Fenêtres sur le passé

1870 Août

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Chronique de guerre dans le Finistère

Source : L’Électeur du Finistère août 1870

Lundi 22 août 1870

 

Nouvelles maritimes

 

Brest

 

Samedi les batteries flottantes l’Implacable, l’Opiniâtre,  l’Arrogante ont croisé au large.

Aujourd’hui, ce sont les cuirassés Armide (corvette) ) et Onondaga (monitor) qui continuent cette surveillance active de nos côtes protégées par les forts tous armés de pièces du plus gros calibre.

 

Le nombre de canons de 27 sera de 12 pour chacun d'eux,

en dehors des canons d'un calibre intérieur.

 

On parlait hier de la formation de batteries de marins pour la défense de ces forts, en remplacement de batteries d'artillerie de marine,

qui seraient appelées à rejoindre le régiment de la Manche

à l'armée du Rhin.

Cuirassé Armide

Mais ces batteries ne seront formées qu'après le départ, pour Paris, des quatrièmes bataillons de matelots, dont la première compagnie.

 

Le 19e régiment, capitaine Dorlodot-Dessart, est en partance.

 

Au fur et à mesure des arrivées d'anciens marins de 25 à 35 ans,

on organisera de nouvelles compagnies ; la 20e est presque organisée, et tout porte à croire que le 4e bataillon aura son effectif complet pour mercredi ou jeudi.

 

Des officiers de la division, des mouvements du port, du Dayot

et de la majorité seront, dit-on, attachés à ce bataillon,

qui comprendra d'anciens serviteurs pour la plupart brevetés canonniers ou fusiliers.

Cuirassé Onondaga

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On évalue à plus de 6.000 hommes le nombre des marins et des soldats de marine de 25 à 35 ans,

et non mariés, ralliant Brest en vertu de la loi du 10 août.

 

Ajoutant à ces 6.000 hommes les 3.500 gardes mobiles, les 2.000 matelots de marine et les 1.000  soldats

du recrutement de 1869, on a un effectif de plus de 12,000 hommes présents actuellement au port.

 

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On continue à Brest l'envoi pour Paris de pièces du plus gros calibre et de munitions de guerre

pour la défense de la capitale.

 

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Les transports la Corrèze et Hermione sont entrés en armement.

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Le Dayot, aviso à vapeur français, commandant Foucault, est arrivé sur notre rade ce matin, remorquant

un trois-mâts prussien, la Sophie Hélène, capitaine Schan, allant de Guyaquil à Londres,

avec un chargement de cacao et de bois de teinture.

 

Ce navire a été capturé à environ 20 lieues d'Ouessant.

 

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Mercredi 24 août 1870

 

Au début de la campagne, la France n'était pas prête pour la guerre ;

c'est une triste vérité qui a été trop tard et douloureusement constatée.

 

Mais il n'est pas inutile de connaître comment tout le monde a été trompé ou s'est trompé au sujet de nos armements et de nos forces militaires.

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La « France en Orient » cite la conversation suivante,

qui a eu lieu au sein de la commission nommée pour examiner

le projet de déclaration de guerre avant de la porter à la Chambre :

 

M. de Kératry.

— Maréchal, sommes-nous prêts ?

M. Le Bœuf .

— Entièrement prêts ?

M. de Kératry.

— Nous en donnez-vous votre parole d'honneur

Songez-y , ce serait un crime d'engager la France dans une lutte sans avoir tout prévu, paré à tout !

 

M. Le Bœuf.

— Je vous donne ma parole d'honneur que nous sommes complètement prêts.

(Mouvement de satisfaction).

M. de Cassagnac.

— Encore un mot.

Qu'entendez-vous bien par ces deux mots : Être prêts ?

M. Le Bœuf (avec autorité).

— J'entends par là que si la guerre durait un an,

nous n'aurions même pas un bouton de guêtre à acheter !

(Textuel).

