Fenêtres sur le passé

1870 Novembre

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Chronique de guerre dans le Finistère

Source : L'Électeur du Finistère novembre 1870

Samedi 12 novembre

 

Aux Instituteurs

 

La patrie est en danger !

 

Des hordes Teutoniques se ruent sur notre belle France.

 

Elles ont juré son morcellement et son anéantissement comme nation.

 

N'entendez-vous pas les gémissements de nos compatriotes de l'Est.

 

Laisserons-nous enlever leurs bestiaux, piller leurs récoltes, saccager leurs villes, anéantir leurs propriétés ?

 

Verrons-nous froidement massacrer leurs mères, leurs femmes et leurs enfants !

 

Debout amis, debout...

 

Courons sus à ces ennemis implacables.

 

À vous instituteurs d'enflammer les cœurs, d'armer ces bras vigoureux habitués à tordre le fer,

à ouvrir le sein de la terre.

 

Est-ce qu'aucune troupe pourrait résister à une armée de Bretons volant au secours de leurs frères ?

 

Vos anciens élèves ne sont-ils pas les descendants de ces Gaulois qui ne craignaient rien, si ce n'est la chute du ciel ?

 

Déjà nos mobiles bretons se distinguent dans l'armée par un courage indomptable, une discipline sévère,

une conduite irréprochable.

 

 Votre devoir est de faire comprendre autour de vous que la guerre actuelle est une guerre sainte.

 

Dieu le veut, disaient nos pères.

 

Dieu veut aussi l'expulsion de l'ennemi du territoire de France.

Dites aux jeunes hommes ce que les vénérables recteurs de Lampaul et de Brélès viennent de faire.

Ces deux respectables ecclésiastiques,

outre des dons personnels relativement importants

se sont associés au mouvement patriotique de la façon

la plus honorable.

 

Le 5 du courant, dit l’0céan de mercredi,

les mobilisés des communes de Lampaul, Lanildut, Brélès, Larret et Porspoder se sont réunis en armes

dans la charmante église de Brèles pour assister

à une messe militaire dite à leur intention.

Honneur à MM. les curés de Lampaul et de Brélès, honneur à ces braves mobiles qui ont conservé leur foi,

ils savent qu'ils combattront sous l'œil de Dieu, ils ne seront que plus intrépides au combat.

 

 On dit que la cavalerie fait, défaut à notre armée pour faire les reconnaissances à l'imitation des uhlans.

 

Ne serait-il pas possible d'équiper quelques cavaliers chez vous.

 

Les chevaux ne manquent pas dans notre vaste département et tous nos cultivateurs savent panser

et manier un cheval depuis leur enfance.

 

Nous ne mettons pas en doute qu'un cultivateur bien-pensant au moins par paroisse aura assez de patriotisme

pour mettre une monture légère au service de la nation.

 

Que serait-ce, grand Dieu, si nous laissions les Prussiens venir ravager notre sol et y mettre tout à feu et à sang.

 

Voyez si cette idée ou d'autres meilleures sont réalisables dans votre commune.

 

Ne vous donnez aucune trêve pendant ces jours néfastes.

 

Imitez M. de PouIpiquet de Brest dont le zèle patriotique infatigable envoie chaque jour quelques défenseurs

de plus à notre armée.

 

Comme lui, visitez les personnes influentes, le maire, le curé, les conseillers municipaux,

les dames riches au cœur généreux ; réunissez le soir les hommes dans votre classe.

 

Lisez-leur les magnifiques proclamations du gouvernement de la défense nationale.

 

Traduisez ces admirables documents dans cette belle langue si énergique.

 

Leur traduction mieux comprise enthousiasmera votre auditoire, et vous aurez bien mérité de la patrie.

 

Ni zo bepret bretonnet tud kalet.

Harpomp oc'h adversourien bro c'hall.

Bili skan an aod avez bemdez ruillet hac diruillet gant ar mor ;

Reïer an Arvor a zalc'h stard meur a vill bloas so ouz barrou krissa.

Greomp vell reïer bras an Arvor.

 

Le président de la Société des Instituteurs.

 

Auguste Perron. (*)

Officier d'Académie.

                                                 

(*) Auguste Perron.

Né le 17 février 1816 à Plougastel-Daoulas (Finistère), mort en 1879 ;

Instituteur communal à Brest.

Auguste Perron dirigea l’école d’enseignement mutuel de Montlouet, en centre-ville.

Cette école accueillit les enfants des quartiers très populaires de la ville.

Auguste Perron fut décoré officier d’académie.

