Fenêtres sur le passé

1899

Incivilités sur la grève de Saint-Marc

Source : La Dépêche de Brest 23 juillet 1899

 

Brest, le 21 juillet 1899.

Monsieur le rédacteur,

Êtes-vous quelquefois allé vous promener sur la grève de Saint-Marc au Moulin-Blanc ?

Elle est jolie, certes, mais avez-vous remarqué les débris de pots de fleurs, de vaisselle, de bouteilles,

les branches d'arbres, etc., qui jonchent le sol ?

Ces détritus sont jetés là par les propriétaires des villas et maisons de campagne qui longent la mer ;

tout ce qui les gêne chez eux est bien vite jeté par-dessus le mur et, ma foi, tant pis pour les pauvres promeneurs

qui viennent avec leurs enfants passer la journée à la campagne,

tant pis aussi pour les pauvres baigneurs s'ils se blessent.

Ils n'ont qu'à faire attention, n'est-ce pas vrai ?

Je voudrais pourtant bien savoir si l'on a le droit de jeter sur la grande route ou une voie publique quelconque les ordures

dont on n'a que faire chez soi.

Si cela est, nous serons bientôt sujets, non plus seulement

à nous asseoir sur les débris de poterie,

mais encore à les recevoir sur la tête.

 

Il faut cependant protéger le pauvre promeneur du dimanche, lui laisser la grève libre de tous les débris susceptibles de le blesser, il faut interdire aux propriétaires de jeter à la mer ce qui les gêne chez eux,

comme on interdit de jeter dans la rue les ordures ménagères.

 

Je vous serais bien reconnaissant, monsieur le directeur, de vouloir faire transcrire ces remarques dans votre journal ; ce sera, je crois, à la grande satisfaction de beaucoup, car en ce moment je ne suis que l'écho d'un grand nombre

de pères et mères de famille.

 

Recevez, etc.

 

P. HURET.

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Dernière mise à jour - Décembre 2021