Edmond Le Boeuf

Paul de Cassagnac

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Nous extrayons d'une correspondance de Morlaix, datée du 22 août, les lignes suivantes :

Des citoyens de Saint-Pol, MM. Gravelin, Léger, Baude, etc. , ont eu l'ingénieuse idée de parcourir les fermes

de la commune en faisant appel à la générosité et au patriotisme de chacun, demandant surtout des pommes de terre, oignons et divers légumes pour être expédiés aux combattants de l'armée du Rhin.

En moins de huit heures, ils ont recueilli plus de

15.000 kilogrammes de ces légumes ;

et le lendemain un convoi de 23 charrettes les amenait

à Morlaix, et s'arrêtait devant la sous-préfecture.

 

À l'annonce de cet envoi, que l'un de ces messieurs alla lui apprendre en lui remettent une lettre de

M. le maire de Saint-Pol, M. le sous-préfet envoya

sa bonne prier de déposer la commission

dans son corridor.

 

Devant cet empressement, le convoi s'est dirigé directement vers la gare, drapeaux en tête, les charrettes ornées

de feuillage, et a été immédiatement expédié sur l'armée du Rhin, avec cette adresse :

Les cultivateurs de la commune de Saint-Pol, à M. le commandant en chef de l'armée du Rhin.

 

L'on n'a même pas oublié d'écrire en grandes lettres sur les wagons qui renfermaient cet envoi :

« Prière de renvoyer les sacs pour qu’on les remplisse de nouveau ».

 

Indépendamment des pommes de terre, oignons, carottes, ail, etc. , qui vont apporter aux gamelles de nos soldats

un appoint très-utile et très-apprécié, l'envoi comprenait aussi plus de 200 kilogrammes de linge.

 

La municipalité de Saint-Pol a payé les frais de transport.

De nouveaux envois se préparent dans cette commune et les communes environnantes,

qui sont jalouses d'avoir été prévenues dans cet acte de patriotisme

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Nouvelles Maritimes

 

Brest

 

L'aviso à vapeur le Souffleur, commandé par M. Lamarche, lieutenant de vaisseau, est arrivé sur notre rade hier soir, remorquant le brick prussien Auguste-Paul, capitaine Maas, allant de Terra-Nova à Rotterdam, avec un chargement de soufre.

 

Ce navire a été capturé le 22 courant, à douze milles d'Ouessant.

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L'aviso à vapeur le Dayot, commandé par M. Foucault,

lieutenant de vaisseau, a mouillé sur notre rade ce matin

à cinq heures, remorquant deux nouvelles prises prussiennes capturées aux environs d'Ouessant.

 

Ces deux prises sont : le trois-mâts Laura-Louise,

capitaine Gosan, allant de Porto-Cabello à Hambourg ,

avec un chargement de café et de coton, et la goélette Otto, capitaine Schmidt, allant de Belem au Havre

avec un chargement de cacao.

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Les capitaines et les matelots des huit bâtiments prussiens, capturés par le Dayot et le Souffleur

vont être débarqués du vaisseau la Bretagne et envoyés dans les villes de l'intérieur.

Les capitaines seraient prisonniers sur parole.

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Cent marins, destinés à former les équipages des canonnières démontables, sont partis pour Paris.

 

L’équipage des quatre autres canonnières, destinée  à défendre les bords de la Seine, partiront incessamment.

 

Ces forts flottants seront, nous assure-t-on, commandés par

M. le capitaine de vaisseau Thomasset sous les ordres supérieurs de M. le contre-amiral Exelmans.

 

Ces canonnières, munies de canons d'un énorme calibre, croiseront leurs feux avec ceux des forts de terre.

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Les batteries flottantes l’Imprenable et le Refuge,

accompagnées de l'Infatigable sont sorties ce matin

pour croiser au large ;

la corvette cuirassée Armide et le monitor Onondaga

les ont suivies plus tard.

 

L'aviso le Laplace continue ses expériences.

 

Le Dayot se dispose à quitter notre rade pour retourner

à sa croisière.