Veuf, il épousa en août 1854, Marie Audemar, institutrice à Brest.

Il fut le premier président de la société des instituteurs et institutrices du Finistère,

première société de secours mutuel en France, dans le champ de l’enseignement.

 

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Une Panique à Brest

 

Le feu à la poudrière !

 

Ce cri proféré hier matin à 8 heures dans les rues de notre ville

et répété à toutes les portes par des voix que la peur étranglait,

n'a pas tardé à jeter la terreur dans notre population.

 

À tous les étages, les persiennes sont ramenées sur les croisées,

les boutiques rentrent en toute hâte leur étalage ;

et au milieu d'un bruit confus de pleurs et de paroles précipitées, on distingue le retentissement des portes

qui se ferment violemment, et déjà même les éclats stridents

de quelque crise de nerfs féminine.

Nous entendons dire que l'incendie est le résultat d'une trahison prussienne, que Brest est perdu,

que la ville va sauter, etc., etc.

 

Une foule affolée encombre les rues ; nous nous joignons à elle, attiré vers le lieu du sinistre par notre double devoir de citoyen et de reporter ; mais bientôt nous nous trouvons seul dans la direction de la Poudrière du Cours-d'Ajot

que de faux renseignements nous avait indiquée comme étant la proie des flammes.

 

Quant à la foule elle continuait sa fuite en dehors des portes, et nous remarquons parmi les fuyards beaucoup de femmes et d'enfants, ce qui est très compréhensible, des pères et des maris accompagnateurs, ce qui peut encore s'expliquer.

 

Mais nous voyons aussi des uniformes s'éloignant rapidement du danger, et ceci nous semble un peu raide.

 

À la poudrière du Cours-d'Ajot on nous apprend que c'est au Château que le feu s'est déclaré ;

nous nous y rendons sans retard, et quand nous pouvons loucher du doigt le danger,

nous nous étonnons à juste titre de son immense disproportion avec les craintes qu'il a suscitées.

 

Le feu n'avait jamais menacé la poudrière, tout s'était borné à l'explosion à la fabrique de cartouches,

de cinq ou six kilogrammes de poudre tout au plus, explosion qui avait déterminé un léger incendie dont s'étaient rendus maîtres immédiatement nos braves pompiers aidés d'une compagnie de marins et de gardes nationaux.

 

Voici comment ont été expliqués les résultats douloureux de cet accident,

qui malgré son peu d'importance n'a pas laissé malheureusement que de faire de nombreuses victimes.

 

La fabrique de cartouches qui emploie quatre ou cinq cents ouvrières, se compose d'un rez-de-chaussée

et d'un premier étage communiquant entre eux par un escalier à chaque extrémité

et une trappe au milieu pour la descente ou la montée des colis.

 

Dans l'atelier du rez-de-chaussée se trouve une baraque en bois qui isole complètement de leurs compagnes

les ouvrières chargées du soin de verser la poudre dans les cartouches.

 

C'est dans cette baraque que l'explosion a eu lieu, déterminée par une cause qui est encore restée inconnue.

 

Les ouvrières qui s'y trouvaient ont été gravement brûlées, ainsi que la plupart de celles qui dans l'atelier

du rez-de-chaussée manipulaient des cartouches déjà chargées.

 

Mais au 1er étage, la panique a fait plus de mal que l'explosion au rez-de-chaussée.

 

Renversées de leurs bancs par la commotion de l'air, entourées au même instant de l'épaisse fumée qui venait d'en bas, les malheureuses femmes qui travaillaient dans l'atelier supérieur, affolées, inconscientes de leur action pour la plupart, se sont précipitées par les fenêtres, au risque de se casser bras et jambes.

 

Le nombre des blessées est d'une quarantaine.

 

Toutes ont reçu des soins empressés de M.M. les médecins de la marine et médecins civils qui étaient accourus

sur les lieux du Sinistre offrir le secours de leur ministère.

 

Après un premier pansement, elles étaient emportées une à une à l'hôpital.

 

Au moment où nous écrivons, on a déjà la douleur de compter plusieurs morts.

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Les deux ballons arrivés récemment de Paris étaient montés

par deux matelots du Finistère, Leylanne et Le Guenneuc,

élèves aéronautes de M. Godard.

 

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Le comité de secours aux blessés de Bordeaux vient de faire,

au comité de Brest, le don gracieux de quatre barriques de vin rouge et d'un fût de cognac.

