, également vivantes.

C'est plaisir de voir un sourire intérieur éclairer la face parcheminée du vieux marin,

et son regard se reposer avec attendrissement sur cette tête blonde qui lui appartient ;

il rame d'une main distraite, tout entier livré aux impressions,

et qui sait aux pensées d'avenir que peut suggérer l'orgueil paternel.

À ses côtés, la petite, toute droite et les yeux fixés devant elle,

ne pense assurément à rien autre chose qu'à l'importance de la fonction qu'elle remplit ;

dans un effort où elle met visiblement tout ce que ses muscles frêles peuvent donner de force, son visage se contracte

et arrive presque à l'effet comique, à force de gravité.

 

Tel est ce tableau ; du moins c'est ainsi que je l'ai vu.

Je ne dirai rien de l'exécution, sinon qu'elle reproduit les qualités connues

de M. Renouf, la justesse des tons, la sûreté de la perspective,

et cette puissance si étonnante de relief

qui semble appartenir en propre à son talent.

 

L'ensemble du tableau donne une note claire, éclatante même,

qui forcera le regard et ne permettra à aucun visiteur du Salon

d'échapper à son attraction.

Comme suite naturelle à l'article qui précède, nous réunissons ci-après à la hâte quelques titres de tableaux inspirés

par un sujet breton, et qui viennent d'être plus particulièrement remarqués à l'ouverture du Salon de 1881 :

 

Camille Bernier. — La lande de Kerrenic.

Émile Vernier. — La Récolte du varech à Concarneau.

Emmanuel Lansyer. — La fin d'une tempête (baie de Douarnenez).

Émile Renouf. — Après un coup de vent.

Demont. — Landes du Finistère.

Mme La Villette. — Marée montante à Port-Louis.

Mosler. — Retour de la pêche aux crevettes.

Camille Bernier. — La lande de Kerrenic.

Émile Vernier.

La Récolte du varech à Concarneau.

Mme La Villette.

Marée montante à Port-Louis.

Mosler. — Retour de la pêche aux crevettes.

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

Dernière mise à jour - Décembre 2021