 

Les trois nouveaux bâtiments prussiens capturés

ont été entrés ce matin dans le port de guerre.

Batterie flottante

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Vendredi 26 août 1870

 

Depuis trois jours l'instruction de la garde mobile ; fait des progrès sensibles grâce au concours patriotique

des citoyens anciens militaires qui se sont offerts comme instructeurs.

 

Les mobiles n'attendent plus que des armes.

 

L'administration est inexcusable de ne pas les fournir.

 

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Châteaulin

 

Il y a environ 1800 gardes mobiles ici.

 

Deux cents sont logés à Port-Launay.

 

La tenue de ces jeunes gens est excellente, leur instruction avance aussi rapidement que possible

mais les fusils n’arrivent pas.

 

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Brest

 

Plusieurs de nos médecins de la marine, présents à Brest, seraient appelés prochainement à Paris

pour le service des ambulances.

 

Parmi ces médecins seraient des médecins en chefs, des professeurs et des principaux.

 

Des pharmaciens de 1e et de 2e classe et des aides pharmaciens seraient aussi attachés à ces ambulances.

 

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On nous assure que contre-ordre vient d'être donné pour l'envoi à Paris du 4e bataillon de marins

que l'on formait à Brest.

 

C'est un bon signe.

 

Le personnel est suffisant pour la défense des forts de la capitale qui sont armés jusqu’aux dents et qui, suivant les nouvelles reçues seraient considérés comme imprenables.

 

 

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51 matelots prussiens ont été expédiés hier à Pontivy ;

ce matin sont partis pour Moulins les capitaines des bâtiments pris par nos croiseurs.

 

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En dehors des bâtiments prussiens capturés par nos escadres et par nos divisions navales,

nous comptons 17 prises faites par nos croiseurs de la côte :

 

1° Le Dayot a amené à Brest cinq navires ;

les transports le Lanaï, le Crafeon Krasson, la Sophie-Hélène, la Laura-Louise et la goélette Otto

 

2° Le Souffleur a amené à Brest trois navires, les trois-mâts le Vesta et le Tréné, et le brik Auguste-Paul

 

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Lundi 29 août 1870

 

Il est des faits qu'avec la meilleure volonté du monde

on ne peut passer sous silence.

 

Depuis quinze jours, les gardes mobiles sont réunis à Brest ;

cette levée a causé naturellement un grand trouble

et un grand dommage dans les campagnes.

 

Au  moins faut-t-il qu'un pareil effort soit utile au pays.

 

Eh bien ! depuis ces quinze jours qui au temps présent sont des mois, pas un fusil, pas même une blouse  à ces trois mille jeunes gens !

Aujourd’hui seulement, des carabines rayées sont distribuées

aux mobiles et ce soir, croyons-nous, des blouses et des képis

arrivent de Quimper.

 

Il n’est que temps d'agir avec énergie.

Peut-être les mesures prises pour la fourniture des uniformes n’ont-elles pas été suffisantes ; dans ces moments ci,

il faut être plus hardi et plus entreprenant que la bureaucratie.

 

Même avis aux commandants de la mobile.

 

Il vaut mieux que les hommes cassent quelques fusils que d’en avoir point du tout.

 

Puisque les armes sont à disposition, qu’ils les prennent vite.

 

Rien ne serait plus triste qu’une levée en masse paralysée par des lenteurs administratives.

 

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Mille fusils sont à la disposition de la garde nationale sédentaire de Brest, et le reste de l'armement ne se fera pas attendre, l'administration en donne l'assurance.

 

Les opérations de recensement une fois terminées, l’armement commencera immédiatement.

 

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On demande des clairons et tambours pour la mobile. 

 

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On annonce l'arrivée à Brest d'un moment à l’autre, de cinq cents blessés qui seraient à l’hôpital de Clermont Tonnerre.

 

On dispose tout pour les recevoir et l'on envoie de l’hôpital

à l’île de Trébéron quelques malades blessés légèrement.

