Fenêtres sur le passé

1871

Les Communards à Brest

Source : L’Électeur du Finistère

 

Samedi 8 avril 1871

 

La nuit dernière, 650 prisonniers insurgés sont arrivés

dans notre ville par un train spécial qui a continué

sur la voie ferrée de la marine jusqu'au port militaire,

où les prisonniers ont été immédiatement embarqués

sur des canonnières qui les ont transportés à Quélern.

 

Combien nous eussions été plus heureux, si un pareil convoi

de prussiens nous fût arrivé pendant la guerre contre Guillaume !

 

Jeudi 13 avril 1871

 

La fabrication de cartouches a repris au château de Brest

depuis quelques jours.

Triste effet de nos guerres civiles.

 

Mardi 18 avril 1871

 

On nous apprend que le fusil Chassepot a fait encore ses farces, cette fois malheureusement la farce a été lugubre,

et l'imprudence suivie de deuil.

 

Hier matin, un des soldats qui gardent les prisonniers à Quélern aurait été tué raide par son caporal, au moment

où ce dernier voulait retirer la cartouche de son fusil.

 

Jeudi 1 juin 1871

 

Deux groupes de pontons sont déjà mouillés sur notre rade :

Le premier groupe, à Trébéron est composé des vaisseaux

la Ville-de-Bordeaux bâtiment central,

des vaisseaux le Napoléon et l’Austerlitz et du transport l’Yonne.

 

Le deuxième groupe, mouillé près de la Bretagne,

comprend les vaisseaux le Fontenoy bâtiment central,

les transports l’Aube, la Marne et l’Hermione.

 

On arme activement les pontons du troisième groupe

et la frégate-hôpital la Renommée, en vue de l'insuffisance présumée de l’hôpital de l'île de Trébéron.

 

M. le capitaine de vaisseau Bréart, commandera les trois groupes, et arborera son pavillon sur le vaisseau le Fontenoy.

 

Le Bougainville, le Souffleur et l’Adonis

sont chargés de la surveillance.

 

Samedi 17 juin

 

L'autorité maritime s'est à juste titre émue des graves inconvénients qui pourraient résulter de l’encombrement

de personnel sur les bâtiments-pontons.

 

Une commission a été nommée afin de rechercher les moyens

les plus efficaces pour préserver les prisonniers

d'une épidémie probable, dans les conditions existantes.

 

À la suite du rapport de cette commission d'hygiène, rapport, paraît-il, promptement et humainement établi,

un bien-être relatif a pu être donné à ces malheureux arrivés

à peine vêtus de Versailles.

 

Déjà leur installation à bord avait été réglée le mieux possible ;

leur nourriture vient d'être bien réglementée.

 

De nombreux vêtements en grand approvisionnement

ont pu leur être destinés.

 

Il est consolant de voir que chez nous l’humanité

prend toujours rapidement sa place.

Fort de Quélern

Fusil Chassepot

Île de Trébéron

La Bretagne

Le Bougainville

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Dernière mise à jour - Décembre 2021