 

En transmettant ses remerciements aux membres du comité de Bordeaux, le comité de Brest veut aussi témoigner toute sa gratitude

à MM. Chevillotte frères qui n’ont rien voulu recevoir pour le fret

de cet envoi, à l'administration municipale et à celle des contributions

qui l'ont aussi exonéré de tous droits.

Le comité de Brest certain de l'approbation de tous les donateurs,

en venant au secours des victimes de l'accident du Château,

que l'on peut considérer comme des blessés de la guerre,

verse aujourd'hui en leur faveur une partie de la somme économisée grâce à la bienveillance de MM. Chevillotte et de l'administration.

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Dimanche, à midi et demi, 50 canonniers de la marine

et 45 fusiliers brevetés, sous les ordre s de M. Billard,

lieutenant de vaisseau, sont partis par un train spécial

pour Orléans.

 

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Dimanche dernier, un bataillon de gardes nationaux mobilisés

sous le commandement de M. Collas, a quitté Landerneau,

à trois heures de l'après-midi, pour le camp de Conlie.

 

Jean Charles Chevilotte,

né le 3 février 1838 à Brest,

mort le 6 mai 1914 à Monte-Carlo,

est un armateur et homme politique français

(député du Finistère entre 1885 et 1889) .

Il a développé les lignes commerciales maritimes

à partir de Brest.

Catholique fervent, il est aussi à l'origine

de la création des « écoles libres »

(écoles privées catholiques)

et de l'école d'agriculture du Nivot à Lopérec (Finistère).

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Le trois-mâts prussien « Vilberforce », capitaine Budman, capturé le 19 octobre dernier par la frégate à voile la Sibylle, par 40° longitude O. et  10° latitude a mouillé sur rade le 12 courant, à 4 heures du soir.

 

Ce bâtiment était conduit par M. Biard, enseigne de vaisseau de la Sibylle.

 

Cet officier avait sous ses ordres 17 marins de l'État et 9 hommes de l'équipage dudit navire prussien.

 

Ce trois-mâts de 1,034 tonneaux allait d'Akyab (Birmanie) à Falmouth avec un chargement de riz.

 

Le « Wilberforce » a été rentré dans le port de guerre le 12 à 1 h. 1/2 du soir, remorqué par un vapeur du Port.

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La compagnie des francs-tireurs Morlaisiens, sous le commandement du capitaine Vichot a quitté Morlaix

la semaine dernière se rendant à.... sa destination.

 

Une quête faite par les gardes nationaux de Morlaix avait rapporté une somme de 270 francs destinés

à faire face aux besoins imprévus des francs-tireurs en cours de campagne.

 

Mais à son départ la compagnie tout en remerciant les souscripteurs de leur patriotique intention,

a fait abandon de la somme en faveur des familles de la ville devenues nécessiteuses par suite de l'état de guerre.

 

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Jeudi 17 novembre

 

Aujourd'hui à 5 heures le colonel Royer, commandant la légion des gardes nationaux mobilisés de l'arrondissement

de Brest, le drapeau de la légion, l'état-major et un bataillon quittent Brest pour le camp de Conlie.

 

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Dans une lettre adressée à un de nos compatriotes par un garde mobile du Finistère en ce moment

à Poutgouin (Eure-et-Loir), nous remarquons les lignes suivantes qui méritent l'attention des autorités

et appellent la sollicitude des citoyens :

 

Ma compagnie, comme toutes les autres d'ailleurs, manque de capotes et les hommes n'ont pas très chaud

par ces temps de neige et de pluie.

 

Je crois qu'il serait possible de faire ce que nous faisions en Amérique, on provoquerait une souscription pour acheter de vieilles capotes d'infanterie ou des vieux paletots et on pourrait nous les expédier.

 

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Armée de Bretagne.

 

Le Préfet du Finistère fait appel aux gardes nationaux mobilisés ayant servi dans l'artillerie.

 

Ils seront affectés au service des batteries en cours d'organisation dans les départements.

 

Ils devront s'inscrire dans les sous-préfectures.

 

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Génie

 

Les ouvriers d'état, maçons, tailleurs de pierre, charpentiers, menuisiers, forgerons, serruriers, charrons, zingueurs, etc., qui, mobilisés dans la catégorie de 30 à 35 ans, voudraient faire partie d'une compagnie du génie,

sont invités à se faire inscrire, tous les jours de 11 heures 1/2 à midi 1/2,

chez M. Alfred Marie, ingénieur civil (Place du Château 5, 2e étage),

qui est autorisé par M. le colonel du génie de l'armée de Bretagne et M. le sous-préfet de Brest

à former une compagnie d'ouvriers d'état de 60 hommes.