 

M. Auffret médecin de 1e classe, est chargé du service médical de ce Lazaret.

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Source l’Écho de Morlaix.

 

La garde mobile à Morlaix

 

La garde mobile de l'arrondissement de Morlaix n'a pas cessé de mériter les éloges que nous lui décernions

dans notre dernier numéro.

 

Par leur bonne conduite, leur calme et leurs efforts pour s'instruire rapidement, les jeunes Mobiles de Morlaix montrent leur excellent esprit et font voir qu'ils sentent et comprennent le devoir qu'ils ont à remplir.

 

Honneur à eux !

 

La population tout entière les félicite et se montre fière de les posséder.

 

Nous avons cessé de suivre avec le plus grand intérêt les progrès que fait l’instruction de la garde mobile ;

avec la majorité des habitants, nous sommes heureux de constater qu'ils ont été plus rapides encore

qu'on n’avait le droit de le supposer.

On dit que le bataillon de la garde mobile de Morlaix est un des premiers préparés en Bretagne.

 

Nous n’affirmons rien à cet égard ; mais ce que nous pouvons assurer c'est qu'il n'y en aura pas de mieux instruit en aussi peu de temps, et de plus disposé à faire noblement son devoir.

 

Ce n'est pas sans un sentiment de légitime satisfaction qu'on voit passer dans nos rues ces robustes gaillards, admirablement découplés, chez qui l'exercice semble être un plaisir plutôt qu’une fatigue,  et quand on pense qu'un officier prussien, avec l’impudence fanfaronne qui caractérise le langage de nos ennemis, ne craint pas de considérer nos Mobiles comme des écoliers !

 

Ces écoliers, messieurs les Prussiens, vous donneront, s'ils en ont l'occasion, des leçons de modestie, et retrouveront pour défendre leurs frères de l'Est, cette antique valeur que leurs pères de la vieille Armorique on fait passer en proverbe.

 

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Mercredi 31 août

 

Paris, le 31 août 1870.

 

Monsieur le préfet.

 

Une dépêche télégraphique publiée par le Figaro et annonçant une invasion sur nos côtes de flibustiers allemands, partis des ports des États-Unis, a jeté partout l'alarme.

 

Le ministre de France, à Washington, consulté au sujet de cette dépêche, vient de répondre : C’est absolument faux.

 

Faites connaitre cette nouvelle à tous les commissaires de l'inscription maritime,

et faites lui donner la plus grande publicité.

 

Pour copie conforme :

Par délégation du préfet.

Le chef du Secrétariat: Ricard

 

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Nous accueillons avec plaisir la note suivante émanant d'un groupe de chasseurs, de notre ville,

déterminés à repousser les Prussiens :

 

Appel aux chasseurs de l'arrondissement de Brest.

Les chasseurs disposés à se porter au-devant de l'ennemi, dans le cas où il pénétrerait en Bretagne,

sont invités à se faire inscrire chez : MM. Villeferon, rue d'Aiguillon, 14, et Le Bihan frères, rue du Château 47.

Un avis ultérieur fera connaître aux adhérents le jour de la réunion.

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Morlaix

Jules Noël

L'insuffisance du nombre des instructeurs que nous signalions

dès le début a été heureusement  compensée par le zèle de tous ceux qui se font un devoir d’accourir pour communiquer

à nos jeunes Mobiles leurs connaissances des mouvements militaires,

et par les soins attentifs des jeunes soldats à écouter les leçons

qui sont données.

 

De la bonne volonté partout ;

 

voilà ce qui était nécessaire et ce que nous sommes heureux

de signaler ;

 

avec de pareils éléments on arrive bien vite, et ce qui vient de s'accomplir à Morlaix depuis dix jours montre quelles immenses ressources tient en réserve le patriotisme d'une population brave

et intelligente.

