Fenêtre sur le passé

1900

INFLUENZA

Épidémie de grippe en Finistère

Source Le FINISTERE janvier - février 1900

 

Quimper.

L'influenza.

L'influenza a fait sa réapparition.

 

Il est peu de personnes qui n'aient subi ses atteintes

à un degré plus ou moins fort,

et maintenant encore presque toutes les familles

ont quelques-uns des leurs malades ou indisposés.

 

Il est vrai que la température pluvieuse ou brumeuse,

et froide en même temps, que nous subissons

depuis près d'un mois ne contribue pas à enrayer

la maladie, car tout le monde sait que l'humidité

n'est pas favorable aux affections de la gorge

ou de la poitrine.

 

L'épidémie est heureusement bénigne ; quelques jours

de repos et quelques soins suffisent pour se rétablir.

 

Les hommes de troupe n'ont pas été épargnés.

 

Au quartier La Tour d'Auvergne, un certain nombre de militaires sont atteints.

Le bâtiment affecté à l'infirmerie étant insuffisant

pour les contenir, on a dû transformer une chambre

en infirmerie supplémentaire.

 

M. le colonel de Bertier a lui-même payé son tribut à l'épidémie ; il est maintenant en voie de rétablissement.

 

Toutes les précautions ont d'ailleurs été prises par les autorités militaires en vue de combattre la maladie ;

les heures d'exercices ont été diminuées et chaque jour des rations de thé sont distribuées aux hommes.

 

Depuis quelque temps déjà des sabots leur ont été donnés, afin de leur permettre de quitter

leurs chaussures humides après chaque exercice.

 

La mortalité n'ayant pas augmenté, l'état sanitaire

de notre localité ne peut être considéré comme compromis ; il n'y a donc pas lieu de s'inquiéter

outre mesure de cette épidémie passagère,

qui disparaîtra en même temps que la pluie et l'humidité, sa principale cause.

UN BON CONSEIL PAR CES TEMPS D'INFLUENZA.

Il y a pas mal d'individus qui, atteints de toux chronique,

en prennent leur parti philosophiquement,

et toussent en sourdine, ce qui est fort louable ;

d'autres, au contraire, tout en maugréant, semblent éprouver un âpre plaisir à tousser avec violence et à grand fracas,

ce qui est peu aimable envers leurs proches et leurs amis,

et fort dommageable pour eux-mêmes.

 

La raison en est bien simple : ils déchirent,

ils enflamment leurs poumons.

 

C'est donc là un plaisir maladif qui leur coûte plus cher

qu'ils ne pensent.

 

Les poumons, en effet, sont formés d'un tissu délicat et spongieux, qui parfois s'irrite et s'obstrue par l'accumulation de mucosités.

 

Nous essayons de les en débarrasser en toussant.

 

Or, il est évident que si nous arrachons violemment ces substances encombrantes,

nous endommageons le délicat tissu pulmonaire.

 

Il faut donc s'accoutumer, s'entraîner à tousser aussi doucement  que possible.

 

Cela est beaucoup moins difficile que l'on ne pourrait croire  au premier abord.

 

Avec un peu de persévérance, on y réussit.

 

Nous en avons fait l'expérience et nous nous en sommes si bien trouvé 

que nous vous engageons à la tenter à votre tour.

 

Si vous suivez notre conseil vous ajouterez peut être bien des années à votre existence.

© 2018 Patrick Milan. Créé avec Wix.com
 

Dernière mise à jour - Septembre 2021