 

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L'imprimerie Gadreau vient d'éditer au prix de 25 centimes,

une « Théorie Militaire » à l'usage des gardes nationaux mobiles

et sédentaires.

 

Ce livre expose d'une façon claire, précise,

ce que tout homme valide doit savoir dans le plus bref délai.

 

Il comprend :

La Théorie du fusil Chassepot,

La Théorie du fusil à percussion,

La Théorie du fusil à tabatière, qu'on avait de la peine à trouver jusqu'ici, bien qu'il soit essentiel de la connaitre.

 

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On annonce qu'une partie des navires de l'escadre cuirassée actuellement à Cherbourg viendrait désarmer à Brest,

et que les équipages de ces navires serviraient à former de nouveaux bataillons de marche de marins.

 

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Le trois-mâts prussien Magdeleine, capitaine Kenke, de 1291 tonneaux, a mouillé sur rade aujourd'hui 17 à 4 h.

du matin, conduit par M. Guillaume, enseigne de vaisseau, du navire de l'État d'Estaing.

 

Cet officier a sous ses ordres 11 marins de l'État et 5 hommes de l'équipage dudit navire prussien.

 

Ce bâtiment qui a été capture par le d'Estaing, le 17 octobre dernier, allait de New-York à Brème, avec un chargement d'huile de pétrole.

 

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Envois d'argent aux prisonniers français.

 

Par suite d'un arrangement entre l’administration française et l'Office de Belgique, le public peut,

à partir du 11 novembre courant, expédier des sommes d'argent aux militaires français internés en Allemagne

par l’intermédiaire de la poste française et de la poste belge, et moyennant le simple droit belge de 10 cent, par 10 fr. ou fraction de 10 fr.

 

Ces fonds seront transmis par la poste française en mandats à l'adresse du percepteur des postes à Bruxelles,

qui se paiera à lui-même ces mandats et les convertira en titres belges-allemands au profit des ayants-droit,

en ne retenant que le droit allemand de 25 cent par 25 thalers (92 fr. 50) ou fraction de 25 thalers.

 

Le public n'en continuera pas moins à pouvoir envoyer des secours pécuniaires aux prisonniers de guerre français

en Allemagne, par la voie de Bâle (Suisse), dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui.

 

Mais comme les frais de réexpédition de Bruxelles présentent, au profit de nos soldats captifs,

une économie de 50 % sur les frais de réexpédition de Bâle les bureaux de poste français ne dirigeront sur Bâle

les envois d'argent dont il s'agit que sur la demande expresse des envoyeurs.

 

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L'armée de Bretagne recevra du port de Brest le matériel nécessaire à ses ambulances.

 

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Les francs-tireurs du Canton de Lannilis

 

On sait quels services importants rendent au pays tous les corps francs, composés de chasseurs, de tireurs habiles, d'hommes habitués à braver les fatigues et les dangers.

 

Nous croyons qu'il eût été possible de créer dans l’arrondissement

de Brest plusieurs de ces compagnies d'éclaireurs si utiles ;

pourquoi n'avoir pas insisté ?

 

Celle du canton de Lannilis, la seule qui existe, est une véritable compagnie modèle sous tous les rapports ;

elle était prête à se former avant la mobilisation de la garde sédentaire ; ses hommes s'exerçaient au tir à longue portée,

fondant eux-mêmes leurs balles ;

la discipline la mieux entendue s'établissait sous la direction du digne

et du brave capitaine Duplessi, dont les fils, eux aussi des Français d'élite et de cœur, se dévouent depuis longtemps pour le salut de la Patrie.

 

Nous avons vu manœuvrer cette Compagnie ; nous avons été témoin de son ardeur patriotique,

au moment de l'enrôlement ; nous sommes sur qu'elle fera le plus grand honneur à l'Arrondissement.

 

Aussi, avant son très prochain départ pour le camp de Conlie, voudrions-nous voir s'augmenter un peu son effectif

qui est actuellement de quatre-vingts hommes.

 

Nous le voudrions de cent, selon l'autorisation donnée par M. le Général en Chef de l’Armée de Bretagne.

 

M. le capitaine Duplessi serait heureux d’accueillir au nombre de ses francs-tireurs quelques citoyens

des autres cantons, nos voisins voir de la ville de Brest ;

il ne demande qu'une conduite sans reproche, de la bonne volonté, beaucoup de dévouement

et le patriotisme le plus absolu.

 

Les enrôlements seront reçus jusqu’à lundi chez M. Tritschler (*), membre des comités de défense.