 

L'uniforme provisoire qui va être très prochainement délivré

aux gardes mobiles complétera l'aspect militaire qu'ils commencent

à prendre et fera naître en eux cet esprit de corps et ce sentiment

de solidarité qui rapproche tous ceux qui ont le même costume

et sans lesquels il n'y a pas d'armée possible.

Nous apprenons avec orgueil que c'est un de nos compatriotes,

dont toute la famille habite Brest, le capitaine Desmares,

qui commande le génie à Phalsbourg, et qui par conséquent contribue puissamment à la défense héroïque de cette petite place.

 

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L'ordre vient d'arriver de mettre à la disposition de la garde nationale

tous les fusils se trouvant à l'arsenal, sauf les chassepots et les carabines.

 

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C'est demain ou après-demain au plus tard que seront formées

les premières compagnies de la garde nationale sédentaire.

Elles seront aussitôt appelées à élire leurs chefs.

 

De ce jour l'hôtel des haricots, sera ouvert pour les citoyens oublieux de leurs obligations de service.

 

Les fusils seront distribués sitôt la formation, et là des fusils, des vrais fusils à piston et à tabatière !

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Offrandes provenant de la commune de Loperhet.

 

Une couverture en laine.

19 serviettes,

Une paire de chaussettes,

4 gilets de flanelle,

Un paquet de flanelle,

4 bonnets de coton,

9 chemises,

3 draps,

Une taie d'oreillers

et 7 fr. 75 ,

Mlle Bervas, de Gouesnou, un sac de balle,

Mme Landais, 5 kilos de chocolat,

L’usine de la Ville-Neuve une caisse contenant des bandes, compresses et charpie,

Mme Chalier, un drap en toile et 12 plastrons ouatés,

La sœur de Mme Thépaut, un drap en toile, un gilet de flanelle, 2 essuie-mains en toile,

M. Fonteneau, ancien maitre plâtrier, une couverture en laine blanche, un drap en toile et 2 chemises.

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M me veuve Le Roux , de Brézal, a offert de mettre à sa maison de campagne ,

4 lits à la disposition des militaires blessés qui seront dirigés sur Brest.

 

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L'aviso à vapeur le Souffleur, commandé par M. Lamarche, lieutenant de vaisseau, est entré en rade à 10 h. ce matin , remorquant un trois-mâts prussien, le Diamant, capitaine Lambreche , allant de Banance à Rotterdam,

avec un chargement d'huile de palme et noix.

 

Ce navire, jaugeant 282 tonneaux, monté par 15 hommes d’équipage, a été capturé hier 30 août

aux environs d'Ouessant.

 

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Ils sont donc inépuisables les approvisionnements de notre arsenal : vivres, matériel d'artillerie, munitions de guerre continuent journellement à être expédiés, et nous voyons nos parcs et nos magasins qui en regorgent encore.

 

On dit que les fortifications de terre vont être armées ; déjà la promenade des remparts serait interdite.

 

Voilà une occupation pour notre personnel militaire qui lui aussi, est fort nombreux.

 

Déjà on avait expédié des marins à Cherbourg et à Rochefort, on doit maintenant en caserner provisoirement

sur les transports en armement  (Aube, Finistère, etc.)

 

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Les batteries flottantes ont arrêté leurs exercices au large, mais en revanche les croiseurs n'arrêtent pas leur élan.

 

C'était le tour du Souffleur, on l’attendait et effectivement ce matin, il rentrait avec un trois-mâts prussien.

 

Il est malheureux qu'il ne continue pas une croisière dont il s'acquitte si bien avec le Dayot qui est parti pour le Nord.

 

La Tisiphone et le Laplace remplacent les deux avisos que nous venons de citer.

Hier dans l'après-midi ont été conduits à l’île Trébéron certains malades de l'hôpital militaire (150 environ), laissant des places aux blessés qui sont annoncés à Brest.

 

Ils doivent, parait-il, être transportés par groupes

et non en grand nombre à la fois.

 

C'est là une excellente manière qui facilitera 

leur installation

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Dernière mise à jour - Décembre 2020