(*)Joseph Victor Édouard Tritschler

1er octobre 1815 à Lorient, France - 3 août 1879 à Brest Recouvrance, Entrepreneur français.

Issu d'une famille originaire de Saverne, Joseph Tritschler,

entrepreneur brestois, a marqué de son empreinte le port de Brest.

En 1843, il commença à œuvrer autour du projet de pont entre Brest

et Recouvrance et présenta lui-même un projet de pont ouvrant à grande arche.

Bien que soutenu par le conseil municipal,

ce fut le projet de Nicolas Cadiat et Alphonse Oudry

qui fut retenu par le Conseil général des ponts et chaussées en 1855.

43 rue Vauban domicile M. Trischler

En tant que membre du conseil municipal, il participe au vote du 24 août 1859 qui entérine les travaux de construction

d'un port de commerce dans l'anse de Porstrein, sous les remparts de Brest, puis se voit attribuée

par le ministre des travaux publics le 22 octobre 1867 l'autorisation de créer sur les nouveaux terre-pleins

du port des bassins de radoub et des cales de carénage et de construction.

En tant qu'entrepreneur, il travailla à l'édification du phare de Créac'h à Ouessant entre 1860 et 1863.

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Envoi du Comité de la rue de la Rampe à Brest, présidé par M. Brousmiche (*),

à l'armée de Bretagne, au camp de Conlie.

Quatre caisses contenant 200 kilos de linge disposé en bandes, compresses et charpie.

516 chemises.

28 caleçons.

46 gilets en laine et flanelle.

9 Gilets en coton.

50 Mouchoirs et cravates.

90 Paires de chaussettes en laine et en coton.

3 Paires de bas en laine.

33 Bonnets en coton.

12 Couvertures en laine.

6 Draps.

2 Paires de souliers.

Paquet de flanelle.

100 Paillasses neuves.

100 Oreillers neufs.

 

(*) Édouard Jean-Baptiste Jacques Philippe Brousmiche

(Brest 30 août 1810- 20 février 1894),chirurgien de 3ème cl en 1832, chirurgien principal en 1856 , Commandeur de la Légion d'Honneur en 1871, directeur des ambulances de la société de secours aux blessés de Brest en 1870.

 

 

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Samedi 26 novembre

 

VILLE DE BREST

 

Le Maire de Brest, fort des sentiments patriotiques que montrent, dans toutes les circonstances se rattachant à la défense du pays, les habitants de la ville, fait un nouvel appel à leur charité,

dans le but d'envoyer au Camp de Conlie tous les objets

qu'ils voudront bien lui faire parvenir à la Mairie,

pour être distribués entre les mobilisés de la Ville.

 

Le Maire espère que son appel sera accueilli avec enthousiasme par ses concitoyens

et que tous tiendront à honneur de participer par leurs offrandes à améliorer le sort de nos chers mobilisés

parmi lesquels nous comptons tous des parents, des amis, des frères.

 

S'adressant en particulier aux dames de la Ville dont le dévouement et la charité sont inépuisables, le Maire les invite, à l’exemple des dames des autres grandes villes de la Bretagne à tricoter sans relâche des gilets et des bas de laine, objets qui font le plus défaut.

 

N'oublions pas que le temps presse et que chaque jour de retard peut, vu les intempéries de la saison dans laquelle nous entrons, causer dans les rangs de nos braves compatriotes des ravages affreux

qui seraient le résultat de notre négligence.

 

Courage donc et venons tous en masse offrir notre superflu aux soldats de la République.

 

Les offrandes seront reçues à la Mairie, tous les jours de 9 heures du matin à 4 heures du soir.

 

Brest, en Mairie, le 24 novembre 1870.

 

Le Maire de Brest,

 

LEMONNIER.

 

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Mardi 29 novembre

 

Armée de Bretagne

 

Compagnie d'Ouvriers du Génie.

 

M. Alfred Marie, ingénieur civil à Brest rappelle aux ouvriers, manœuvres, terrassiers, charpentiers,  forgerons, etc.,

qui mobilisés par le décret du  2 novembre voudraient faire partie d'une compagnie du génie,

peuvent se faire inscrire tous les jours de une heure à deux heures, place du Château, 5 au 2e étage,

ou au bureau du secrétaire en chef de la sous-préfecture.

 

Les ouvriers du génie reçoivent une haute paye de 50 centimes par journée de travail.

 

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L'exportation des œufs et du beurre salé est prohibée sur toute l'étendue des frontières de la République.

 

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Dernière mise à jour - Décembre 2021